Quel est le meilleur parcours pour accéder dans des conditions idéales au MotoGP ? La simple opportunité d’y accéder doit-elle être prise en dehors de toute autre considération ? Certains viennent du Superbike, d’autres ont fait leurs classes en Moto3 et Moto2 et un seul a sauté du Moto3 au MotoGP. Il s’appelle Jack Miller et a dernièrement déclaré que la Moto2 ne servait à rien. C’est exactement le contraire de ce que pense Scott Redding.

La Moto2 a été sérieusement malmenée par Jack Miller dans un récent entretien. Il faut dire que le vainqueur d’Assen l’an dernier a comme équipier une ancienne terreur et même Champion du Monde de cette catégorie du nom de Tito Rabat. La saison passée, il faisait ses débuts parmi l’élite et l’Australien qui en était à sa seconde campagne n’a pas eu à souffrir de ses performances, loin s’en faut.

Pourtant la majorité des protagonistes du paddock ne s’hasarde pas à considérer la Moto2 comme une étape futile. Il est même un pilote qui s’en fait l’avocat farouche, prenant ainsi exactement le contre-pied de Jack Miller. Il s’agit de Scott Redding qui, sur Autosport, regrette carrément son ascension précoce en MotoGP, imposée par son fort beau gabarit : « j’ai toujours dit avoir été obligé de me retrouver là où je suis maintenant » commence le Britannique. « D’abord, je ne voulais pas aller en Moto2 si tôt mais ma taille et mon poids m’y ont contraint ».

On rappellera que le pilote Pramac fait 1m85 pour 78 kilos. « Je voulais rester en 125cc une saison de plus et je voulais aussi rester en Moto2 une année encore pour bien me préparer au MotoGP ». Un regret étonnant mais il faut dire qu’en 125, Redding a connu la joie d’être le vainqueur de son Grand Prix national à 15 ans sur une Aprilia en 2008. Et qu’en Moto2, il jouait la victoire et le titre, d’ailleurs raté e peu face à Pol Espargaró en 2013.

Or depuis qu’il est en MotoGP, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et l’an passé, il a perdu sa bataille interne face à Petrucci pour le gain d’une GP17 cette saison. Un Petrucci, qui, au passage, n’a jamais fait de Moto2… Mais Redding poursuit : « vous constatez que tous ceux qui arrivent cette saison viennent du Moto2 et ils auront de bonnes motos pour débuter. Moi, j’ai eu une Honda qui était incapable de faire un top 15 chez Gresini en 2014. En 2015, j’ai eu une soi-disant machine d’usine chez Marc VDS qui était en fait pire que la précédente ».

« J’ai passé deux ans à ramer pour rien. J’ai tout de même montré à quelques occasions mon potentiel. Mais un an avant mon arrivée en MotoGP, je jouais le titre mondial en Moto2. En 2017, j’espère qu’avec la nouvelle Ducati, je pourrai sortir du fond du peloton ». Redding aura en effet une GP16 et il aura à ses côtés Christian Pupulin, ancien chef mécanicien de Dovizioso, en lieu et place d’un Giacomo Guidotti parti servir la cause de Dani Pedrosa.

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