A 23 ans, Jules Danilo entame une toute nouvelle carrière en Supersport, après avoir disputé 93 Grands Prix, dont 16 en Moto2. Ses meilleurs résultats ont été obtenus en Moto3 avec la cinquième place à Assen en 2017 et la sixième en 2016. Sans oublier la septième place au Mans en 2017. Sa meilleure position au départ a été sur la deuxième ligne du Grand Prix d’Australie en 2017.

Jules, avec ton expérience australienne, quelles sont pour toi les différences principales entre les deux Championnats du Monde Supersport et Moto2 ?

« Le paddock Supersport est plus familial. C’est la première fois qu’en arrivant en Australie j’ai découvert un paddock sans petites cabales un peu partout. Déjà ça fait une grande différence.

« Concernant la partie technique, il y a un très bon niveau et mon équipe est très professionnelle. On a bien travaillé pendant tout le week-end, même s’il a fallu que je m’adapte à un style de pilotage très différent.

« Étant donné que j’étais venu à Phillip Island il n’y a pas si longtemps, j’avais beaucoup de références. Quand je suis sorti pour la première séance en Supersport, j’avais l’impression de rouler avec des pneus pluie ! La moto louvoyait énormément dans les courbes rapides. Il y a avait des mouvements, pas énormes mais on sentait quand même que la moto était nettement moins rigide.

« Au début ça m’a fait un peu bizarre, mais le week-end dernier j’ai amélioré mes chronos quasiment à chaque sortie. Cette progression prouvait que je m’adaptais à la moto. »

Quelle est l’ambiance au sein de l’équipe CIA Landlord Insurance Honda de Simon Buckmaster ?

« Elle est très bonne. C’est la première fois que je roule pour une équipe anglaise. Tout le monde est anglais dans l’équipe, et comme j’ai toujours été dans une école anglaise, j’ai un peu de facilité avec la langue. Je trouve qu’on s’entend tous très bien. Mon chef-mécanicien et mon ingénieur sont tops, il y a une excellente ambiance dans l’équipe.

« Sincèrement, là on a passé dix bons jours ensemble, que ce soit d’un point de vue technique, professionnel et même en dehors du circuit, ce qui est important quand on est partis aussi longtemps. Je suis vraiment très content de mon équipe et je pense que ça va être une bonne saison de ce côté-là. »

Tu termines deuxième Honda, juste derrière ton coéquipier Peter Sebestyen. Avez-vous eu une lutte interne entre vous deux ?

« Sur le plan humain on s’entend bien. Sur le plan sportif, je ne suis pas très content d’avoir terminé derrière mon coéquipier. Mais ça c’est le cas pour tous les pilotes : la première règle dans une équipe, c’est de battre son coéquipier.

« Je pense que nos motos sont bonnes. Forcément on ne peut que constater la vitesse des Yam, surtout les deux R6 de l’équipe Bardahl Evans Bros de Randy Krummenacher et Federico Caricasulo qui sont hallucinantes !

« Peter Sebestyen a bien progressé ce week-end. Il a réalisé sa meilleure performance en Supersport en terminant huitième. J’ai terminé juste derrière, ce qui je pense n’est pas mal pour une première.

« J’ai eu aussi en course malheureusement un problème avec l’embrayage qui patinait, ce qui m’a un peu perturbé et fait perdre de la performance moteur car dans tous les bouts droits l’embrayage patinait et je n’avais pas autant de vitesse que normalement. »

Ce patinage a à voir avec le changement de roue en course ?

« Non. Je pense qu’il y a un truc à comprendre. J’ai eu ce problème assez souvent ce week-end. On pensait l’avoir résolu, mais en sortant du box pour le tour de formation je sentais déjà qu’il y avait un ennui. Après avoir sollicité l’embrayage pour le départ, ça a été bien sûr encore plus prononcé et je n’ai pas pu conserver le contact avec le groupe contre lequel j’aurais dû me battre.

« Après l’arrêt au stand, ça a été encore pire, et j’ai fait ce que j’ai pu avec ça. C’est encourageant de revenir à la maison avec une neuvième place. Lors de notre dernière interview, je t’avais dit que mon objectif était d’être dans le top 10, et là j’ai réussi à faire ça.

« Ça n’a pas été une course exceptionnelle, les chronos n’étaient pas top, mais vue la manière dont la course s’est déroulée, j’ai réussi à tirer le maximum du package que j’avais ce jour-là. Si la moto avait été plus performante, je pense que j’aurais pu faire une meilleure course. »

Les difficultés du circuit de Phillip Island sont-elles les mêmes en Supersport et en Moto2 ?

« La comparaison est difficile car quand on y a roulé en Moto2, il faisait très froid, et avec des pneus en bois. Mais ce n’était peut-être pas une mauvaise chose parce que là on avait des pneus qui avaient beaucoup de grip sur les deux ou trois premiers tours, puis qui ensuite se mettaient à surchauffer.

« Je crois qu’il y a eu trois pilotes qui ont eu un pneu éclaté dans le dernier virage lors des essais, ce qui était très dangereux, et c’est pour ça qu’on a imposé un changement obligatoire.

« Il faut quand même savoir que j’ai roulé neuf dixièmes plus vite que lors de mon week-end en Moto2*, alors que la partie-cycle de Supersport n’est pas un châssis de course. Le moteur SSP est plus puissant et les pneus ont plus de grip sur les deux premiers tours, et ensuite il y a un drop. Alors qu’en Moto2 les pneus à Phillip Island sont extrêmement durs, et donc très constants. Au niveau du style de pilotage, c’est assez similaire. »

*Comparaisons Moto2/Supersport pour Jules :

Qualifs Moto2 : 1’35.978 (Kalex SAG/Dunlop)

Qualifs Supersport : 1’34.052 (600 CBR/Pirelli)

Meilleur tour en course Moto2 : 1’34.981

Meilleur tour en course Supersport : 1’34.606

 

Vidéo : Le départ

Résultats de la course :

Photos © worlsbk.com / CIA Landlord Insurance Honda



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