Le Groupe italien Piaggio fabrique et commercialise les deux-roues motorisées Aprilia, Derbi, Gilera, Piaggio, Moto Guzzi, Vespa, Puch et Laverda. Fondé par Rinaldo Piaggio en 1884, son chiffre d’affaires de 1,512 milliard d’euros (en 2019) est obtenu grâce à 8 sites de production en Italie, Vietnam, Chine et Inde. Il vient de déposer un brevet pour une « solution aérodynamique active ».

Ses ailerons mobiles ont été présentés sur un scooter MP3 pour le dépôt international auprès du World Intellectual Property Office (WIPO), ce qui est sans importance car ce n’est pas un modèle qui est déposé, mais un principe de fonctionnement technique. L’évolution précédente incluait la présence d’ailerons fixes sur la RSV4 RF FW actuellement commercialisée.

L’aérodynamisme d’une moto est très complexe, car le véhicule se déplace sur trois plans, et non deux comme une voiture. Il faut donc trouver des solutions innovantes, comme l’a expliqué le spécialiste de la F1 et pilote moto Ali Rowland-Rouse à l’aide de vidéos très intéressantes.

Dans le cas du dépôt de brevet de Piaggio, le plan supérieur des deux ailerons en forme de “C”, placées sur les côtés de l’avant du véhicule, est mobile : son degré d’incidence par rapport au mouvement vers l’avant peut varier et sa rotation, vers l’avant ou vers l’arrière, est contrôlée par deux servomoteurs.

Ces derniers sont gérés par une unité de contrôle électronique qui traite les données provenant de différents capteurs placés sur le véhicule, qui mesurent la vitesse, le couple transmis au guidon, l’angle d’inclinaison en virage et d’autres paramètres.

Ce qui est intéressant, c’est que ces ailerons influencent également l’insertion dans les courbes, grâce à leur mouvement indépendant, et qu’ils ne se limitent pas à offrir une charge plus importante à grande vitesse pour augmenter la stabilité de l’essieu avant – et dans les virages rapides – comme c’est le cas sur les motos de MotoGP, où les ailerons mobiles sont interdits.

L’une des questions qui se pose est d’ailleurs que l’utilisation d’ailerons mobiles est interdite dans toutes les disciplines des sports mécaniques, de la moto aux camions en passant par la F1. Mais, comme l’a précisé le Directeur général du Championnat du Monde Superbike pour Dorna Gregorio Lavilla « Nous voulons éviter en toutes circonstances qu’un constructeur ne puisse pas être présent uniquement parce que nos règles ne le permettent pas. Mais en même temps, aucun fabricant ne devrait avoir un avantage simplement parce qu’il a choisi une autre voie. »

« Et la question est de savoir si c’est juste pour les autres constructeurs qui développent un nouveau modèle selon les règles actuelles. Grâce aux règles actuelles, nous disposons des bons outils pour ce faire, elles nous permettent d’accepter plus facilement de nouveaux concepts. Ce sera bénéfique pour notre championnat si nous abordons la question sans réserve. »

L’avenir sera-t-il aérodynamiquement mobile ? A suivre.