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Massimo Rivola

Le Grand Prix de Catalogne 2026 restera gravé dans les mémoires comme l’un des week-ends les plus anxiogènes de l’ère moderne du MotoGP. Face au double drapeau rouge, aux évacuations sanitaires d’Alex Marquez et Johann Zarco, et au chaos ambiant, les langues se délient dans le paddock. Exemple avec Massimo Rivola. 

Interrogé en direct depuis la voie des stands, le très respecté PDG d’Aprilia Racing, Massimo Rivola, a troqué sa casquette de manager pour livrer un plaidoyer poignant sur la sécurité. S’il a d’abord rappelé la réalité du danger encouru par les pilotes, l’Italien a surtout pointé du doigt les failles du règlement sportif et réclamé des sanctions immédiates et drastiques de la part de la direction de course.

Profondément marqué par la violence des images du dimanche, Massimo Rivola a d’abord tenu à remettre l’église au milieu du village concernant le statut des pilotes de la grille : « Un jour comme à Barcelone nous fait apprécier ce que ces pilotes font et combien nous le tenons pour acquis. Ce sont des héros qui risquent leur vie à chaque virage — il est facile d’oublier cela. »

C’est sur l’accident du 12e tour entre Pedro Acosta et Alex Marquez que Rivola a déclenché sa première salve offensive. Pour rappel, la KTM d’Acosta a subi une coupure moteur brutale en pleine ligne droite arrière, et Alex Marquez, lancé à pleine vitesse juste derrière, n’a absolument rien pu faire pour éviter l’impact terrifiant qui l’a envoyé s’encastrer dans le mur.

Bien que le problème d’Acosta soit purement technique, le patron d’Aprilia estime que le fait de pouvoir prendre un nouveau départ sur une moto de réserve est une hérésie sportive et sécuritaire :

« Dans une course normale, Acosta se serait retiré après avoir provoqué le drapeau rouge. Pour un pilote qui cause un drapeau rouge, même en raison d’un problème technique échappant à son contrôle, il ne devrait pas avoir une autre chance de courir. Je n’ai rien contre Pedro ; Dieu nous en préserve, mais la collision impliquant Alex était inévitable. »

Massimo Rivola

Le crash de Zarco : L’appel de Massimo Rivola à une direction de course beaucoup plus stricte

Le patron de la compétition à Noale s’est montré encore plus alarmé par le second crash survenu immédiatement après la relance au Virage 1, impliquant Johann Zarco, Luca Marini et Pecco Bagnaia. Un enchevêtrement effroyable où le Français est resté coincé sous la machine officielle Ducati.

Pour Rivola, ce second accident est le fruit d’un trop-plein d’agressivité et d’un manque de lucidité flagrant des pilotes qui ont oublié le drame survenu à peine vingt minutes plus tôt :

« La chute de Zarco était pire. Je m’attendais à une approche plus prudente de la part des pilotes après l’accident d’Alex. Mon appel est pour une direction de course plus stricte pour la sécurité des pilotes. Nous aspirons à l’excitation, au spectacle, mais certains accidents découlent d’un désir écrasant de pousser immédiatement après de tels incidents. »

La position de Massimo Rivola va forcément faire grincer des dents chez les promoteurs du championnat (Dorna) et à la FIM, mais elle est d’une logique implacable. En MotoGP, la règle actuelle permet à un pilote responsable d’une interruption de sauter sur sa deuxième moto dans les stands et de repartir de sa position initiale comme si de rien n’était (ce qu’a fait Acosta avant de chuter dans le dernier tour).

En demandant l’exclusion pure et simple du « restart » pour quiconque provoque un drapeau rouge, Rivola veut instaurer une forme de jurisprudence psychologique : forcer les pilotes à rendre la main et à réfléchir aux conséquences de leurs actes. À l’aube du Grand Prix du Mugello, où les vitesses de pointe frôleront les 360 km/h au bout de la ligne droite, cet appel à une direction de course « à la poigne de fer » résonne comme un avertissement crucial pour éviter le drame de trop.

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