Nikola Tsolov domine la Formule 2, mais traînerait toujours les conséquences financières de son ancienne collaboration avec l’agence de Fernando Alonso. Pendant que l’élève accélère vers la F1, le mentor s’apprête à disputer les qualifications du Grand Prix de Hongrie au volant d’une Aston Martin lourdement remaniée… et toujours désespérément lente.

Tsolov prend de la hauteur, Alonso cherche encore l’adhérence
Il existe des week-ends où le chronomètre et l’actualité s’accordent avec une cruauté presque artistique. À Budapest, Fernando Alonso voulait présenter la renaissance d’Aston Martin. Le voilà surtout contraint de défendre, indirectement, sa réputation de mentor.
D’un côté, une monoplace couverte de nouveautés mais installée au fond du classement. De l’autre, Nikola Tsolov, ancien protégé de l’Espagnol, actuel leader de la Formule 2 et possible futur candidat à un baquet chez Racing Bulls. Entre les deux, une histoire de contrat prétendument draconien et une facture qui, selon certaines affirmations, continuerait de poursuivre le Bulgare.
Tsolov gagne des courses, mais rembourserait encore son avenir
Avant de rejoindre le programme junior de Red Bull en 2025, Nikola Tsolov avait été accompagné par A14 Management, l’agence fondée par Fernando Alonso. Le double champion du monde avait participé à l’ascension du Bulgare depuis les catégories inférieures, lui offrant conseils, encadrement et visibilité.
Mais selon le journaliste allemand Ralf Bach, cette généreuse rampe de lancement aurait été équipée d’un péage particulièrement coûteux. Il affirme qu’Alonso aurait conclu avec le jeune pilote un contrat « impitoyable et cupide », au point que Tsolov serait encore endetté après avoir quitté l’agence. Red Bull aurait ensuite dû intervenir pour l’aider à assainir sa situation financière.
L’accusation est spectaculaire. Peut-être même un peu trop confortable dans un paddock qui adore transformer les clauses contractuelles en romans financiers. Aucun contrat n’a été rendu public et aucune preuve détaillée ne permet, à ce stade, d’établir les sommes évoquées. A14 Management n’avait pas répondu aux sollicitations rapportées dans le texte initial. Il serait donc prématuré de transformer Alonso en banquier impitoyable sur la seule foi d’un témoignage.
Mais l’ironie demeure : l’agence créée pour « maximiser le potentiel » de jeunes pilotes se retrouve accusée d’avoir maximisé autre chose.
Sportivement, Tsolov ne donne pas franchement l’impression d’un pilote écrasé par les événements. Pour sa première saison complète en Formule 2, le pilote Campos et membre du Red Bull Junior Team mène le championnat avec 161 points, soit 27 longueurs d’avance sur Gabriele Minì avant les courses de Budapest.
À 19 ans, le Bulgare possède donc ce que Fernando Alonso et Aston Martin cherchent encore en 2026 : une trajectoire clairement ascendante.
Le contraste est d’autant plus cruel que l’AMR26 profondément revue devait précisément profiter du Hungaroring pour sortir de sa torpeur. Nouvelle carrosserie, travail aérodynamique majeur, réduction du poids et modifications étendues : Aston Martin n’avait pas apporté une simple retouche de maquillage, mais pratiquement une deuxième version de sa monoplace.
Martin Brundle l’avait pourtant trouvée séduisante depuis le bord de la piste : « Elle semblait bien équilibrée ; elle ne bougeait pas trop. »
C’est le problème avec les belles voitures : le chronomètre, cet être grossier, refuse obstinément de noter l’élégance.
Trois séances, trois rappels à la réalité pour Alonso
En EL1, Charles Leclerc a dominé en 1’19’’075, devant Max Verstappen à 0’’484 et Lewis Hamilton à 0’’543. Alonso n’a obtenu que la 13e place, à 2’’475, tandis que Lance Stroll terminait 21e après une défaillance de suspension qui a prématurément interrompu son travail.
En EL2, Ferrari a encore imposé son rythme. Hamilton a signé le meilleur temps en 1’18’’729, devançant Leclerc de 0’’148 et Lando Norris de 0’’499. Alonso, seul représentant d’Aston Martin puisque la voiture de Stroll n’avait pas pu être réparée à temps, a chuté à la 19e position, à 2’’990.
Et la troisième séance, celle qui devait enfin confirmer les bienfaits du grand chantier de Silverstone, n’a guère amélioré le tableau.
Norris a pris les commandes en 1’17’’939, seulement 0’’117 devant Hamilton et 0’’129 devant Kimi Antonelli. Leclerc s’est classé quatrième, Piastri cinquième, Russell sixième et Verstappen septième. Trois écuries semblent pouvoir se mêler à la lutte pour la pole ; Aston Martin, elle, semble surtout candidate à une élimination rapide.
Alonso a terminé 17e, à 2’’454 de Norris. Stroll s’est classé juste derrière lui, 18e à 2’’994. Les deux Aston Martin devancent principalement les Cadillac et les Williams, ce qui n’était probablement pas le nouveau monde promis lors du déballage des pièces.
Alonso face à une double qualification
Les qualifications débuteront ce samedi à 16 heures à Budapest. Norris, Hamilton et Antonelli étant regroupés en 0’’129, la pole devrait se jouer sur quelques détails. Pour Alonso, l’objectif sera déjà beaucoup plus modeste : survivre à la Q1 sans que les seize nouveautés d’Aston Martin ne deviennent seize excellentes raisons supplémentaires de demander du temps.
Le parallèle avec Tsolov est finalement peu flatteur. Le jeune pilote serait encore en train de rembourser le prix de sa formation, mais il mène son championnat. Alonso, lui, possède l’expérience, l’influence, une usine flambant neuve et une voiture reconstruite autour des idées d’Adrian Newey. Pourtant, il continue de rembourser chaque samedi les promesses accumulées par Aston Martin.
Il faudra davantage qu’une carrosserie élégante et quelques commentaires rassurants pour renverser la tendance. Car à Budapest, l’élève avance vers la Formule 1 pendant que le mentor risque encore de regarder la Q2 depuis son garage.
FP3 CLASSIFICATION
So close between the top three 👀
Don't miss qualifying! #F1 #HungarianGP pic.twitter.com/A8XWa7LkNw
— Formula 1 (@F1) July 25, 2026









