Moto GP Street
Publié le 30 juillet 2026 • 18:00 par André Lecondé

Street – BREAKING NEWS, Patritalia veut racheter Ducati : L’Italie veut reprendre le contrôle de Borgo Panigale !

"Rapatrier notre excellence italienne au pays." L'ambition de Massimo Ros, fondateur de Patritalia, est claire et Ducati en fait partie.

Ducati

Le nom de Ducati pourrait-il bientôt quitter l’orbite du groupe Volkswagen ? L’hypothèse, qui circulait depuis plusieurs semaines, vient de prendre une nouvelle dimension. La société d’investissement italienne Patritalia SpA a confirmé avoir transmis une offre formelle visant à acquérir 100 % de Ducati Motor Holding. Si Volkswagen se montre pour l’instant très prudent, cette initiative relance un vieux débat : celui du retour des grandes marques italiennes sous contrôle national.

Cette fois, il ne s’agit plus d’une simple rumeur. Par la voix de son fondateur Manuel (Massimo) Ros, Patritalia affirme avoir officiellement manifesté son intérêt pour le constructeur de Borgo Panigale. « Je peux confirmer que les rumeurs sont fondées. Patritalia SpA a officiellement manifesté son intérêt et est prête à acquérir 100 % de Ducati Motor Holding. »

Aucun montant n’a été communiqué, et Volkswagen n’a pas confirmé l’ouverture de négociations. Mais le simple fait qu’une proposition publique ait été formulée constitue déjà un événement.

Créée par l’entrepreneur Manuel Ros, Patritalia n’est pas un fonds d’investissement traditionnel. La société revendique une mission clairement affichée : faire revenir sous contrôle italien des entreprises emblématiques passées entre les mains de groupes étrangers.

Basée entre Rome et Modène et soutenue par le groupe financier Roswealth, Patritalia entend lever des capitaux auprès d’investisseurs internationaux avant de les réinvestir en Italie. Son ambition dépasse largement le secteur de la moto.

Automobile, design, mode ou industrie : toutes les grandes marques italiennes sont potentiellement concernées par cette stratégie de « rapatriement industriel ».

Patritalia veut « rendre Ducati aux Italiens »

Le discours de Manuel Ros repose autant sur des arguments économiques que symboliques. Selon lui, les grands groupes étrangers finissent souvent par privilégier les objectifs financiers au détriment de l’identité historique des marques qu’ils rachètent.

À ses yeux, Ducati mérite une gouvernance capable de préserver son ADN italien. « Notre mission est de rapatrier nos marques emblématiques afin de réaffirmer une vision, une créativité et un esprit d’entreprise authentiquement italiens » lit-on sur InSella.it. Une déclaration qui ne manquera pas de trouver un écho auprès de nombreux passionnés.

Patritalia ne cache pas ses intentions. Si l’opération aboutissait, plusieurs axes de développement seraient immédiatement engagés. Le groupe évoque notamment : une augmentation importante des investissements en compétition, une présence officielle en Moto2, Moto3 et Supermotard, le développement de Ducati sur de nouveaux segments du marché motocycliste. Une stratégie qui viserait à renforcer encore davantage le rayonnement sportif de la marque.

Face à cette annonce, le groupe Volkswagen adopte une communication mesurée. Dans une déclaration officielle, un porte-parole rappelle que Ducati demeure aujourd’hui une entreprise particulièrement performante.

« Ducati est une entreprise solide et très performante. L’examen de notre portefeuille fait partie de la gestion normale du groupe, mais aucune décision n’a été prise concernant une éventuelle vente. » Autrement dit, Volkswagen ne confirme ni ne dément l’existence de discussions.

Le constructeur allemand laisse simplement entendre que toutes les options restent théoriquement ouvertes.

Manuel Ros ne s’est pas limité à cette annonce officielle. Sur les réseaux sociaux, il a multiplié les prises de position en faveur d’un retour des grandes marques italiennes sous contrôle national. Il s’en est également pris à certains acteurs du monde économique et médiatique, qu’il accuse de freiner ce type d’initiatives.

Le dirigeant a aussi publié plusieurs photographies le montrant dans le paddock MotoGP, notamment aux côtés du PDG de Ducati Claudio Domenicali, lors des Grands Prix de Misano et du Mugello. Ces images témoignent de relations établies avec l’univers Ducati, même si elles ne préjugent en rien de l’issue du dossier.

Sur le papier, le projet est séduisant. Voir Ducati redevenir une entreprise italienne parlerait naturellement au cœur des tifosi. Mais la réalité économique est autrement plus complexe. Ducati constitue aujourd’hui l’un des actifs les plus rentables du groupe Volkswagen dans le secteur des deux-roues.

La marque enchaîne les records de ventes, domine le MotoGP, affiche une rentabilité élevée et bénéficie d’une image mondiale exceptionnelle. Dans ces conditions, convaincre Volkswagen de céder un tel actif supposerait une offre financière particulièrement importante.

Au-delà de l’aspect économique, cette initiative pose une question plus profonde : à qui appartiennent réellement les grandes marques nationales ? Patritalia défend une vision selon laquelle des entreprises comme Ducati incarnent un patrimoine industriel et culturel qui devrait rester italien.

Volkswagen, de son côté, peut faire valoir qu’il a largement contribué au développement de la marque depuis son rachat en 2012, en lui apportant les moyens financiers et industriels qui ont accompagné son spectaculaire essor.

À ce stade, rien ne permet d’affirmer que Ducati changera prochainement de propriétaire. Mais cette offre a le mérite de relancer un débat qui dépasse largement Borgo Panigale : celui de l’identité des grandes marques européennes à l’heure de la mondialisation. Et si Volkswagen décidait un jour d’ouvrir réellement la porte à une vente, nul doute que Ducati susciterait l’intérêt de nombreux investisseurs bien au-delà des frontières italiennes.

 

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