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Massimo Rivola, patron d’Aprilia, a critiqué Jorge Martin après l’accident de Hongrie. « Une erreur qu’un champion ne devrait pas faire. » Puis, il a changé de ton. Selon Simon Patterson, le manager a pris conscience des circonstances. Jorge Lorenzo, invité du podcast Duralavita, a dénoncé une humiliation publique. « En tant que pilote, j’aurais trouvé cela vraiment difficile à supporter. » Il a comparé avec Ducati. « Peux-tu imaginer Tardozzi ou Dall’Igna parler mal de Bagnaia ? » La polémique, enfle. Aprilia et sous tension.

Massimo Rivola a-t-il parlé trop vite ? Quelques minutes après le spectaculaire carambolage provoqué par Jorge Martin au départ du Grand Prix de Hongrie, le patron d’Aprilia n’avait pas mâché ses mots. Face aux caméras, l’Italien avait directement pointé son pilote du doigt.

Selon lui, un champion du monde ne devait tout simplement pas commettre une erreur de cette nature. Une sortie médiatique particulièrement remarquée dans le paddock. Mais à peine quelques heures plus tard, le ton semblait déjà bien différent.

Le départ du Grand Prix de Hongrie a tourné au cauchemar pour Aprilia. En bloquant l’avant de sa RS-GP à l’entrée du premier virage, Jorge Martin a entraîné dans sa chute Marco Bezzecchi, Raul Fernandez et Fermin Aldeguer. Une catastrophe sportive. Une catastrophe comptable aussi.

Car pendant qu’Aprilia repartait bredouille, Marc Marquez profitait de la situation pour réduire considérablement son retard au championnat. Sous le coup de la frustration, Massimo Rivola avait alors publiquement recadré son pilote. Une prise de position inhabituelle pour un directeur d’équipe à l’égard de son propre pilote, champion du monde 2024.

Rivola

« Les deux interviews très différentes » de Rivola et une relation toujours sous tension depuis l’incident avec Bonora à Barcelone

Pourtant, selon plusieurs observateurs présents à Balaton Park, Rivola aurait rapidement nuancé sa position. Le journaliste Simon Patterson, intervenant dans le podcast The Race MotoGP, estime même que le patron d’Aprilia s’est rendu compte qu’il était allé trop loin.

« Mon interprétation est un peu différente après avoir parlé à beaucoup de gens dans le paddock », explique Patterson. « Je pense que Rivola s’est un peu calmé entre ses déclarations à la télévision, qui étaient assez spontanées, et la prise de conscience que Martin avait fait une bêtise, mais je ne pense pas qu’il ait fait quelque chose d’aussi insensé que certains le laissent entendre. »

Selon lui, l’évolution est évidente. « Les deux interviews étaient très différentes. Les interviews télévisées, comparées à ses échanges avec la presse écrite, étaient très différentes en termes de ton. »

Au fil des heures, plusieurs voix se sont d’ailleurs élevées pour relativiser la responsabilité du pilote espagnol. Pecco Bagnaia a évoqué l’état du nouvel asphalte du premier virage. D’autres ont rappelé que les départs extrêmement agressifs constituent précisément l’une des grandes forces de Jorge Martin depuis son arrivée chez Aprilia.

« J’ai l’impression qu’il a essayé de faire ce qu’il fait d’habitude, mais que ça a mal tourné », estime Patterson. « Peut-être que Rivola s’en est rendu compte en analysant les circonstances et s’est un peu calmé. »

Mais la critique la plus sévère est venue d’un autre champion du monde : Jorge Lorenzo. L’Espagnol a ouvertement remis en cause la manière dont Aprilia a choisi de gérer l’incident. « En tant que pilote, j’aurais personnellement trouvé cela vraiment difficile à supporter ; j’ai l’impression de ne pas avoir le soutien émotionnel », a-t-il déclaré dans le podcast Duralavita MotoGP.

Pour Lorenzo, le problème dépasse largement l’erreur de pilotage. Il concerne la manière dont un constructeur protège — ou non — son pilote vedette. « Peux-tu imaginer Tardozzi ou Gigi Dall’Igna parler mal de Bagnaia parce qu’il a mal jugé son freinage et a éliminé Marc ? » Une comparaison qui fait mal. Et qui souligne l’une des questions désormais centrales du paddock : Aprilia a-t-elle fragilisé publiquement son propre champion du monde ?

Cette polémique intervient dans un contexte déjà délicat. Quelques semaines plus tôt à Barcelone, Jorge Martin avait déjà créé la controverse en bousculant Paolo Bonora après une course frustrante. Même si le pilote s’était ensuite excusé, cet épisode avait laissé des traces.

Pour Lorenzo, cet incident reste d’ailleurs plus grave que l’erreur de Hongrie. « Je pense que le comportement de Martin dans la voie des stands à Barcelone était une plus grande erreur que celle du dimanche en Hongrie. »

Reste qu’aujourd’hui, c’est surtout Aprilia qui se retrouve sous le feu des critiques. Et si le principal enseignement de Balaton Park n’était finalement pas le crash de Jorge Martin… Mais la manière dont son propre patron a choisi de le gérer avant de revenir discrètement sur ses propos ?

Jorge Lorenzo

 

 

 

 

 

 

 

 

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