À l’issue d’un époustouflant Grand Prix d’Australie qu’il termine en seconde position, Valentino Rossi a été invité à la conférence de presse réunissant également Marc Márquez et Maverick Vinales.

Visiblement très heureux, le champion italien s’est prêté avec plaisir au jeu des questions-réponses avec les journalistes.

Comme à notre habitude, nous reportons ici une traduction de ses propos, en intégralité et sans aucune déformation journalistique.


Nous avons adoré votre commentaire quand vous avez dit que vous deviez être plus stupide que les autres…

Valentino Rossi : « Oui, vous savez, c’est comme ça. En particulier ces derniers temps, le niveau d’agressivité et de contacts durant la course s’est beaucoup élevé, en particulier quand les jeunes pilotes arrivent de la Moto2. Zarco est très très agressif. Bon, vous savez, soit vous vous mettez en colère, mais cela ne change rien de toute façon. C’est le jeu : si vous voulez jouer, c’est comme ça. C’est un peu plus dangereux, mais c’est ainsi. Si vous n’en voulez pas, vous devez rester à la maison.

Je me suis beaucoup amusé. C’était une super super course. Au début, j’étais avec Miller, avec Espargaro, comme ça, j’avais un bon rythme. Et après, j’ai dû me battre, en particulier avec Zarco, puis est arrivé Iannone. Je pense que ce sont les deux pilotes les pires avec qui se battre. Je me rappelle aussi d’une dure bagarre avec Iannone en 2015 et il m’avait battu dans le dernier tour, donc j’ai essayé au maximum, tout comme avec Zarco. Également avec Márquez, donc c’était une super course. J’ai beaucoup aimé.

Je suis vraiment heureux car j’ai été compétitif. Nous avons bien travaillé. Comme tout le monde, j’ai été chanceux car nous avons eu de bonnes conditions, donc vous avez pu voir, à coup sûr, la meilleure course de la saison. Donc je pense que toutes les personnes qui se sont levées à sept heures en Europe sont heureuses.

J’ai fait le bon choix pour les pneumatiques.

Et c’était comme ça. Vous savez, je pense qu’à la fin j’avais le potentiel pour rester avec Márquez jusqu’au bout, car j’étais rapide. Je pense qu’à un moment, j’étais dans la position parfaite, mais Iannone est arrivé. Ça a été comme de la folie et Márquez s’est échappé. Mais je pense que de toute façon, la victoire aurait été difficile. Mais je suis extrêmement heureux, c’est important pour moi car je reviens d’une période difficile après m’être fracturé la jambe. Et c’est également important pour Yamaha et pour toute notre équipe »

Comment est-ce possible de faire une telle course, après le début du week-end que vous avez eu ?

« Honnêtement, après les essais ici, il est toujours difficile de savoir. Mais je n’étais pas si mal, en particulier vendredi. Je veux dire que j’avais déjà un plutôt bon rythme dans des conditions normales. Nous avons également compris la façon de progresser depuis hier, car j’étais trop à la limite. Ce matin, nous avions la moto prête, mais c’était mouillé et nous n’avons donc pas essayé. Mais nous avons décidé de l’utiliser car j’étais quasiment sûr de ce dont j’avais besoin. C’était un bon changement, et également un bon choix. Donc, je me sens à l’aise avec la moto. »

Comment voyez-vous la bagarre pour le titre. Est-ce déjà terminé pour Dovizioso ?

« Vous savez, aujourd’hui, c’est comme 25-0. C’est donc un gros problème pour Dovi car maintenant, l’écart est très grand et il ne reste que deux courses. »

Aujourd’hui, dans le groupe de tête, l’écart entre les plus vieux et les plus jeunes étaient de 17 ans. Cela vous donne-t-il l’impression d’être vieux ?

« Je pense que c’est de ma faute (rires). Malheureusement, sans moi, la différence serait beaucoup plus petite (rires). Non, je suis heureux de rester là et d’être encore capable de me battre dans une course comme celle-là. »

Après une course comme celle-là, que ressentez-vous à l’idée de rester cinq ans de plus avec les pneus Michelin ?

« Je me sens bien avec les Michelin, j’aime travailler avec les gars. Ils ont la plus longue expérience, avant Bridgestone. Ce sont des pneus différents, comparés aux Bridgestone. Ils ont des points meilleurs et des points faibles, mais ils sont toujours très ouverts pour essayer de régler les problèmes, donc je suis heureux. »

La course a été plus lente que l’année dernière. Était-ce pour préserver les pneus ?

« Je pense qu’assurément, quand vous avez un groupe comme celui-ci, cela est plus difficile pour la durée totale de la course. Oui. Mais je ne connais pas mon temps total par rapport à l’année dernière. Vous savez, c’est une question d’équilibre. Mon meilleur chrono n’est pas le même que celui de l’année dernière, mais au final j’ai davantage souffert que l’année dernière. Donc cela signifie que vous devez toujours gérer un peu pour essayer de ne pas trop perdre durant les derniers tours. »

Vous avez évoqué le niveau d’agressivité qui était en progression. Pensez-vous qu’il faut mettre une limite ?

« Oui, oui, je suis d’accord avec Marc ! » (Marc Marquez : « pour moi, bien sûr il faut une limite mais je pense qu’aujourd’hui c’était normal. Je veux dire que c’était agressif, qu’il y a eu quelques contacts, mais qu’au final c’est la course. Et si nous abaissons la limite, cela devient comme la F1. Au final, c’est pourquoi la MotoGP progresse. »).

Pensez-vous que cela soit utile pour Yamaha d’avoir une troisième moto (d’usine) avec Zarco dessus pour développer la moto ?

« Je ne sais pas si ce serait une bonne idée pour Zarco d’avoir notre moto (rires). Mais oui, oui, cela se peut (être intéressant pour Yamaha). Mais je ne sais pas si ce serait une bonne idée pour Zarco d’avoir notre moto (rires)»

Márquez a eu un contact avec vous. Comment cela s’est-il passé ?

« J’ai vu un pneu quand je n’avais pas d’espace. Mais sincèrement, je ne savais pas qui c’était. J’étais très intrigué (rires). C’est Márquez, Iannone ou Zarco ? C’était très difficile à savoir. J’ai entendu le pneu sur mon épaule et j’ai juste élargi et perdu du temps. »

Crédit photo : MotoGP.com


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