Ceux qui s’intéressent à l’Endurance en général, et aux 8 heures de Suzuka, ont pu apprécier, entre autre, les explications de Randy de Puniet quant au différentiel de performances entres les équipes européennes en lutte pour le titre mondial, et les machines d’usine japonaises uniquement mises en piste au Japon.

Christophe Guyot, le patron du team GMT94, a apporté un éclairage supplémentaire et intéressant sur la page Facebook « Actualités & Avis des Consultants MotoGP ».


Christophe Guyot : « Tout d’abord, je trouve l’analyse de Randy parfaite. Rien à retirer. Je peux simplement ajouter des précisions sur les points suivants :

1) Le sport moto est avant tout un sport qui suit des règles. Rien à priori ne peut donc expliquer de tels écarts entre les « usines » japonaises et les teams officiels ou privés Européens.
Le règlement moteur et châssis du championnat du monde d’Endurance, a été pensé pour permettre performance, sécurité, développement technique, tout en limitant les coûts.
Cela n’est cependant pas le cas de l’électronique. Elle est libre en EWC. Nous voici dans le seul championnat qui permet l’utilisation de ces électroniques interdites en WorldSBK et en MotoGP depuis que la DORNA (promoteur de ces deux championnats ) a décidé d’équilibrer les forces en présence et de mettre fin aux coûts de développement de ces technologies.
En clair, les motos d’usine engagées aux 8 Heures de Suzuka, sont équipées des électroniques ultra sophistiquées interdites aujourd’hui en MotoGP. Cette règle est évidemment la même pour toutes les courses du championnat, mais elle reste sans effet. Les usines japonaises n’ont jamais exporté ces électroniques hors Japon (en dehors du MotoGP jusqu’en 2014) .
Ceci est également valable pour les teams d’usine qui ont participé à l’intégralité du championnat. C’est le cas par exemple du YART, représentant de l’usine Yamaha ou encore du team usine Honda FCC multi-vainqueur des 8H de Suzuka qui ne peut afficher le même niveau de performance en Europe qu’à Suzuka. Il est bien entendu difficile de quantifier l’avantage au chrono, mais il sera intéressant de comparer les performances de la Honda FCC au Mans, en Allemagne, en Slovaquie, et demain au Japon. Il faudra cependant rester prudent, préférer l’analyse et éviter de chiffrer ces écarts, car l’équipe pilote peut-être différente, de même que les pneumatiques peuvent présenter des performances variables selon les tracés. Suzuka est à ce titre un circuit qui présente des difficultés rencontrées nulle part ailleurs en raison des températures extrêmes de la région à cette période, d’une adhérence particulière et de la vitesse moyenne très élevée.

2) Autre particularité, l’EWC est le seul championnat du monde de courses sur route qui reste ouvert à toutes les marques de pneumatiques.

3) Enfin, la participation de plusieurs machines d’usine et l’investissement de chaque marque japonaise font des 8H de Suzuka un événement unique. »

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