Il fut une époque où le Championnat du Monde Superbike avait la côte, et de grands noms s’y illustrèrent avant de venir en MotoGP, comme Mick Doohan (photo ci-dessus), Cal Crutchlow, Ben Spies, Colin Edwards et Troy Bayliss. Sans oublier ceux qui sont venus du Superstock comme Danilo Petrucci, Franco Morbidelli ou Xavier Siméon.

Puis le sens des vases communicants s’est inversé et sont passés des GP au WSBK Alex Barros, Max Biaggi, Troy Corser, Sylvain Guintoli, Carlos Checa, Marco Melandri et Chaz Davies entre autres.

Les team managers de MotoGP actuels sont-ils susceptibles de recruter au sein du Championnat du Monde Superbike ? s’est demandé Sebastian Fränzschky pour motorsport-total.com. Cette suggestion n’a pas l’air de soulever un grand enthousiasme auprès des décideurs concernés, essentiellement parce que le meilleur pilote de cette discipline, Jonathan Rea, domine outrageusement, et que quand il a couru en MotoGP (avec la moto et l’équipe de Casey Stoner, alors forfait) ses résultats ont été décevants.

Johnny Rea en 2012 disposa de la Honda Repsol avec laquelle Stoner venait de gagner les GP d’Espagne, du Portugal, des Pays-Bas et des Etats-Unis. A Misano, il termina 8e à 43 secondes du vainqueur (Jorge Lorenzo). Son meilleur tour en course était à 1.803 du plus rapide (Lorenzo). En Aragon, Rea se classa 7e à 32.2 du vainqueur, son coéquipier du week-end Dani Pedrosa (même moto). Cette fois, le tour le plus rapide en course de Rea était à 1.748 du meilleur temps de Pedrosa. On ne vit plus ensuite jamais Rea en GP.

Quelle est le point de vue en 2017 de Yamaha ? « Je dirais que vous regardez surtout en Grand Prix pour trouver les jeunes talents, » explique Lin Jarvis, Directeur exécutif des GP chez Yamaha. « Il y a beaucoup de talents parmi les pilotes Moto2 et Moto3, et il y a aussi beaucoup de formules junior financées par Dorna. Il y a des programmes comme la VR46 Academy avec lesquels Yamaha est impliqué. Il ne fait aucun doute que nous regardons principalement ici dans ce paddock, trouvant parfois un pilote qui peut passer d’une classe à l’autre. Le Championnat du Monde Superbike a sa raison d’être, mais ce serait extraordinaire si nous avions un jeune talent. La plupart des jeunes talents passent au paddock MotoGP plus tôt », explique Jarvis.

Ducati est le seul constructeur qui a sa propre équipe d’usine en MotoGP et en WSBK. « Ducati est derrière le Championnat du Monde Superbike, avec des coureurs qui sortent du Championnat du Monde Superbike et qui réussissent en MotoGP, comme Cal Crutchlow et Danilo Petrucci. Mais ce sont plutôt des exceptions et non la règle », a commenté le Directeur sportif Paolo Ciabatti. « Les nombreux programmes des GP facilitent la recherche de jeunes talents, et il est plus facile de suivre le développement de ces pilotes, avec plus de talents en Moto3 et Moto2 qu’en mondial Superbike. »

Pour son responsable GP Pit Beirer, la situation de KTM est différente : « Nous avons notre propre stratégie pour les jeunes coureurs, et nous sommes maintenant en MotoGP et en Moto2, ce qui est tout à fait logique pour nous, et nous participons à la Rookies Cup depuis plus d’une décennie, où les jeunes talents grandissent. Nous étions jaloux de ne pas pouvoir utiliser ces talents, mais maintenant nous avons un grand projet Moto3 avec 15 motos pour la saison à venir. Nous pourrons donc engager les meilleurs de ces pilotes en Moto2, puis un jour nous ferons monter notre propre pilote, issu de notre filière, en MotoGP. »

Photo : Mick Doohan, vainqueur de deux courses du mondial Superbike sur Yamaha en 1988

Source : motorsport-total.com

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