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Publié le 15 juillet 2026 • 19:00 par André Lecondé

WSBK, Marco Zambenedetti – « Si le mérite sportif disparaît, notre présence n’a plus de sens » : Ducati met la pression sur le Superbike avant 2027

Marco Zambenedetti et Ducati ne s'excuseront jamais de travailler mieux et plus vite que leurs adversaires en WSBK.

Marco Zambenedetti

La première moitié de saison du Championnat du monde Superbike a tourné à la démonstration pour Ducati. La Panigale V4 a tout gagné ou presque, au point que le paddock ne parle déjà plus des résultats, mais des futures modifications réglementaires destinées à freiner la domination de Borgo Panigale dès 2027. Et visiblement, Ducati commence à s’agacer.

Les déclarations de Marco Zambenedetti, responsable technique du projet Superbike, ressemblent moins à un simple point de situation qu’à un véritable message adressé à la FIM, au MSMA et aux constructeurs concurrents. Ducati ne conteste pas l’évolution des règlements. Bien au contraire. « Parfois, les règles nous sont favorables, parfois non. C’est normal. Ducati aime les défis », explique Zambenedetti.

Le constructeur italien rappelle d’ailleurs qu’il évolue en Superbike depuis plusieurs décennies et qu’il continuera à soutenir le championnat. Mais cette ouverture au dialogue s’accompagne d’une condition qui apparaît comme une ligne rouge absolue.

« Celui qui travaille le mieux, celui qui possède la meilleure machine, doit mériter la victoire. Si ce principe venait à être bafoué, notre présence ici n’aurait plus aucun sens. »

Le vrai débat n’est pas technique, il est philosophique. Depuis plusieurs mois, la domination de la Panigale V4 alimente les critiques. Nouveaux pneus, nouvelles limitations, nouvelles concessions ou encore modifications techniques : les idées ne manquent pas pour ralentir Ducati. Mais le constructeur italien pose une question particulièrement embarrassante : Pourquoi Ducati devrait-elle être pénalisée pour avoir mieux travaillé que ses concurrents ?

Marco Zambenedetti

Marco Zambenedetti : « Je ne suis pas là pour excuser les autres »

Zambenedetti ne se prive d’ailleurs pas de renvoyer ses adversaires à leurs propres responsabilités. « Si certains constructeurs sont loin derrière nous, c’est aussi parce qu’ils ont choisi de ne pas investir ou de ne pas croire suffisamment dans cette catégorie. » Une manière élégante de rappeler qu’un règlement ne remplacera jamais un investissement industriel.

Et il ajoute sur GPOne. « Nous n’apprécions pas l’attitude de certains constructeurs qui, lorsqu’ils sont en difficulté, menacent de quitter le championnat. »

Et il retourne la question aux concurrents :« La question est : pourquoi les autres ne sont-ils pas au même niveau actuellement ? Nous avons certainement fait un grand pas en avant, mais il faut aussi féliciter nos pilotes et saluer le travail de toute l’équipe. Je ne suis pas là pour excuser les autres. »

Sans citer de nom, Ducati adresse clairement un message à ceux qui utilisent régulièrement leur participation au Superbike comme levier politique lors des discussions réglementaires. Borgo Panigale adopte ici une posture presque institutionnelle : nous sommes là depuis toujours, nous resterons, mais nous refusons que le mérite sportif soit sacrifié.

Autre élément intéressant : Ducati refuse également le discours selon lequel la Panigale serait devenue une moto parfaite. Zambenedetti insiste même sur le fait que l’équipe dispose encore d’une marge de progression importante.

Selon lui, les écarts observés aujourd’hui s’expliquent également par l’interprétation des règlements, le travail effectué sur les nouveaux pneus ou encore les investissements consentis par chaque constructeur. Autrement dit, Ducati ne considère pas avoir trouvé une formule magique. Elle estime simplement avoir mieux compris les règles du jeu actuelles.

Le Superbike est-il en train de changer de philosophie ? C’est probablement le véritable sujet de cette interview. Marco Zambenedetti reconnaît lui-même que le Superbike d’aujourd’hui n’est plus celui qu’il a connu il y a vingt-cinq ans. « À l’époque, il n’y avait que le sport. Aujourd’hui, il faut aussi penser au spectacle. »

Cette phrase résume parfaitement le dilemme auquel le championnat est confronté. Un championnat dominé est rarement bon pour le spectacle. Mais un championnat qui pénalise systématiquement celui qui travaille le mieux finit également par perdre sa crédibilité sportive. L’équilibre est particulièrement difficile à trouver.

Ducati n’a pas menacé de quitter le championnat. Le constructeur italien se dit même prêt à discuter de toutes les évolutions réglementaires nécessaires. Mais son message est limpide. Oui au spectacle. Oui à un championnat plus équilibré. Oui au dialogue avec les autres constructeurs. Mais non à un règlement qui consisterait simplement à ralentir artificiellement celui qui gagne.

À l’heure où le Superbike prépare sa révolution technique de 2027, Borgo Panigale vient donc de rappeler ce qu’elle considère comme le fondement même de la compétition : on ne gagne pas parce que le règlement nous favorise, on gagne parce que l’on travaille mieux que les autres. Et sur ce point, Ducati ne semble pas prête à faire le moindre compromis.

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