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Marquez

Marc Marquez a 72 points de retard par rapport à Marco Bezzecchi au championnat du monde MotoGP, et pourtant, il fait toujours aussi peur. Personne ne semble l’éliminer de la course au titre, et c’était déjà le cas lorsqu’il avait plus de 100 unités de moins. Mais pourquoi ? La réponse est simple, mais soulève des questions encore plus intéressantes.

 

Un seul mot

 

En fait, ça se résume très simplement : « meilleur ». Marc Marquez est, d’assez loin je crois, le meilleur pilote actuel, et l’un des meilleurs de tous les temps, si ce n’est, justement, LE meilleur. On sait ce qui fait sa force, on connaît ses qualités, on connaît aussi ses faiblesses. Mais alors, question subsidiaire, pourquoi Marc Marquez paraît-il si menaçant alors qu’on sait qu’il peut aussi faire des erreurs, trop en vouloir, et même, perdre un titre mondial ! Après tout, en 2015, Jorge Lorenzo et Valentino Rossi étaient assez largement au-dessus de lui sur toute l’année.

 

Marquez

Quelle démonstration au Balaton Park. Photo : Michelin Motorsport

 

Cela s’explique par son génie. Marquez n’est pas seulement le n°1 en termes de pilotage, ou de talent, mais il a ce truc en plus qui lui permet d’avoir une aura si imposante dans les esprits des spectateurs – et sans doute des pilotes. Quand on évoque son nom, on parle d’abord de neuf championnats du monde, bilan qu’aucun autre pilote actuel n’approche. C’est assez difficile à expliquer, mais son génie compense ses défauts dans l’image qu’il renvoie. Exemple simple : ses dépassements. Marquez ne fait sans doute pas partie des cinq meilleurs dans cette exercice sur la grille actuelle, mais par la force, ou par un coup sorti de nulle part, il est toujours capable de doubler. C’est un électron libre, et c’est cette imprévisibilité qui le rend si menaçant.

C’est la principale différence avec un pilote plus régulier, comme Valentino Rossi par exemple. Dans ses plus grandes années, Rossi faisait figure d’épouvantail. On savait qu’il allait être imbattable, qu’il allait user de son intelligence de course pour l’emporter, qu’il était inévitable, en quelque sorte. Pour Marquez, c’est totalement différent. On sait qu’il peut se tromper, se rater, mais on sait aussi qu’il peut écraser le plateau comme personne ne l’a jamais fait avant. C’est pour cette raison qu’à 72 points derrière, il reste en jeu, car tout le monde sait qu’il est capable d’en remporter dix d’affilée même après avoir manqué deux courses, le tout en revenant d’une blessure. Cette décorrélation totale de la dynamique et l’incertitude qu’il incarne le séparent, d’après moi, d’un Rossi aux performances plus attendues et logiques au début des années 2000.

 

Marc Marquez et son avantage naturel

 

Marquez

C’est le seul pilote qui serait toujours favori après une pause d’un an ou deux. Photo : Michelin Motorsport

 

Le deuxième point de cette analyse va de pair avec le premier. J’aimerais dédier ces quelques lignes à son talent intrinsèque, que personne n’approche à l’heure actuelle, et peut-être dans l’histoire. Bon, on est tous au courant de la chose, et ce depuis le tout début de la décennie 2010. Pourtant, en 2026, ça peut encore lui apporter un avantage décisif, car la différence avec les autres est tellement énorme que sur certains circuits, il devient impossible de le battre.

Quand Marquez évolue sur l’un de ses tracés préférés, il n’y a pas match. On l’a encore vu au Balaton Park avec ce doublé. Du coup, ça pousse tout le monde – y compris ses adversaires – à lire le calendrier autrement. Exemple très concret. Là, on doit aller à Brno. On sait déjà que s’il se met à pleuvoir, comme partout ailleurs, alors il sera avantagé. Certaines conditions favorisent le talent pur, et la pluie est l’une d’entre elles. Puis, deux Grands Prix plus tard, on ira au Sachsenring, l’un de ses circuits favoris, où il peut s’exprimer à son plein potentiel. Fin août, c’est Aragon, etc.

Du coup, oui, sur le principe, il a bien 72 points de retard. Mais son talent – déjà supérieur à celui des autres – est tellement exacerbé dans certains contextes (circuits ou météo) qu’il nous fait relativiser ce nombre en fonction des étapes à venir. On imagine naturellement que sur les circuits mentionnés, il pourra faire baisser l’addition.

Voici pourquoi, d’après moi, Marc Marquez reste le favori en 2026. Dites-moi ce que vous avez pensé de cette analyse en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

L’exemple ne marche pas vraiment pour Austin, car il y connaît pas mal de difficultés depuis 2022. En Allemagne, ça risque d’être une autre histoire. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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