Leader incontesté du Championnat du monde Moto3 avec 231
points, Maximo Quiles compte désormais 104
points d’avance sur Brian Uriarte et 115 sur Álvaro Carpe :
Interview…
Par Manuel Pecino / Motosan.es
Deuxième du Grand Prix d’Allemagne après s’être élancé de la
quatrième place sur la grille, le pilote du CFMoto Aspar Team
aborde sereinement la seconde moitié de saison.
À cette occasion, il a répondu à une série de questions-réponses
sans détour.
Vous commencez à faire beaucoup d’interviews. Comment le
vivez-vous ?
« Pour le moment, je le vis très bien. J’aime faire des interviews
et discuter. Évidemment, en MotoGP c’est encore un autre niveau,
ils passent leur temps à répondre aux médias, donc je les comprends
aussi. Mais moi, je continuerai à faire des interviews avec
plaisir. »
Vous aimez le football ?
« Oui, j’aime bien aussi. En ce moment, je regarde la Coupe du
monde. Je ne suis pas vraiment le football toute l’année, mais
quand il y a une Coupe du monde, un Championnat d’Europe ou la
Ligue des champions, je les regarde toujours. »
Vous pilotez avec énormément d’intensité. Vous vous
entraînez de la même façon ?
« J’aimerais pouvoir faire pareil à moto, mais le règlement ne nous
autorise pas à nous entraîner avec une Moto3. Il faut donc essayer
de s’en rapprocher le plus possible. En revanche, quand je vais à
la salle de sport ou faire du vélo, je donne toujours tout, à fond.
»
Et lorsque vous roulez à moto ?
« Pareil. Par exemple, l’autre jour, sur le circuit Aspar, j’y suis
allé à fond. Je voulais battre le record et j’ai roulé en 10″4. Je
ne sais pas si c’est le record, mais je pense que j’en étais
proche. Ça m’a vraiment motivé avant Brno, où je suis parti avec
l’envie de tout donner. »
Vous connaissez vos adversaires depuis l’enfance. Avec
lesquels avez-vous commencé ?
« Celui avec qui j’ai le plus couru étant petit, c’est Brian
Uriarte. On se connaît depuis les 110 cc. Avec Álvaro Carpe, on
s’entraîne ensemble depuis les minimotos, depuis l’âge de quatre
ans. On a commencé pratiquement en même temps. Je connais Álvaro
depuis que j’ai cinq ans, mais celui avec qui j’ai réellement
commencé à courir régulièrement, c’était Brian. Álvaro étant un an
plus âgé que moi, il évoluait toujours dans la catégorie
supérieure. »
Après toutes ces années ensemble, connaissez-vous
parfaitement la façon de piloter de chacun ?
« Oui, on finit par connaître les habitudes de chacun. On sait plus
ou moins ce que tel pilote va faire ou ce que l’autre fait
habituellement. Ils peuvent toujours nous surprendre, bien sûr,
mais comme on se connaît depuis tout petits, on sait généralement
comment chacun roule. »
Vous tenez compte des points forts de chacun
?
« Parfois, tout change quand on monte de catégorie. Brian ou Álvaro
peuvent modifier leur style de pilotage, devenir meilleurs dans
certains domaines. C’est difficile à prévoir. En revanche, sur le
plan de la personnalité et de leur façon de piloter, je les connais
très bien. Je sais généralement ce qu’ils vont tenter dans le
dernier tour. »
Préparez-vous une course en fonction de vos rivaux ou
seulement de votre propre stratégie ?
« J’essaie surtout de faire ma propre course. Je pense à moi, parce
que je ne peux pas contrôler ce que font les autres. À Brno, par
exemple, j’étais deuxième et je voulais dépasser Hakim, mais
Almansa m’a doublé dans la montée. Je ne pouvais rien faire contre
ça. Ça m’a contrarié, mais j’ai essayé de tirer le maximum de la
situation et j’ai réussi à monter sur le podium. »
Vous partez donc avec un plan établi ?
« Oui. On en parle avec Nico Terol. On envisage plusieurs scénarios
: si je suis devant, est-ce que je prends la tête ou pas ? Si la
course reste en groupe, qu’est-ce que je fais ? Mais on essaie
aussi de ne pas trop se compliquer la tête. J’en discute avec Nico,
mais surtout avec Dani Barba, Álvaro, ainsi qu’avec mes mécaniciens
Javi et Salva. Les échanges principaux sont avec Dani et Álvaro,
car ce sont les techniciens, et j’aime préparer la course avec eux.
»
Existe-t-il une véritable école murcienne ?
« Quand j’étais petit, je me suis entraîné dans l’école de Pacote.
C’était l’école de la LEM (Liga Española de Motociclismo). On
s’entraînait à Carthagène. Il y avait Pedro Acosta, Fermín Aldeguer
et moi. On faisait des exercices entre des cônes pour apprendre.
J’avais cinq ans. C’est de là que nous sommes un peu tous sortis.
Ensuite, chacun a suivi sa propre route. Moi, je suis rapidement
parti m’entraîner de mon côté. »
Comment vivez-vous une semaine sans Grand Prix
?
« D’un côté, j’ai toujours envie d’aller courir. Mais d’un autre,
j’aime aussi déconnecter. Enchaîner les courses en permanence n’est
pas forcément une bonne chose. Après ces deux Grands Prix
consécutifs, je vais rentrer chez moi, rester tranquille. J’aime
couper un peu, surtout en été. »
Peut-on avoir de vrais amis dans cette catégorie
?
« Oui. Avec Álvaro, je m’entends très bien. Brian, je le connais
depuis tout petit. Bien sûr, nous sommes rivaux sur la piste. Mais
être rival ne veut pas dire qu’on ne peut pas être amis. En dehors
des circuits, on rigole ensemble. On n’est pas les meilleurs amis
du monde, c’est normal, mais il y a une bonne relation entre nous.
»
Fermín Aldeguer ou Pedro Acosta ?
« Je m’entends vraiment très bien avec Fermín. J’aime beaucoup sa
personnalité. Et il est très drôle. »
Est-il vrai que sans les Márquez vous auriez dû arrêter
votre carrière ?
« Ils m’ont énormément aidé, c’est vrai. J’ai commencé la Talent
Cup et tout coûtait très cher. Ma famille vit correctement, mais
nous n’avons pas les moyens de financer ce sport sans aide. Nous
avons eu la chance de rencontrer Juanan, le propriétaire de Gas24.
Nous sommes devenus amis avec lui et avec son fils. Ce sont eux qui
m’ont ouvert les portes en me disant :
« Là où tu iras, nous irons avec toi et nous
t’aiderons. »
Ils m’ont énormément soutenu financièrement. L’équipe Gas Racing
Team a ensuite été créée pour son fils et pour moi. Ils m’ont
accompagné depuis 2019-2020 jusqu’à aujourd’hui. Ensuite, Marc
Márquez est également arrivé et m’a beaucoup aidé. Mais les
premiers à m’avoir soutenu ont été Juanan et sa famille. »
Qu’aimez-vous le moins dans les courses, en dehors des
chutes et des blessures ?
« Honnêtement, je prends du plaisir dans presque tout. Ce que
j’aime le moins, c’est quand il n’y a pas beaucoup de public. En
Hongrie, par exemple, les tribunes étaient presque vides. Ça fait
une drôle de sensation. J’aime l’ambiance, voir des spectateurs,
sentir la passion. C’est un peu triste, mais j’espère que
l’affluence continuera à augmenter. »
Que faites-vous après les essais ?
« Je me promène un peu. Je vais aussi chez le kiné pour récupérer.
Et puis je plaisante avec toute l’équipe. Je les taquine un peu.
L’ambiance est toujours très détendue. »
Que signifie pour vous être un pilote du groupe Vertical
?
« C’est un honneur d’être aux côtés de Marc et Álex. Ils ont
énormément d’expérience et ils m’ont beaucoup aidé. En plus de
l’aide de Juanan dont je parlais, Marc m’a également soutenu
financièrement. Mais ce que j’apprécie le plus, c’est tout ce que
j’apprends auprès d’eux et l’expérience qu’ils partagent. Au début,
quand j’étais encore en Talent Cup et que j’étais plus jeune, ils
me grondaient souvent pour que je reste concentré. Aujourd’hui, ils
savent que je suis devenu plus mature. Ils me passent encore un
savon de temps en temps, mais maintenant, ils m’ont plus ou moins
sous contrôle. »
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Motosan.es
Texte et photo : Manuel Pecino Interview Maximo Quiles Interview Maximo Quiles
Interview Maximo Quiles










