Alors qu’ils avaient plutôt tendance à se tasser, les prix des carburants se sont rapidement envolés ces dernières semaines. Par exemple, le litre de gazole atteint 1,60 euro en moyenne, et dans les grandes villes, c’est même souvent plus cher. Fin décembre, en une semaine à peine, le gazole a bondi de cinq centimes. Un record. Et il n’est pas le seul. Tous les carburants subissent ces hausses.

Sans-plomb ou diesel, même combat pour les automobilistes : au dernier pointage officiel du ministère de la Transition écologique, daté du 7 janvier, le prix moyen du diesel était de 1,59 €/litre, 1,66 €/litre pour ce qui est du sans-plomb 95-E10 et même 1,75 €/litre pour le sans-plomb 98.

Des prix encore en hausse depuis cette date, si l’on en croit les calculs (sur la moitié des pompes) du journal Le Parisien ce vendredi 14 janvier, qui estime que le diesel affichait en moyenne à 1,62 €/litre en début de semaine. Pour le sans-plomb 95-E10 et le sans-plomb 98, le journal estime qu’ils coûtaient respectivement 1,69 €/litre et 1,77 €/litre après le 10 janvier.

Des chiffres qui donnent le tournis quand on sait que la hausse du prix de l’essence avait été l’un des facteurs déclencheurs de la crise des Gilets jaunes en 2018. Le Parisien rappelle d’ailleurs qu’à l’époque, le prix du gazole était alors inférieur (1,53 €/litre) à celui observable ces derniers jours à la pompe.

Cela tient à l’envolée du prix du baril de pétrole fixé par les marchés qui est remonté à plus de 80 dollars, alors qu’il était descendu à 60 € cet été. Car malgré Omicron, les investisseurs tablent toujours sur une reprise dynamique avec un besoin de carburants, au niveau international, qui restera important

Les tensions au Kazakhstan aggravent la situation car c’est le plus grand pays producteur de pétrole d’Asie centrale et les émeutes risquent d’occasionner des ruptures d’approvisionnement. D’autant plus que le Kazakhstan est membre de l’Opep, ce cartel des pays producteurs de pétrole, qui par ailleurs, ne sont pas résolus à ouvrir les vannes.

Pourtant, mettre plus de pétrole sur le marché permettrait de baisser les cours. De fait, pour toutes ces raisons, il ne faut pas s’attendre à une accalmie des prix. De quoi inquiéter le gouvernement. Car politiquement, cette hausse des carburants est un sujet sensible. Souvenez-vous : en 2018, c’est ce qui avait en partie provoqué le mouvement des « gilets jaunes ». Selon l’association 40 millions d’automobilistes, l’an dernier, la hausse des prix des carburants a représenté 400 euros de plus en moyenne pour les ménages. L’association demande au gouvernement de prendre des mesures d’urgence, notamment en baissant les taxes sur l’essence.

Malheureusement, pour le moment, le gouvernement n’a pas prévu de rogner sur les taxes, d’autant qu’il a déjà essayé de compenser avec l’indemnité inflation de 100 euros qui est en train d’être versée actuellement à 38 millions de Français qui gagnent moins de 2000 euros par mois. Le problème c’est que cette prime est déjà largement engloutie par toutes les augmentations car il y a aussi l’électricité et le gaz qui flambent. En attendant, de nombreux automobilistes cherchent la parade. Certains réduisent leurs déplacements, notamment grâce au télétravail, mais tout le monde ne peut pas le faire.