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Marc Marquez

Le Grand Prix d’Italie a été bien plus qu’une simple course pour Marc Marquez ; ce fut une épreuve de survie. Dans les coulisses de l’équipe Ducati Lenovo, un échange candide avec son coéquipier Francesco Bagnaia a révélé l’étendue de la souffrance physique de l’octuple champion du monde, contraint de baisser de rythme face à un corps encore convalescent.

Vu de l’extérieur, le week-end italien de Marc Marquez ressemblait presque à un petit exploit. À peine dix-huit jours après son violent accident survenu lors de la course Sprint du Mans et après deux interventions chirurgicales qui ont encore fragilisé un corps déjà marqué par les blessures, le champion du monde en titre est revenu au Mugello avec une détermination intacte.

Le résultat brut est même plutôt flatteur. Cinquième du Sprint, cinquième du Grand Prix, meilleur pilote Ducati en qualifications : beaucoup auraient signé immédiatement pour un tel bilan dans ces circonstances. Mais derrière les chiffres se cachait une réalité beaucoup plus difficile.

Les images diffusées dans le dernier épisode de la série Inside Ducati Lenovo Team montrent en effet un Marc Marquez bien plus éprouvé qu’il ne l’a laissé paraître devant les caméras officielles.

Quelques minutes après l’arrivée, alors que les pilotes rejoignent le centre média, Francesco Bagnaia vient naturellement prendre des nouvelles de son équipier. Le triple champion du monde italien lui demande :« Ça allait à la fin ? Je veux dire, avec l’arrière ? »

Une question logique tant les derniers tours ont été compliqués pour plusieurs pilotes, notamment en raison de la chaleur étouffante qui régnait sur les collines toscanes. La réponse de Marquez est alors révélatrice. Sans détour. Sans chercher d’excuse. Avec cette franchise qui le caractérise souvent lorsqu’il évoque ses difficultés.

« J’ai abandonné à 10 tours de la fin… Je n’y arrivais pas. Oui, l’arrière a dérapé, mais c’était plus ma faute que celle du pneu. » Une phrase qui résume à elle seule toute la réalité de son retour. Le problème n’était pas la Ducati. Le problème n’était même pas les pneus. Le problème, c’était simplement son état physique.

Bagnaia, compatissant, Ogura l’avion de chasse

Le Mugello est déjà considéré comme l’un des circuits les plus exigeants du championnat. Ajoutez à cela des températures dépassant les 30 degrés et un pilote encore en pleine phase de récupération, et le cocktail devient rapidement explosif.

Bagnaia le comprend immédiatement. L’Italien, lui-même épuisé après avoir vu son avance fondre en fin de course, compatit aussitôt : « À la fin, par une telle chaleur, c’était extrêmement éprouvant physiquement. »

Le plus frappant reste toutefois que Marquez a continué à se battre malgré tout. Pendant une bonne partie de la course, il est resté au contact du groupe de tête, avant de progressivement céder du terrain lorsque les forces ont commencé à manquer.

Un scénario que Bagnaia avait d’ailleurs parfaitement identifié depuis sa propre moto. Marc le confirme lui-même quelques instants plus tard :« J’ai vu que tu étais en difficulté… »

Mais la conversation entre les deux pilotes Ducati prend ensuite une tournure inattendue. Car s’il y a un homme qui a surpris tout le monde dans les derniers tours du Grand Prix d’Italie, c’est bien Ai Ogura.

Longtemps installé autour de la septième position, le pilote japonais de TrackHouse a soudainement trouvé un second souffle. Tour après tour, il s’est rapproché du groupe Ducati avant de dépasser successivement Pedro Acosta, Fabio Di Giannantonio et Marc Marquez lui-même.

Puis, dans un ultime effort, il a même tenté d’arracher le podium à Bagnaia dans le dernier virage.

Le pilote italien s’en est finalement sorti grâce à un freinage magistral, mais l’impression laissée par Ogura était énorme. Et manifestement, elle n’a pas échappé aux deux champions du monde Ducati.

Bagnaia, encore surpris par ce retour fulgurant, lâche : « Ogura m’a dépassé, il avait quatre secondes de retard ! » Marquez acquiesce immédiatement avec un sourire presque incrédule : « Ogura m’a dépassé aussi ; il était comme un avion ! »

Une image qui résume parfaitement la sensation ressentie depuis la piste. Car si le Mugello a confirmé la montée en puissance d’Aprilia, il a également permis à Ai Ogura de signer l’une des performances les plus remarquées du week-end.

Pour Marc Marquez, en revanche, la leçon est ailleurs. Son retour est réussi. Mais cette confession en coulisses confirme ce que beaucoup soupçonnaient déjà : le champion espagnol est encore loin de son meilleur niveau physique.

Et lorsque lui-même reconnaît avoir dû « abandonner » mentalement et physiquement dix tours avant l’arrivée, on comprend mieux pourquoi sa cinquième place ressemble finalement davantage à une victoire qu’à une déception.

La prestation de Marquez au Mugello, bien que frustrante pour lui, reste une prouesse athlétique. Mais cet aveu marque aussi le début d’une nouvelle ère pour l’Espagnol : celle où, pour gagner, il devra non seulement dompter ses adversaires, mais aussi apprendre à gérer ses limites physiques avec la sagesse qu’il n’avait pas forcément à ses débuts.

 

 

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