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Marc Marquez facile

Au Sachsenring, Marc Marquez est sur une autre planète. L’officiel Ducati, qui compte bel et bien 13 victoires en Allemagne – contrairement aux dix poussées par la communication du MotoGP pour effacer une fois de plus les petites catégories –, reprend encore d’énormes points à la concurrence, si bien qu’il est de nouveau idéalement positionné dans la course au titre. Mais n’est-ce pas trop facile ? Analyse.

 

Marc Marquez pas si facile que ça

 

Honnêtement, je l’avais pronostiqué en pole, gagnant en Sprint comme en Grand Prix avant le début du week-end. Parier contre Marquez au Sachsenring, c’est un peu comme miser contre Rafa Nadal à Roland-Garros. Ceci dit, je l’attendais encore plus fort, encore plus dominant.

 

Marc Marquez facile

Le roi, tout simplement. Photo : Michelin Motorsport

 

D’habitude, il n’y a vraiment pas match ici. L’année dernière, par exemple, il avait été le seul à maintenir un rythme infernal lors du GP, ce qui avait fait craquer Di Giannantonio et Bezzecchi. Là, j’ai bien cru qu’Alex Marquez pouvait le passer en Sprint, même s’il faut reconnaître que le pilote Gresini est moins enclin à une attaque suicide sur son frère que lorsqu’il est derrière d’autres coureurs. En tout cas, Marquez était à portée ; « Diggia » a lui-même confessé que le #93 gérait, qu’il ne se donnait pas à fond.

C’était un poil plus fort en Grand Prix, mais tout de même loin de son effort de 2025. Là encore, Alex Marquez était plutôt au contact avant la chute. Je ne crois pas que Marquez bluffait lorsqu’il disait, samedi soir, qu’il pouvait parfaitement finir troisième si tout n’allait pas dans son sens le lendemain. Mais ses concurrents lui facilitent tellement la tâche qu’il a finalement gagné avec une avance confortable.

 

Une opposition faible ?

 

Nous arrivons au cœur du sujet. Voyez-vous, lorsque Marquez a manqué trois courses pour blessure/récupération, et qu’il était à 100 points derrière le leader, il restait tout de même mon favori, je l’ai répété à de nombreuses reprises. Mais je m’attendais à une lente remontée, pour que le tout se joue dans les derniers instants du championnat. Le truc, c’est que cinq courses seulement après son retour, il est déjà dans la conversation.

Est-il trop fort, ou ses adversaires sont-ils trop faibles ? Je penche pour la deuxième option. D’un côté, oui, Marquez reste le meilleur pilote, et il s’est déjà imposé trois fois depuis l’Italie. Mais je trouve personnellement qu’il a déjà été plus impressionnant que ça, même en 2025. Au Mugello, justement, il gérait, encore convalescent. Puis, à Assen, idem, où il n’a pas pris beaucoup de risques, et a terminé sixième, puis septième. Marc Marquez à son prime, soit sa meilleure forme en carrière (2014, 2019 ou 2025, au choix) se serait battu pour toutes les victoires. Là, sa moyenne depuis son retour est bonne (27,8 points par GP (base 37), et 18,6 ppc le dimanche (base 25)), mais ça reste plutôt faible à l’échelle de sa carrière, et surtout pour un retour de près de 100 points !

Et pourtant, il pointe aujourd’hui à 18 unités du leader Jorge Martin, a rattrapé puis dépassé Marco Bezzecchi, et n’est qu’à quatre points de la deuxième place tenue par Ai Ogura.

 

Marc Marquez facile

Il faut bien comprendre que je ne minimise pas ce que fait Marquez. Lui court avec ses armes et joue la situation de la manière la plus intelligente possible. Photo : Michelin Motorsport

 

Donc, comment expliquer son retour autrement que par la faiblesse de ses adversaires ? Franchement, c’est assez exaspérant. Je trouve personnellement qu’aucun autre pilote ne tient franchement la route cette saison. Il faut bien sûr parler d’Ai Ogura, deuxième, car très régulier, mais, si l’on rapporte ses totaux à l’échelle de l’histoire, ils sont tout de même très faibles. Être deuxième à la mi-saison avec une seule victoire sur les deux formats reste maigre. Idem pour Di Giannantonio, l’un de mes chouchous. Je l’adore pour ses dépassements chirurgicaux et sa mentalité, mais je dois reconnaître qu’à part la régularité (soit le fait de se contenter de positions faute de mieux, et qui devrait être un prérequis pour tout candidat au titre), il est à des années-lumière de Marquez.

L’écart entre l’officiel Ducati et les autres est abyssal, alors que lui-même n’est pas si fort cette année. Il y a dix ans, jamais, ô grand jamais des pilotes comme Jorge Lorenzo, Valentino Rossi, Dani Pedrosa ou Andrea Dovizioso n’auraient commis autant d’erreurs. Transposez Lorenzo version 2018 – sa deuxième année chez Ducati – en 2026 et, dans ce contexte, il mènerait.

La grille est composée, pour majorité, d’outsiders capables de briller sur certaines courses, comme Fernandez, Alex Marquez, Di Giannantonio, mais de trop peu de véritables prétendants. Bezzecchi en était un avant qu’il ne dévisse complètement, nous offrant, pour l’occasion, l’une des pires descentes aux enfers de l’histoire des Grands Prix motos. Ce que le « Bez » fait cette saison est sans précédent à ma connaissance. Oui, Ai Ogura se tient pour l’instant, avec une moto qu’on pourrait juger supérieure à la Ducati. Mais comment va-t-il contenir ce Marquez à 70 % pendant 11 manches ? En ne scorant que des tops 5, avec une ou deux victoires en plus grand maximum ? Si c’est le cas, le titre va encore se décider quatre manches avant la fin, et puis c’est tout. Quid de Jorge Martin, qui n’arrive pas à contenir le retour… d’Ogura et Fernandez, sans parler de Marquez qui fond sur lui. Par le fait, je maintiens que le seul qui discute en termes de talent, actuellement, est Pedro Acosta, mais ce dernier est tellement désavantagé par sa situation que ses exploits passent totalement inaperçus.

Petit exemple par les chiffres : entre la manche n°7 (Italie) et la manche n°11 (Allemagne), Jorge Martin, actuel leader, tournait à 10,8 points de moyenne par course dominicale. Sur le même échantillon, en 2016, c’était moins bien que le bilan de Cal Crutchlow (Catalogne-Tchéquie), septième du classement. En 2015, c’était un peu mieux que le bilan de Bradley Smith (Catalogne-Tchéquie), sixième du scratch. Je ne vous ferai pas l’affront de faire le calcul pour Bezzecchi.

Comme le disait l’un de mes plus fidèles lecteurs, que je salue d’ailleurs aujourd’hui, Marc Marquez post 2018 n’a jamais eu de rival, et ça joue contre lui dans son héritage. Il n’y peut rien, mais que j’aurais aimé voir un affrontement au sommet entre l’ancienne et la nouvelle génération cette année.

Je suis curieux de savoir si vous partagez ma vision sur la physionomie de cet exercice. Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Ogura est un excellent pilote, qu’on s’entende, mais pour parler d’un prétendant au titre, c’est fort. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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