La bagarre fait rage entre les trois favoris du Championnat du Monde Supersport et Jules lutte de manière acharnée contre ses deux rivaux le Suisse Randy Krummenacher et l’Italien Federico Caricasulo.

A l’issue de la quatrième course qui a eu lieu à Assen aux Pays-Bas, Cluzel a obtenu une bonne quatrième place, à cinq dixièmes du vainqueur, après avoir été poussé par un autre concurrent peu après la mi-course.

Jules, tu étais dans le groupe des trois premiers au onzième tour quand Raffaele de Rosa t’a gêné. Que s’est-il passé ?

« Dans le Virage 1, j’ai freiné un peu plus tard pour tenter de reprendre un peu de temps sur les freins à Caricasulo et Krummenacher. J’avais un petit peu perdu dans la chicane et j’ai essayé de récupérer ça au frein. Je ne sais pas ce qu’a voulu faire de Rosa, s’il avait prévu de me doubler ou s’il a été surpris par mon freinage et qu’il s’est raté, je l’ignore ».

« Je suis rentré dans le virage avec un peu plus de difficulté parce que j’étais vraiment en train de forcer. Je l’ai vu arriver au point de corde, et là je me suis dit « c’est sûr que ça ne tourne pas ». J’ai été obligé de relever, sinon il me percutait. Donc il n’y a pas eu la place de recroiser et il m’a tout simplement emmené avec lui à l’extérieur. J’ai réussi pour quelques centimètres à ne pas sortir de la piste, mais j’ai perdu beaucoup de temps et trois places ».

Ensuite tu t’es retrouvé à 1.5 du leader Krummenacher, en étant cinquième derrière Lucas Mahias. Pourtant tu termines à seulement 0.5 du vainqueur. Ta remontée a été difficile ?

« En  fait, quand il m’a sorti j’ai eu quelques tours un peu compliqué parce que j’ai essayé tout de suite après l’incident de récupérer du temps et finalement j’ai fait quelques petites erreurs, donc la “remise en route” n’a pas été aussi simple que ça ».

« En plus, pendant que je subissais ce fait ce course, ça a accéléré un peu devant. Ils ont alors roulé en 1’38.7 – 1’38.8 » (Ndlr : pour comparaison, meilleur tour en course par Lucas Mahias au dixième tour en 1’38.417) ».

« Donc là j’étais un peu dans la difficulté, mais je me suis repris. J’ai compris un peu la moto et j’ai réussi à remonter petit à petit avec Lucas. On grappillait 2 ou 3 dixièmes, parce que ce n’étaient pas des mauvais devant non plus. Pour rattraper 3 dixièmes, il a fallu quelques tours.

« Finalement, j’ai réussi à porter une attaque sur Lucas à deux tours de la fin, et de là je me suis retrouvé sur un super rythme et j’ai fait mon meilleur chrono de la course dans le dernier tour (Ndlr : 1’38.461 lors de la 18e et dernière boucle). Ça c’était super positif. C’est dommage parce que j’ai fini à 5 dixièmes et il ne me manquait vraiment pas grand-chose pour porter une attaque au moins sur Gradinger. Il manquait un virage, je pense ».

Pour la suite du Championnat, penses-tu que le fait que tes deux adversaires Randy Krummenacher et Federico Caricasulo soient dans la même équipe présente un avantage ou un inconvénient pour eux ?

« Les deux. Je pense que c’est un avantage parce qu’il y a une émulation. Ça veut dire aussi que leurs motos marchent très bien parce que ça fonctionne depuis les essais hivernaux pour les deux. Ils roulent très vite, ce qui complique les choses pour nous ».

« Mais c’est aussi un désavantage parce qu’il y avait déjà de la tension entre les deux depuis le début de l’année et elle ne va qu’augmenter. C’est un coup à toi, un coup à moi… C’est un team italien, Caricasulo est italien, Krummenacher a aussi son mot à dire. C’est sûr qu’il va y avoir de la tension ».

En termes de motos, vos R6 sont-elles à peu près équivalentes ou y a-t-il de grosses différences ?

« Nous on est en train de progresser. On est aussi en train de se chercher. Eux sont prêts depuis le début de l’année. Je pense que le Team GMT94 est en train d’acquérir de l’expérience dans la catégorie, et j’espère que, dès Imola, on va pouvoir remonter sur le podium… Et sur la plus haute marche ! ».

D’ici à la course du 9 juin à Jerez, il n’y aura qu’une seule épreuve à Imola le 12 mai. Que penses-tu de ce calendrier bizarrement réparti ?

« On n’a pas eu de chance à Assen au niveau des conditions météo (Ndlr : 3° pour l’air et 2° pour la piste lors du warmup) même si on a évité la pluie. La semaine d’avant et celle d’après il faisait 20°, donc on n’a pas eu de chance ».

« Ensuite l’étagement du calendrier est identique depuis plusieurs années. Il y a deux mois de creux en été en Supersport, ce qui est trop (Ndlr : entre Donington le 7 juillet et Portimao le 8 septembre). C’est presque pire qu’en hiver, donc il faut s’adapter ».

« Ce qui est dommage pour notre équipe, c’est qu’on est en train de se chercher et de progresser, mais finalement toutes les courses s’enchaînent sur le début de saison. Nos motos ne viennent de rentrer que seulement maintenant après plusieurs mois d’absence. Ensuite, après la pause estivale, on n’aura plus que 4 courses. C’est dommage, mais c’est comme ça pour tout le monde et il faut faire avec ».

Photos © GMT94 Yamaha, et Yamaha Racing

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