Hervé Poncharal a beau s’exprimer très régulièrement dans nos colonnes (voir ici), et ce, sans utiliser de langue de bois afin de mieux vous partager les émotions que l’on peut vivre lors d’un week-end de Grand Prix, il est quand même tenu à une certaine réserve vis-à-vis de diverses entités comme, par exemple, Yamaha qui lui loue son matériel ainsi que des ingénieurs, ainsi qu’à une louable volonté de n’accuser personne travaillant dans son box. 

Ce n’est pas notre cas, et quand nous voyons que divers incidents atteignent dans leur passion et leur moral les hommes de l’équipe Monster Tech3, alors qu’ils n’en sont aucunement responsables, il nous semble de notre devoir de préciser la vérité, ne serait-ce que pour éclairer la façon dont fonctionne une équipe satellite.

Passons rapidement sur l’incident survenu à Jonas Folger lors du Warm up à Silverstone. De réunions en expertises, un rapport de plusieurs dizaines de pages a été établi, révélant que le montage des freins était parfait et que les composants du système de freinage, entièrement neufs, étaient parfaits. Tech3 et Brembo avait donc fourni un matériel parfait à Jonas Folger, celui-ci devant simplement le roder en faisant lécher les plaquettes pendant un tour avant d’attaquer au maximum. Cela ne fut vraisemblablement pas fait…

À Misano, le problème fut tout autre. La responsabilité de la quantité d’essence embarquée revient aux ingénieurs japonais détachés par Yamaha Factory et présents en permanence dans le box Tech3. Au nombre de deux, on les reconnaît aisément grâce à leurs T-shirts bleus siglés, et leur rôle consiste à superviser l’utilisation des M1 en général, et de leurs moteurs en particulier.

Tenant compte de la pluie prévue pour le Grand Prix et des deux tours de reconnaissance annoncés par Johann Zarco, ils ont donc calculé la consommation du quatre cylindres pour 32 tours et établi une certaine quantité d’essence à mettre dans le réservoir.

Le chiffre annoncé a immédiatement paru étrangement bas à l’équipe Tech3, qui a alors demandé à ce qu’il soit vérifié, ce qui n’est pas facile face à des ingénieurs japonais qui, jusqu’à présent, ne s’étaient jamais trompés, et dont on connaît le sens de l’honneur… Ces derniers ont néanmoins réaffirmé que leur chiffre était exact et suffisant pour franchir la ligne d’arrivée, les deux tours de reconnaissance compris.

On connaît la suite : de l’ordre d’une canette d’essence qui fait défaut, le moteur qui se coupe, Johann qui comprend tout de suite l’origine du problème et essaie de faire durer son élan le plus longtemps possible avant de jeter toutes ses forces dans une poussette qui le laissera en tachycardie une fois la ligne d’arrivée franchie !

Attention: il n’est pas question d’imaginer une ridicule théorie du complot ou de jeter la pierre à qui que ce soit ! L’erreur est humaine et seuls ceux qui n’en ont jamais commise pourraient le faire.

Mais il s’agit juste de rétablir la vérité pour remonter un peu le moral de toute cette équipe française qui s’investit à 100% durant chaque week-end de Grand Prix, et qui vient de vivre deux manches du championnat du monde particulièrement décevantes et frustrantes, même et surtout s’ils n’en sont pas responsables.

Johann Zarco, lui, sait évidemment tout cela et a confiance dans son équipe à 1000 %. Son esprit est déjà tourné vers Aragon où il aura à cœur d’oublier ce coup du mauvais sort.

Hervé Poncharal, lui, disons-le franchement, a les boules. Cela fait deux fois que la compétence de son équipe pourrait sembler être remise en cause, alors qu’il n’en est absolument rien.

Et pire, il ne peut pas vraiment le dire !

Quelles qu’en soient les conséquences pour nous, et sans l’en informer, il nous a donc semblé juste de le faire pour lui…