Champion du Monde 500 cm3 en 1999 avec comme chef d’équipe Gilles Bigot (qui collabore actuellement avec Tom Lüthi chez Marc VDS), Alex Criville est le premier pilote espagnol à s’être imposé dans la catégorie supérieure. C’est un des héros du sport moto dans son pays, où les téléspectateurs peuvent suivre ses commentaires à l’occasion de chaque Grand Prix sur Movistar en compagnie d’Ernest Riveras, Izaskun Ruiz, Juan Martínez, Carles Pérez et Ricard Jové.

En fonction de sa grande expérience, Alex donne ici son point de vue sur différents sujets :

Un pilote satellite comme Johann Zarco peut-il battre des pilotes d’usine ?

« Zarco est en pleine forme et roule très bien. Je pense qu’il est l’un des rares à pouvoir battre les pilotes d’usine (parce que Petrucci et Crutchlow ont des motos d’usine – ou proches). Cela me semble difficile, même s’il ne peut être exclu qu’à part Zarco, un jour de pluie ou dans des conditions difficiles, Miller ou un autre pourrait surprendre. »

Le récent Grand Prix du Qatar :

« C’était un très bon début d’année, avec deux pilotes de deux usines différentes qui cherchaient la victoire jusqu’au dernier virage, bien que Dovizioso ait déjà pensé à la fin de la course. Je pense que cette année, nous verrons quelque chose de similaire à ce qui s’est passé la saison dernière : Un combat entre Marc [Márquez] et «Dovi». Cependant, je pense qu’il y aura plus de coureurs avec des possibilités de gagner, et moins de différences entre eux. Il y a dix ou douze coureurs qui, à tout moment, peuvent être à l’aise sur un circuit et avoir la chance de se battre pour la victoire. »

Un pilote vous a-t-il étonné à Doha ?

« Nous nous attendions à ce que ‘Dovi’ et Marc soient aux avant-postes, mais je pense que l’un des coureurs qui a fait un pas en avant est Alex Rins. L’année dernière, il a été malchanceux avec sa blessure, mais il a eu de très bonnes séances d’entraînement et, en course, il a démontré qu’il avait le potentiel de se battre pour le podium et, pourquoi pas, de remporter un Grand Prix. »

9 pilotes peuvent-ils gagner comme en 2016 ?

« Je n’irais pas jusqu’à dire neuf coureurs, parce qu’à l’heure actuelle il est très difficile de battre Márquez ou Dovi, mais six ou sept vainqueurs différents pourraient arriver. Pedrosa, Rossi, Viñales, Lorenzo, Rins, Zarco … Ils seront là-haut. Peut-être que Crutchlow pourrait être avec eux de temps en temps à certaines courses. Ce ne serait pas une surprise d’atteindre le chiffre de 2016 et, bien que ce soit difficile, l’égalité que nous avons vue nous fait penser que c’est possible. »

Quel score donneriez-vous à Marc ?

« Un score très élevé. Je donnerais à Marc 9/10, car au Qatar il a fait une belle course dans laquelle il ne s’est pas contenté de la deuxième place. C’était difficile de gagner et il essayait malgré tout. Le dépassement dans le dernier virage a été très difficile, car il a été capable de doubler mais a dû arrêter la moto pour entrer dans le virage. “Dovi” a pris une très bonne trajectoire, a pris plus d’inertie et a pu aller plus vite en accélération. C’était bien qu’il l’ait essayé, mais Dovizioso savait déjà que Marc essaierait ça. »

Direction l’Argentine :

« L’Argentine sera une autre course, bien que ceux à surveiller seront de nouveau Marc et ‘Dovi’, un peu comme la saison dernière. Honda sera de retour à l’avant, mais Yamaha et Ducati seront toutes les deux présentes. Dans la première séance d’essais, nous verrons comment chaque usine s’adapte, mais je suis convaincu que Dani, Rossi et Viñales peuvent bien faire, et je pense que Jorge [Lorenzo] doit faire un pas en avant, car si son coéquipier peut gagner, il le peut aussi. Ensuite, nous verrons Zarco, Rins et Petrucci, mais ce sera une belle course, avec peu de différences entre chaque coureur. »

Photos et source © Repsol Honda