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La brutalité du MotoGP ne se mesure pas seulement à la vitesse ou aux chutes. Elle se joue aussi en coulisses, là où les décisions tombent sans bruit… mais avec des conséquences irréversibles. Et dans le cas de Francesco Bagnaia, le verdict était déjà tombé chez Ducati bien avant que la saison ne lui offre une chance de rédemption.

Car pendant que l’Italien tentait encore de comprendre sa chute en 2025, Ducati avait déjà fait son choix. En silence.

Selon Jack Appleyard, l’information sur Motosport República, est claire : Pedro Acosta a signé son contrat avec Ducati… dès le mois de décembre. Autrement dit, bien avant les essais, bien avant les premières réponses en piste, et surtout bien avant que Bagnaia puisse prouver qu’il pouvait rebondir.

Une décision froide. Calculée. Et terriblement révélatrice. Car officiellement, Ducati continuait d’afficher sa confiance. Davide Tardozzi évoquait encore en début d’année un retour du Bagnaia “version 2024”. En interne, pourtant, le scénario était déjà écrit. Le double champion du monde rouge n’était plus l’avenir.

Le contraste avec Marc Marquez a pesé lourd. Très lourd. L’Espagnol, pourtant absent en fin de saison, a surclassé Bagnaia de manière presque humiliante au classement. Et dans un environnement aussi compétitif, Ducati n’a pas hésité à tirer les conclusions.

La chute de 2025 n’était pas qu’un accident. C’était un signal. Cinq abandons pour conclure la saison, une irrégularité chronique, une incapacité à reprendre le contrôle dans les moments clés… autant d’éléments qui ont fissuré la confiance d’un constructeur habitué à l’excellence. Bagnaia n’était plus une garantie.

Pecco Bagnaia

L’exécution clinique d’un double champion, la perte de confiance de Ducati

Et face à lui, Acosta représentait tout l’inverse. Jeunesse. Explosivité. Projection vers 2027 et l’ère des 850 cc.

Le timing est presque cruel. Alors que Bagnaia entamait 2026 avec l’espoir de se relancer, son successeur était déjà acté. Pire encore, l’annonce elle-même est retardée non pas pour des raisons sportives, mais pour des considérations politiques et économiques liées au futur accord entre le MotoGP et Liberty Media.

Tout est prêt. Signé. Bouclé. « 80 à 90 % des contrats d’usine sont finalisés… ils attendent juste le bon moment pour annoncer », résume Appleyard.

Autrement dit, le mercato est déjà terminé… avant même d’avoir commencé. Dans ce contexte, le transfert de Bagnaia vers Aprilia apparaît moins comme un choix que comme une conséquence. Une sortie presque inévitable pour un pilote qui, il y a encore un an, incarnait pourtant le cœur du projet Ducati.

Reste une question, essentielle. Ducati a-t-elle pris une décision visionnaire… ou précipitée ?

Car si Acosta confirme son potentiel, ce choix apparaîtra comme une évidence stratégique. Mais si Bagnaia retrouve son niveau ailleurs, alors cette décision — prise dans l’ombre, au cœur de l’hiver — pourrait devenir l’un des paris les plus risqués de ces dernières années.

Dans tous les cas, une chose est certaine : en MotoGP, la chute ne se joue pas seulement en piste. Bagnaia ne restera pas sur le carreau. Il a trouvé refuge chez Aprilia avec un contrat massif de deux ans, assorti d’une option pour deux années supplémentaires. Mais le départ laisse un goût amer : celui d’un pilote jeté comme un vieux pneu après avoir été le roi du monde.

Ducati vient de réaliser le mouvement le plus « glacial » de l’histoire moderne du MotoGP. En signant le prodige Acosta (déjà vainqueur en Sprint et double podium en GP cette année) dès décembre, Borgo Panigale a choisi le talent brut et l’avenir au détriment de la loyauté. Pecco Bagnaia était en sursis dès l’hiver dernier.

Ducati

 

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