Ducati est sur tous les fronts de la polémique cette saison. Mais aussi sur les podiums. Les rouges avaient annoncé que 2019 serait l’année où l’on parlerait beaucoup de ses motos dans les paddocks. Promesse tenue ! Mais si, en MotoGP, on a à faire à une bataille d’experts techniques et en lecture du règlement, en WSBK, la situation est différente. Elle met en exergue deux philosophies d’entreprise, deux approches du marché, deux considérations du motard. Et de ce point de vue, se plaindre de Ducati, c’est trahir un manque de courage et de volonté.

Après quatre ans de règne de Jonathan Rea sur une Kawasaki, le Superbike se réveille sous le joug d’un Álvaro Bautista avec une Ducati. Une Panigale V4R qui fait causer. Pourquoi ? Il semblerait qu’elle soit trop bien faite… Il faut dire qu’elle n’a pas été pensée comme les autres motos de la grille de départ.  La majorité des constructeurs sont partis d’une moto sportive de leur gamme où vivote un segment sportif aux enjeux commerciaux difficilement compréhensibles par un conseil d’administration contraint à une vision globale. Or celle-ci doit prendre en compte un environnement général qui voudrait plutôt faire de la moto un moyen « d’éco-mobilité » urbain, plutôt qu’un prolongement de la passion agrémentée de bruit et de fureur.

De fait, les machines dans leurs concessions sont des compromis. Des bons compromis. Mais des compromis quand même. En face, il y a Ducati. Et Ducati n’a pas conçu une moto de série pour l’amener à la compétition. Les rouges ont adapté leur MotoGP à la série. Chez Kawasaki, Guim Roda reconnaît : « Ducati a sans aucun doute ouvert une nouvelle route et l’a fait en respectant les règles. Il appartiendra aux constructeurs de comprendre où et comment investir pour suivre ou non cette route ».

Certains aimeraient castrer réglementairement la Panigale V4R, avec, entre autres moyens, un plafond des coûts, le modèle de base ne devant pas, par exemple, dépasser les 40.000 euros. Serafino Foti, pour Ducati, répond sur GPOne : « honnêtement, je ne comprends pas toutes ces polémiques. Je le dis parce que le concept moto de Ducati est toujours resté intact au fil du temps. Les versions précédentes, comme la version R, en sont un exemple. Elles sont plus onéreuses que les autres motos. Notre maison a toujours construit des motos de niche extraordinaires, a une expérience de l’investissement, de l’argent pour fabriquer un produit pouvant être vendu au public, comme si c’était la Ferrari de la moto. Cela s’applique à la V4R, mais également à toutes les autres lancées sur le marché, comme la 998, la 996. Abaisser le plafond des coûts ? Rien ne changerait. Même les Japonais pourraient suivre notre philosophie. Pourquoi ne le font-ils pas ? Peut-être parce qu’ils s’en fichent ». CQFD ?



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