Nicolò Bulega rend tout le monde fou en Superbike : à Misano, il a encore fait le plein, trois victoires sur trois, en surclassant ses adversaires. Ces derniers ont disparu de la scène, tout comme une bonne partie des spectateurs.
Par Paolo Gozzi / Corsedimoto.com
Ce championnat, dominé par un seul homme et marqué par l’omniprésence de Ducati, a déjà livré son verdict. Le problème, c’est que nous ne sommes qu’en juin et qu’il reste encore cinq manches d’ici fin octobre. On pourrait presque passer directement à l’année prochaine, lorsque Bulega sera en MotoGP et que (peut-être) les organisateurs trouveront un moyen de contenir, sur le plan réglementaire, la supériorité technique de Ducati.
Copier-coller
Autrefois, le Superbike était le championnat le plus disputé, où tout pouvait arriver à chaque virage. Aujourd’hui, toutes les courses se ressemblent. La dernière “bataille” (si l’on peut dire…) à Misano a suivi exactement le même scénario que celle de samedi. Iker Lecuona, l’autre pilote officiel Ducati, a une nouvelle fois pris le meilleur départ depuis la pole devant Bulega. Samedi, la surprise avait duré quatre virages. Cette fois, Lecuona a résisté un demi-tour, mais cela a été encore pire : Nicolò a tenté un dépassement d’un niveau de talent exceptionnel dans le rapide curvone, l’un des passages les plus spectaculaires du circuit.
Ce sont des manœuvres de champion, faites pour rappeler qui commande. Elle a d’ailleurs rappelé son dépassement éclair à la chicane d’Assen, deux mois plus tôt. Lecuona, deuxième pour la dix-huitième course consécutive, a parfaitement compris le message.
Les statistiques ne suffisent pas en Superbike
À chaque fois, il faut égrener les statistiques toujours plus impressionnantes de Nicolò Bulega. Cette année, il a tout gagné (21 sur 21), auxquelles s’ajoutent les quatre dernières courses de la saison passée. Total : 25 victoires consécutives. Dans un mois, à Donington, il pourrait dépasser les 27 succès en une saison d’Álvaro Bautista en 2023.
Au passage, il a déjà égalé les 21 victoires de Toprak Razgatlioglu, réalisées il y a deux ans avec BMW. Lors des deux saisons précédentes à Misano, le Turc s’était toujours imposé, avec Bulega cinq fois deuxième. « Sans moi, vous allez vous ennuyer », avait-il prédit. Les chiffres sont impressionnants, mais peinent à susciter l’enthousiasme.
Lecuona se manque, Bassani chute
L’Espagnol a tenu cinq tours avant de tirer tout droit à l’entrée du virage du Carro, mettant fin au peu de suspense restant. La plus grosse erreur de l’après-midi revient toutefois à Axel Bassani : solidement installé à la troisième place, il a chuté à la Quercia à cinq tours de l’arrivée. Dommage, car voir la Bimota sur le podium aurait eu une saveur particulière.
Ducati ne laisse que des miettes, et ne pas en profiter est presque impardonnable. Yari Montella en a hérité, pour un podium strictement identique aux deux courses précédentes. Ainsi soit-il.































