Il faut bien l’avouer, Bradley Smith, que l’on surnommait affectueusement « Mister Smith » du temps de ses exploits au guidon de la Yamaha M1 du team Tech3, n’est plus l’ombre que de lui-même.

Le pilote britannique semble en effet avoir souffert d’un manque d’adaptabilité aux pneumatiques avant proposées par Michelin lors de son retour en MotoGP en 2016. Puis, son accident à la jambe survenu en août 2016 lors des essais des 8 Heures d’Oschersleben n’a fait qu’empirer encore son niveau de performance.

Passé chez KTM en 2017, le numéro 38 y a eu du mal à supporter la comparaison avec son coéquipier Pol Espargaro, à tel point que la selle de sa RC16 s’est peu à peu transformée en siège éjectable avant que le groupe Wassermann qui protège ses intérêts ne lui sauve la mise en menaçant d’un procès l’entreprise autrichienne.

Mais aujourd’hui, la situation est à peine plus brillante, avec pour meilleur résultat de ce début de saison 2018 une 14e place lors des essais hivernaux à Losail, avant d’y terminer 18e lors du Grand Prix.

A priori, il n’y a pas là de quoi satisfaire les ambitions de KTM, et le natif d’Oxford pourrait bien avoir à se chercher un autre siège pour 2019, même si Pit Beirer, le patron du service compétition de la firme de Mattighofen, essaie de souligner les points positifs du Britannique, comme le reporte Günther Wiesinger sur le site Speedweek: « Bradley a jusqu’à présent effectué notre tour le plus rapide au Qatar, avec un 1’55.1 lors du test il y a trois semaines. Malgré toutes les critiques à son égard, il contribue toujours à faire avancer notre projet. Il a été le pilote du GP de Valence 2017 qui, grâce à une 11ème place, a permis d’obtenir la cinquième place du Championnat du Monde des Constructeurs pour KTM. Je ne laisse pas Bradley derrière moi. Parfois, il m’agace parce qu’il ne fait que passer par ces détours insensés et ne progresse en rien pendant les tests. Ses mots manquent de poids quand il pilote trop lentement. Puis, à la fin, les techniciens sont surpris quand il réalise un bon temps au tour. Nous savons parfaitement qu’il peut faire plus. Nous serions dans une situation plus facile s’il laissait plus de place aux tests et aux entraînements. Cela nous agace de temps en temps. Mais au final, tout le monde doit suivre son propre chemin. “

Il y avait deux semaines à Salzbourg, Bradley Smith a déclaré à l’équipe Red Bull KTM qu’il était venu chez KTM pour rester plus de deux ans.

Mais Pit Beirer ne veut pas faire de commentaire à ce sujet après seulement le premier des 19 Grands Prix : « Nous avons actuellement deux bons pilotes dans l’équipe d’usine de MotoGP. Nous attendons avec impatience les prochaines courses. J’ai une relation très proche avec Stefan Pierer, nous sommes tout à fait sur la même longueur d’onde. Nous choisirons également ensemble les futurs pilotes. »

Un homme prévenu en vaut deux.

Si, pour le moment, la place de Pol Espargaro ne semble pas (encore?) en péril malgré ses problèmes physiques et le fait qu’il ait complètement détruit deux RC16 au Qatar, le team Red Bull KTM n’a jamais caché son intérêt pour Johann Zarco et, dans une moindre mesure, Jack Miller et Danilo Petrucci.

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