F1
Publié le 30 juillet 2026 • 01:44 par Oléna Champlain

F1 – Wolff ouvre déjà la porte à Verstappen : chez Mercedes, Russell découvre qu’un contrat n’empêche pas les courants d’air

Wolff maintient Russell et Antonelli pour 2027, mais rêve d’un duo Verstappen-Antonelli. Une ouverture peu rassurante pour Russell.

Toto Wolff assure que Mercedes ne souhaite rien changer à son duo pour 2027. Dans la phrase suivante, ou presque, il imagine pourtant Max Verstappen aux côtés de Kimi Antonelli dans un avenir plus lointain. George Russell peut donc se rassurer : son baquet est sécurisé. C’est seulement son successeur potentiel qui commence déjà à être présenté.

Verstappen – Antonelli : Un rêve pour Wolff, un avertissement pour Russell

Verstappen-Antonelli : pas pour 2027, mais surtout pas impossible

Toto Wolff maîtrise décidément l’art de fermer une porte sans jamais tourner complètement la clé.

À la fin du mois de juin, le patron de Mercedes avait pourtant été très clair concernant les rumeurs envoyant Max Verstappen à Brackley dès 2027. Interrogé par Sky Sports F1, il avait affirmé que l’équipe ne voulait « rien changer » et qu’elle était très satisfaite de George Russell et Kimi Antonelli. Russell avait lui-même indiqué qu’il serait toujours chez Mercedes la saison prochaine.

Quelques semaines plus tard, Wolff a néanmoins reconnu qu’il ne s’interdirait pas d’aligner un jour Verstappen et Antonelli dans la même équipe. Il a présenté le Néerlandais comme un pilote au sommet de son art, tout en estimant que son jeune protégé devait encore disposer de temps pour se développer.

Il ne s’agit donc pas d’un projet arrêté, encore moins d’une formation déjà validée. Mais en Formule 1, lorsqu’un directeur d’équipe commence à imaginer publiquement un futur duo, le pilote absent de la conversation a généralement intérêt à écouter attentivement.

Et dans ce scénario, l’absent s’appelle George Russell.

Russell conservé… avec Verstappen dans le rétroviseur

Wolff maintient que Russell et Antonelli constituent la bonne association pour Mercedes en 2027. Le Britannique dispose d’un engagement pluriannuel et son patron a publiquement défendu sa vitesse ainsi que sa capacité à rebondir après les périodes difficiles.

Mais Wolff n’a pas évoqué un éventuel trio. Si Verstappen doit un jour rejoindre Antonelli, il faudra bien que quelqu’un libère un baquet.

Or il paraît difficile d’imaginer Mercedes sacrifier son jeune phénomène italien. À 19 ans, Antonelli a déjà remporté six Grands Prix en 2026 et mène le championnat avec 50 points d’avance sur Lewis Hamilton, tandis que Russell se trouve neuf unités supplémentaires derrière le pilote Ferrari. Russell reste donc officiellement soutenu, respecté et sous contrat. Exactement comme beaucoup de pilotes quelques mois avant de découvrir que la Formule 1 avait soudainement trouvé une option « impossible à refuser ».

Antonelli n’est plus seulement le projet préféré de Wolff

Mercedes avait lancé Kimi Antonelli en Formule 1 en 2025 malgré son expérience limitée, avec la volonté de préparer son avenir sans passer par une équipe intermédiaire. Après une première saison d’apprentissage, l’Italien a profité du changement réglementaire de 2026 pour devenir immédiatement candidat au titre.

Ses six victoires et sa régularité ont changé sa position dans l’équipe. Antonelli n’est plus le jeune pilote que Mercedes doit protéger : il est désormais celui autour duquel Mercedes peut construire.

La domination actuelle de l’écurie facilite évidemment cette ascension. Mercedes a remporté huit des onze premières courses de la saison et possède 72 points d’avance sur Ferrari au championnat des constructeurs.

Dans ce contexte, recruter Verstappen ne constituerait plus une opération de sauvetage destinée à retrouver les sommets. Ce serait un achat de luxe : ajouter le pilote de référence de la précédente génération au prodige appelé à dominer la suivante.

Une perspective irrésistible pour Wolff. Probablement un peu moins pour Russell.

Wolff assure qu’il saurait gérer deux numéros un

Associer Verstappen et Antonelli créerait pourtant une situation potentiellement explosive. L’un est un quadruple champion du monde habitué à imposer son autorité ; l’autre possède déjà la vitesse, les victoires et la confiance nécessaires pour refuser un rôle de lieutenant.

Wolff ne paraît pas effrayé par cette perspective. En référence à la rivalité entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg, qui avait atteint son paroxysme chez Mercedes entre 2014 et 2016, il a estimé avoir déjà connu pire et qu’il gérerait probablement mieux une telle opposition aujourd’hui. L’expérience lui a effectivement appris quelques leçons. Notamment qu’une rivalité interne peut offrir des titres, des collisions, des réunions interminables et quelques cheveux blancs supplémentaires, parfois au cours du même week-end.

Mais Wolff sait également qu’une équipe dominante n’a pas nécessairement besoin de deux champions installés pour gagner. Avec Antonelli en tête du championnat et Russell encore troisième, Mercedes possède déjà une formation capable de transformer sa supériorité technique en résultats.

Verstappen reste une tentation, pas une urgence

Max Verstappen demeure lié à Red Bull jusqu’à la fin de la saison 2028. Son contrat est régulièrement associé à des clauses de performance, mais aucune arrivée chez Mercedes n’est actuellement programmée.

La situation sportive renverse même le rapport de force observé ces dernières années. Mercedes domine le début de la nouvelle ère réglementaire, tandis que Verstappen n’a toujours pas remporté de course en 2026 et occupe seulement la sixième place du championnat avec 109 points.

Mercedes n’a donc plus besoin de poursuivre le Néerlandais avec la même fébrilité. L’équipe peut l’observer, attendre l’évolution de son contrat avec Red Bull et laisser Wolff entretenir discrètement le contact. Autrement dit : aucune urgence, aucun engagement, mais surtout aucune porte définitivement fermée.

Le duo Verstappen-Antonelli n’existe aujourd’hui que dans les projections de Toto Wolff. Mercedes prévoit toujours de conserver sa formation actuelle en 2027 et aucune négociation concrète pour réunir les deux pilotes n’a été confirmée. Mais cette simple ouverture publique en dit déjà long sur la hiérarchie affective de Brackley.

Antonelli représente le futur. Verstappen demeure le champion que Wolff rêve depuis longtemps d’ajouter à son équipe. Russell, lui, représente le présent, position confortable en apparence, mais rarement la plus rassurante lorsque le patron commence à parler de l’après.

Pour 2027, rien ne devrait changer. Après 2027, George Russell vient surtout d’apprendre que Toto Wolff possède déjà une très jolie idée de remplacement.