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Di Giannantonio problème

Encore un week-end amer pour Fabio Di Giannantonio en Allemagne. Alors, certes, il a pris les points de la troisième place en Sprint après s’être qualifié à la même position. C’est louable, surtout face à de très bons adversaires qu’étaient les pilotes Trackhouse. Mais le dimanche, il laisse passer une occasion de rentrer pleinement dans la course au titre. Encore une fois, c’est lié au même problème.

 

Le problème récurrent de Di Giannantonio

 

Vous le savez, j’adore ce pilote. J’aime ses dépassements précis et propres, j’aime son caractère ambitieux et affirmé. Cependant, je dois reconnaître que je suis particulièrement déçu de le voir peiner, encore et encore, dans les premiers mètres.

 

Di Giannantonio problème

Pour moi, en termes d’habilités au guidon, il est en haut du panier. Photo : Michelin Motorsport

 

Tant qu’il ne réglera pas ce problème, il ne pourra pas prétendre au titre mondial MotoGP, ni même rentrer dans la bataille pour le top 3. À chaque course, il perd au moins une position dès l’entame, et cela se manifeste de plusieurs manières différentes. Soit il peine à s’envoler de la grille – ce qui s’est passé le dimanche en Allemagne –, soit il peine à s’affirmer dans les premiers virages, en tenant fermement une trajectoire quitte à aller au contact – ce qui s’est passé le samedi. Parfois, c’est les deux.

Du coup, il est constamment contraint à l’exploit, et une fois qu’il est trop distancé, il s’expose à des difficultés encore plus grandes. Voici pourquoi il est toujours en position d’attaquer, pourquoi il est toujours le chasseur – et pourquoi on peut admirer ses dépassements. C’est aussi ce qui exacerbe sa vitesse en fin de course, car il est toujours timide sur les premiers tours, puis gagne en confiance pour atteindre son plein potentiel un peu plus tard. C’est un profil à mon avis différent d’Ai Ogura, qui, lui, économise réellement ses pneus avec une philosophie singulière.

Alors, forcément, parfois, ça passe inaperçu, comme à Assen. Pour rappel, Diggia était proche de la dixième position à l’issue du premier tour aux Pays-Bas, et n’a fait que remonter jusqu’au quatrième rang. Mais au Sachsenring, par exemple, sur une piste qui lui est plutôt récalcitrante, c’est éliminatoire.

 

L’exemple du Sachsenring

 

Il est très difficile de doubler sur les collines allemandes. Avec des motos aussi appuyées, les dépassements sont très risqués ; d’ailleurs, le samedi, dans le top 5, j’ai compté seulement deux manœuvres : « Diggia » sur Raul Fernandez en début de course pour reprendre son dû, et Ai Ogura sur ce même Fernandez. Le top 3 est arrivé dans l’ordre, et le top 5 était composé des mêmes pilotes qu’au terme de la Q2. Rajoutons à cela la nouvelle configuration de grille, plus aérée, qui rend plus complexes les dépassements au tout premier virage.

Di Giannantonio, en laissant l’avantage aux pilotes Trackhouse au départ, s’est mis dans une position délicate, puisqu’il allait devoir prendre des risques pour retrouver sa place initiale. Et puis, suivre est aussi compliqué que dépasser d’après Pedro Acosta, notamment à cause des turbulences. Dimanche, cette configuration fut fatale aux espoirs de « Diggia », car bloqué derrière les satellites Aprilia, il chuta, sans comprendre pourquoi d’ailleurs. Voilà comment un départ raté peut influencer tout un week-end.

 

Di Giannantonio problème

Il faut dire qu’il avait fait un pari audacieux : adopter l’aéro 2026 le dimanche d’un GP. Ça s’est soldé par deux chutes (warm-up et course), mais il affirmait que ça n’avait aucune incidence. Photo : Michelin Motorsport

 

Je suis prêt à parier que s’il avait conservé la troisième place à l’entame, il aurait pu suivre Alex Marquez plus tranquillement ; on a vu, samedi, qu’il avait plus de rythme qu’Ogura et Fernandez.

Conclusion : le fait de se retrouver à devoir attaquer et remonter en permanence ne lui laisse aucun répit, il ne peut jamais gérer ses épreuves alors qu’il a déjà montré, à de rares occasions, qu’il sait le faire. Diggia est constamment sous tension, à devoir prendre un risque qu’il ne peut jamais déléguer à un autre pilote derrière lui.

 

Une différence majeure

 

Ce que je viens d’expliquer est, en gros, la différence entre un outsider et un contender, ou, en Français, un pilote qui peut multiplier les exploits dans une année sans se poser de questions (Crutchlow 2013, Bastianini 2022, Bezzecchi 2023, Binder 2023…) et un prétendant (Alex Marquez 2025, Jorge Martin 2024…). En général, un outsider peut chuter, car il sait qu’il peut gagner en contrepartie. Le problème avec Di Giannantonio, c’est qu’il a la régularité d’un prétendant, mais sans la capacité de briller fréquemment, en grande partie à cause de ses départs.

C’est pour cette raison que j’affirme, aujourd’hui, qu’il ne pourra pas rivaliser avec les Marquez et autres Martin qui, eux, parviennent à se faciliter la tâche. Alors, plus que vous sans doute, j’espère qu’il corrigera cela en deuxième partie de saison, car la physionomie de cet exercice fait qu’il est cinquième du général, certes, mais à seulement 24 points du leader. Je crois que c’est malheureusement plus profond que ça, et je doute qu’il y parvienne en si peu de temps.

Partagez-vous cette analyse sur Fabio Di Giannantonio, et de son problème ? Dites-le-moi en commentaires !

 

Il avait déjà chuté ici en 2025, alors qu’il se dirigeait vers la deuxième place. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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