Jonathan Rea était déjà au pied du mur en arrivant en Argentine avec 24 points de retard au championnat sur Razgatlioglu. Au terme de la première journée à San juan, le voilà dans les cordes. Sous pression comme il ne l’avait plus été depuis six saisons passées à dominer son sujet, la sérénité de l’Irlandais du Nord se fissure après avoir subi une nouvelle chute au guidon de sa ZX-10R qui l’a privé de la quasi-totalité d’une importante FP2. Pendant ce temps, le Turc à la Yamaha est en tête ce qui amène Rea à porter un regard critique sur Kawasaki, en évoquant son ancienne période Honda…

Un parallèle qui ne devrait pas être du goût des hommes d’Akashi qui s’impliquent un peu plus que leur compatriote de Tokyo dans la catégorie Superbike. Mais Jonathan Rea sent que ce titre lui glisse irrémédiablement des mains. Et il convoque toute son écurie au tribunal de la défaite annoncée. Il ne nie pas ses responsabilités, en évoquant, par exemple, sa dernière chute qui lui a coûté environ 30 minutes de temps de piste en FP2, le laissant avec quelques questions sans réponse sur la sélection des pneus et les travaux de réglage pour samedi… « J’ai besoin d’une nouvelle moto pour samedi » dit-il, alors que l’Argentine est loin des bases de son team… « C’est frustrant, surtout parce que c’est arrivé en début de séance. J’ai perdu l’avant. Je ne peux pas vraiment me l’expliquer. Je pense que j’ai roulé à peu près sur la ligne idéale. Je construisais la confiance et trouvais la limite ».

Une construction qui a donc volé en éclat. L’homme au Ninja ajoute : « nous n’avons pas pu comparer les deux options de pneus pour la roue arrière. Je sais comment se comportent les pneus avant, mais je n’ai pas pu essayer les pneus arrière tendres. Mais nous pouvons utiliser les données d’Alex Lowes ».

Jonathan Rea : “j’ai mis beaucoup de pression sur Kawasaki mais…”  

Voilà pour sa part. Il passe ensuite à celle de son employeur : « mon rythme n’est pas particulièrement bon. Toprak est assez fort. J’ai regardé les temps au tour des autres pilotes. Nous avons définitivement un désavantage. Je ne veux pas entrer dans trop de détails à ce sujet car cela signifie toujours que je ne fais que pleurnicher. Mais vous pouvez voir assez clairement où nous luttons. Je n’aime pas cette situation. Mais je la connais. Il y a sept, huit ou neuf ans, j’étais dans cette situation tous les week-ends. J’en ai l’expérience ». Et il était alors un pilote Honda Ten Kate.

Ce dernier avis amène Jonathan Rea a mettre Kawasaki sur la sellette : « j’ai mis beaucoup de pression sur Kawasaki. À chaque débriefing, nous essayons de mettre la pression sur les ingénieurs et l’équipe. Mais rien ne change », signale-t-il. « Parfois, il y a plus de frustration, mais j’essaie de rester calme. Je fais plus d’erreurs cette année parce que je suis plus à la limite. Je ne pense pas que ce soit la pression de Toprak. C’est plus que je n’abandonne pas sans combattre. Je me battrai jusqu’au bout ». L’ambiance se dégraderait-elle chez Kawasaki ?

Superbike San Juan – FP2 :



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