Publié le 19 septembre 2026 • 07:30 par Nicolas Pascual

MotoGP, Toprak Razgatlioglu au fond du trou : « C’est encore pire que lorsque j’ai voulu arrêter la compétition en 2018 »

En plein doute après des résultats décevants, le triple champion du monde Toprak Razgatlioglu évoque ses difficultés au Red Bull Ring et avoue repartir de zéro.

Razgatlioglu Toprak

Le paddock assiste à une traversée du désert totalement inattendue pour l’un des talents les plus bruts du monde motocycliste : Toprak Razgatlioglu. Habitué à jouer les premiers rôles et à se battre pour les sommets, le pilote turc traverse une période sombre qui rappelle ses premiers pas dans l’élite. Face à ce manque flagrant de sensations au guidon, la baisse de moral devient difficile à cacher pour un vainqueur né. La frustration accumulée au fil des séances pousse le champion à se replonger dans son passé pour trouver des repères. Dans les stands, l’inquiétude grandit alors que la situation de Toprak Razgatlioglu au Red Bull Ring met en lumière les limites actuelles de sa machine et la complexité des réglages requis pour retrouver les avant-postes.

Un sentiment de crise inédit depuis ses débuts

Les difficultés actuelles du tricolore turc ravivent des souvenirs sombres qu’il croyait avoir définitivement laissés derrière lui. Pour retrouver la trace d’un tel passage à vide, il faut remonter à ses premiers tours de roue dans la catégorie reine de la discipline, à une époque où le doute avait failli tout faire basculer. Il revient sur cette période charnière avec une franchise troublante : « La dernière fois que j’ai autant galéré, c’était lors de mon passage en Superbike en 2018. Je terminais régulièrement neuvième, dixième, douzième sur la Kawasaki. Ce n’était pas si mal, mais c’était mon meilleur résultat. À l’époque, j’ai envisagé d’arrêter la compétition. Puis j’ai décroché un podium – et ça a tout changé. Soudain, j’ai repris confiance en moi. Maintenant, c’est encore plus dur. Je suis triple champion du monde et j’ai réalisé une autre saison incroyable l’an dernier. Maintenant, je termine quinzième, dix-huitième, douzième et onzième. Avant, je gagnais des courses. Quand je finissais dixième ou douzième en 2018, c’était difficile à encaisser – mais pas à ce point-là. » avouait-il pour Speedweek.

La perte de repères au guidon d’une moto difficile

Sur la piste, le manque de régularité et l’incompréhension du comportement dynamique de la machine sapent progressivement le moral du pilote. Habitué à faire la différence sur des freinages tardifs et incisifs, il se retrouve désormais privé de ses armes principales sans parvenir à exploiter les pneumatiques. L’incompréhension est totale à chaque séance : « Chaque week-end de course, je pense pouvoir faire mes preuves. Je me concentre sur mon chrono, mais rien n’y fait, et ça me démotive. À ce jour, je ne comprends toujours pas les limites des pneus arrière tendres. Je ne suis pas à l’aise sur la moto, je ne ressens rien, mon freinage n’est pas optimal. Je suis conscient du problème, mais le résoudre n’est pas chose facile. »

Les confidences de Toprak Razgatlioglu

Face à cette impasse technique, les réunions de crise se multiplient dans le box pour tenter de disséquer la télémétrie et redresser la barre. L’analyse des données devient primordiale pour retrouver une régularité décente, même si les réponses apportées par les ingénieurs montrent à quel point le mal est profond. Le Turc résume la complexité de sa tâche avec gravité : « J’ai longuement discuté avec l’équipe, qui m’a expliqué beaucoup de choses. Je leur ai demandé sur quoi je devais me concentrer pour être plus rapide. C’est une question de détails, c’est vraiment très compliqué. J’ai l’impression de repartir de zéro. »

Pensez-vous que Toprak Razgatlioglu parviendra à remonter la pente rapidement ? Dites-le-nous en commentaires !

Razgatlioglu Toprak
Photo : Instagram Toprak Razgatlioglu

Photo de couverture : Instagram Toprak Razgatlioglu