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Passer du statut de vice-champion du monde en 2025 à celui de chasseur de top 8 en 2026 est une pilule amère. Pour Alex Marquez, le début de saison n’est pas une question de malchance, mais un exercice mental de réalisme. Huitième au classement avec 28 points, le cadet de la fratrie ne cherche plus d’excuses : il affronte la crise Ducati de front.

Il n’a pas cherché sur GPOne à enjoliver. Pas de langue de bois, pas de faux espoirs, encore moins de discours marketing. Alex Marquez a choisi un mot, un seul, pour résumer son début de saison : « l’acceptation ». Et derrière cette simplicité apparente, se cache une réalité beaucoup plus dérangeante pour Ducati.

Après une saison 2025 exceptionnelle conclue à la place de vice-champion du monde, le retour à la réalité est brutal. Huitième du championnat, déjà à plus de 50 points du leader, le pilote Gresini ne fuit pas ses responsabilités. Il les assume.

« J’ai dû accepter une situation, des positions, auxquelles je n’étais pas habitué l’an dernier… c’est une situation différente, il faut l’accepter et travailler. »

Ce n’est pas seulement un aveu de difficulté. C’est un changement de posture. Alex Marquez n’est plus dans la dynamique ascendante. Il est en phase de résistance.

Tout bascule dès la Thaïlande. Zéro point. Une claque. « Le premier Grand Prix a été un choc… Prenons un moment pour réfléchir, analysons la situation. »

Dans un MotoGP où tout va vite, ce moment d’arrêt est révélateur. Là où certains s’enfoncent, lui choisit l’autocritique. Presque une démarche d’ingénieur appliquée à lui-même.

Alex Marquez

Ducati GP26 : une moto qui ne parle pas à Alex Marquez

Mais le problème ne vient pas uniquement du pilote. Il vient aussi de la machine. « Tout me paraît moins naturel, plus forcé. »  Cette phrase est clé.

Elle traduit une rupture entre l’homme et la moto. Et en MotoGP, cette rupture est fatale. Une Ducati qui demande à être “pilotée contre nature”, ce n’est plus une référence. C’est une contrainte.

Et pendant que Ducati doute, Aprilia impose son tempo. Alex Marquez ne cherche même pas à minimiser : « les Aprilia sont plus performantes que nous… ce n’est pas un seul pilote, mais toute l’équipe de la marque. »

Ce n’est plus une surprise. Ce n’est plus une anomalie. C’est une tendance. Et surtout, ce n’est pas réversible à court terme.

Dans le paddock, une idée circule toujours : “le championnat commence en Europe, à Jerez”. Alex Marquez n’y croit pas une seconde : « dire que le championnat commence à Jerez… c’est faux. J’ai environ 50 points de retard… le championnat a déjà commencé. »

Une phrase qui claque. Et qui dit tout. Le MotoGP moderne ne pardonne plus les débuts ratés. Il n’y a plus de “reset”.

Malgré tout, Marquez refuse d’enterrer son camp : « Ducati a la capacité et, surtout, le mental pour renverser la situation. »

C’est peut-être la seule lueur d’espoir. Mais elle repose davantage sur une culture de la gagne que sur une supériorité technique actuelle. Et c’est bien là le problème.

Ce qui rend son discours si intéressant, c’est cette dualité permanente entre la lucidité totale sur la situation, le refus de sombrer dans le fatalisme et la reconnaissance de ses limites… sans abandon de ses ambitions.

Au fond, Alex Marquez ne parle pas seulement de lui. Il décrit un MotoGP qui a changé : une technologie plus exigeante, une hiérarchie mouvante et une marge d’erreur quasi inexistante. Et surtout, un championnat où même les meilleurs doivent parfois… accepter.

Alex Marquez aborde la tournée européenne avec une lucidité désarmante. S’il veut transformer son « acceptation » en victoires, il devra impérativement dompter la GP26 dès les essais de Jerez. Le temps presse : la concurrence n’attend plus, et les places en usine pour 2027 se négocient déjà maintenant.

Alex Maquez

 

 

 

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