La Hongrie devait marquer le retour de Marc Marquez parmi les prétendants crédibles aux victoires. Mais elle a peut-être envoyé un message encore plus inquiétant pour ses adversaires. Car selon Davide Tardozzi, le pilote Ducati n’est toujours pas revenu à son meilleur niveau physique. Et pourtant, il vient de réaliser un week-end parfait.
Pole position. Victoire Sprint. Victoire au Grand Prix. 100e victoire de sa carrière. Difficile d’imaginer un retour plus spectaculaire. Pourtant, au sein même du box Ducati, personne ne considère que Marquez est revenu à son niveau maximal.
Davide Tardozzi a tenu à le rappeler immédiatement après l’arrivée : « Le plus important était que Marc soit de retour à 100 %, ce qui n’est pas le cas. Il a gagné, mais il n’est pas encore à 100 %. »
Une déclaration qui en dit long. Car si Marquez domine déjà certains week-ends tout en étant diminué, la question devient évidente : jusqu’où peut-il encore progresser ?
Depuis son retour au Mugello, Marc Marquez répète le même discours. Il refuse de parler du championnat. Il refuse de se considérer comme un candidat au titre. Et il insiste sur son état physique encore imparfait.
Mais Balaton Park représentait un contexte particulier. Comme l’avait lui-même expliqué avant le week-end, le circuit hongrois tourne majoritairement à gauche, exactement comme celui où il avait dominé l’an dernier.
Or ses principales difficultés actuelles concernent encore les appuis à droite, conséquence directe des séquelles de sa blessure nerveuse et de sa récente opération. La Hongrie constituait donc probablement l’un des circuits les plus favorables de son calendrier.

Ducati et Tardozzi refusent de sous-estimer Aprilia
Chez Ducati, l’euphorie est également tempérée par un autre élément. Le scénario de la course a été profondément modifié par le carambolage du premier virage. Marco Bezzecchi, Jorge Martin, Fabio Di Giannantonio, Fermin Aldeguer et Raul Fernandez ont été éliminés dès les premières secondes.
Pour Tardozzi, cela change forcément la lecture du résultat : « Nos adversaires sont très forts. Ils sont en tête du championnat avec deux pilotes très rapides. Aujourd’hui, ils ont vraiment manqué de chance. » Puis il ajoute : « Nous savons qu’ils n’étaient pas là et qu’ils auraient pu avoir la possibilité de monter sur le podium. » Autrement dit, Ducati considère toujours Aprilia comme la référence du championnat.
Le championnat est-il relancé ? C’est la question qui agite désormais tout le paddock. Avant la Hongrie, Marc Marquez comptait près de 100 points de retard sur Marco Bezzecchi. Après son doublé Sprint-Grand Prix et la chute simultanée des deux Aprilia officielles, l’écart est tombé à 72 points.
C’est encore énorme. Mais ce n’est plus impossible. Surtout lorsqu’il reste quinze Grands Prix à disputer. Le problème pour Marquez est que Bezzecchi continue de mener le championnat malgré son abandon. L’Italien conserve 20 points d’avance sur Jorge Martin et reste le pilote le plus régulier de la saison.
La Hongrie ne répond finalement qu’à une seule question : Marc Marquez est capable de gagner.
La prochaine étape consiste désormais à vérifier s’il peut reproduire ce niveau sur des circuits moins favorables physiquement. C’est précisément pourquoi Brno sera probablement plus révélateur encore que Balaton Park.
Si Marc Marquez s’impose de nouveau en République tchèque, il deviendra difficile de continuer à parler d’un simple retour progressif. On commencera alors à parler d’une remontée au championnat. Et c’est exactement ce que Ducati cherche à éviter pour l’instant.
Comme l’a résumé sur TNT Sports 2 Tardozzi : « Il faut se ressaisir, il reste encore 15 courses. C’est encore long. »
Le message est clair. La 100e victoire est historique. Mais chez Ducati, personne ne considère que le travail est terminé. Parce que Marc Marquez n’est toujours pas à 100 %. Et c’est probablement ce qui inquiète le plus ses adversaires.































