La colère de Fabio Di Giannantonio est à la hauteur de l’occasion qu’il estime avoir perdue. Alors que le Grand Prix de Hongrie aurait pu lui permettre de consolider sa troisième place au championnat, le pilote VR46 s’est retrouvé pris au piège du spectaculaire carambolage déclenché par Jorge Martin au premier virage. Une chute collective qui a également emporté Marco Bezzecchi, Raul Fernandez et Fermin Aldeguer, bouleversant totalement la course dès les premiers mètres.
Contraint de repartir après sa chute, Di Giannantonio a finalement terminé loin des positions qui semblaient à sa portée. Et à l’arrivée, le Romain n’a absolument pas cherché à masquer sa frustration.
« J’ai un peu mal au dos à la suite de la chute, mais ça va. Je me suis retrouvé par terre, et il n’y a pas grand-chose à dire. J’ai perdu 20 secondes et j’ai terminé 28e. J’aurais pu finir troisième, devant Bagnaia. »
Le pilote Ducati VR46 est convaincu d’avoir vu s’envoler un podium quasiment assuré. « Pendant les deux premiers tours, j’avais envie de vomir, parce qu’on mange une heure avant et puis on chute comme ça. Je savais que j’avais fait les bons choix, que j’avais choisi le bon pneu, mais ça s’est passé comme vous l’avez vu. Dommage… »

Di Giannantonio : « Les héros gagnent des courses, ils ne mettent pas cinq pilotes en danger »
Mais c’est surtout lorsqu’il évoque la responsabilité de Jorge Martin que le ton monte brutalement.
Alors que le champion du monde espagnol a perdu le contrôle de son Aprilia au freinage du premier virage avant de percuter son coéquipier Marco Bezzecchi, Di Giannantonio a du mal à calmer sa colère : « Évidemment, j’espère que tout le monde va bien, car Bezzecchi était coincé entre deux motos, Jorge était en dessous, et Fernandez a percuté Aldeguer de plein fouet. »
Puis vient la phrase qui résume toute sa pensée : « Ce sont les héros qui gagnent, pas ceux qui risquent de tuer cinq personnes. Il faut absolument faire quelque chose. » Une déclaration particulièrement forte dans un paddock déjà marqué ces dernières semaines par plusieurs discussions autour de la sécurité des départs.
L’accident de Balaton Park intervient alors même que le MotoGP prépare une série de modifications destinées à réduire les risques au premier virage. L’espacement accru entre les lignes de départ, déjà testé ce week-end, fait partie des pistes étudiées depuis l’accident impliquant Johann Zarco à Barcelone.
Et sur ce point, Di Giannantonio se montre totalement favorable aux changements. « C’est une idée plus que valable : puisqu’on n’y arrive pas facilement, il faudra faire autre chose. » Selon lui, le problème n’est plus seulement sportif. Il devient sécuritaire. « Ici, il ne s’agit pas de prendre des risques, mais de tuer des gens ; en fait, nous avons eu de la chance que les choses se soient passées ainsi. »
Une phrase lourde de sens sur GPOne. « Je rentre chez moi aujourd’hui en remerciant le Seigneur, car l’accident était vraiment grave. »
Au-delà des conséquences immédiates au championnat, cet épisode pourrait aussi laisser des traces dans les relations entre pilotes.
Jorge Martin est désormais impliqué pour la deuxième fois en quelques mois dans une collision majeure dès le premier tour avec son coéquipier Marco Bezzecchi. Après Barcelone, Aprilia avait pourtant réuni l’ensemble de ses pilotes afin de rappeler l’importance du respect mutuel en piste.
La Hongrie risque donc de rouvrir un dossier que le constructeur de Noale espérait refermer.
Pendant ce temps, Di Giannantonio repart avec seulement quelques points alors qu’il visait beaucoup plus gros. Et à entendre ses propos, ce n’est pas la chute qui le met le plus en colère. C’est l’idée qu’un départ de Grand Prix puisse encore ressembler à une loterie où un candidat au podium voit sa course détruite avant même le deuxième virage.































