F1 Moto GP
Publié le 28 juillet 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Les sports mécaniques sont sur le point de changer

La Formule 1 vient de faire une annonce choc, qui risque d’altérer le futur des sports mécaniques. Il faut en parler.

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Il y a quelques jours, la Formule 1 a fait une annonce qui a cassé internet. Cette année, le Grand Prix de Bahreïn ne devait pas avoir lieu en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Pourtant, il sera bel et bien disputé… mais en Malaisie ! Une nouveauté qui peut totalement révolutionner les sports mécaniques.

 

Un cas sans précédent en sports mécaniques

 

L’histoire des disciplines motorisées regorge de bizarreries. L’appellation des Grands Prix est souvent différente du lieu où ils sont effectivement tenus ; en MotoGP, d’ailleurs, il existe un GP de Saint-Marin organisé en Italie, à Misano. Le nom de la plus vieille république du monde est d’ailleurs fièrement attaché à Imola, en F1, depuis des lustres. D’autres pays ont déjà donné des noms à des épreuves qui ne se tenaient pas sur leur sol ; je pense bien sûr au Grand Prix de Formule 1 du Luxembourg, organisé au Nürburgring à la fin des années 1990, ou au Grand Prix de Suisse de F1 tenu à Dijon-Prenois. En moto aussi, le GP du Portugal s’est déjà déroulé en Espagne, et j’en passe.

 

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Là, on est sur un tout autre niveau. Photo : Michelin Motorsport

 

Le truc, c’est qu’il y avait une certaine cohérence géographique dans ces démarches. Là, le gouvernement de Bahreïn sponsorise et organise un Grand Prix à l’autre bout du monde, en Malaisie. De plus, l’appellation « Grand Prix de Bahreïn en Malaisie » rend la chose encore plus confuse. Sur le principe, on a déjà connu ça, d’accord, mais cette décorrélation géographique ouvre la porte à d’autres initiatives beaucoup plus agressives.

 

Des opportunités en or

 

Ce que le Bahreïn vient de faire, c’est de permettre aux pays constamment en guerre de redorer leur blason via l’existence d’un événement sportif de grande envergure. Tout simplement. Si vous suivez la géopolitique, vous savez que les États-Unis se sont franchement rapprochés d’Israël ces dernières semaines, avec une collaboration étroite entre les deux armées renforcée via un vote de la Chambre des Représentants. Pourrait-on avoir un Grand Prix d’Israël aux États-Unis dans les prochaines années ? Ce n’est clairement pas impossible au vu de la brèche ouverte.

Je pense personnellement que cette initiative est risquée, et qu’elle engrangera la création de nouveaux GP de substitution. Le MotoGP ne compte qu’une seule date en péninsule Arabique, au Qatar. Mais la F1 n’a pas seulement Bahreïn ; il y a aussi le Qatar, justement, à Losail, mais également l’Arabie Saoudite à Djeddah et les Émirats arabes unis à Abou Dabi. Si le gouvernement qatari décide de suivre l’exemple du Bahreïn, alors pourquoi ne le ferait-il pas également pour le MotoGP ?

Certes, ça rapporterait sans doute moins que de le tenir sur son propre sol, mais une course organisée ailleurs permettrait de générer du soft power en temps de conflit. Je pense, notamment, à l’Arabie Saoudite, lorsque Lewis Hamilton, Charles Leclerc et les autres couraient à Djeddah en 2022 à quelques kilomètres seulement des bombes yéménites ; on se doute que les Saoudiens désiraient renvoyer une autre image au monde.

 

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Sepang est déjà utilisé en MotoGP, donc le Qatar devrait trouver une autre alternative, j’espère sur un tracé qui n’a pas été emprunté cette année pour éviter un énième doublon. Photo : Michelin Motorsport

 

C’est déjà là ?

 

En MotoGP, le Qatar est déjà plus implanté que vous ne le croyez. Il n’y a encore jamais eu de « Grand Prix du Qatar en France », mais Qatar Airways, société à 100 % détenue par le gouvernement, sponsorise deux Grands Prix par an, et pas qu’un peu. Cette année, Silverstone sera le théâtre du « Qatar Airways Grand Prix de Grande-Bretagne », en plus de la course de Losail toujours maintenue, bien entendu. C’était déjà le cas l’année dernière avec le Portugal, une destination qui n’a pas grand-chose à voir avec le pays du Moyen-Orient. Oui, c’est aussi le cas d’autres marques, comme Liqui Moly (Allemagne et Australie en 2025), ou Michelin (France et Hongrie en 2025). Mais là, nous parlons d’un pays et donc d’une stratégie étatique.

 

Conclusion

 

Si l’idée de revoir les Formule 1 à Sepang pour la première fois depuis 2017 m’intéresse, je suis forcé de reconnaître que j’ai un peu peur de ce que cela pourrait engendrer en cette période marquée par de grandes tensions internationales, où chaque pays veut profiter du souffle de la F1et du MotoGP pour sa renommée, quel qu’en soit le prix. J’espère simplement qu’on gardera une certaine cohérence, et, personnellement, je préférerais ne pas voir de Grand Prix du Qatar cette année plutôt qu’un ersatz sponsorisé au couleur d’un état dans un autre pays qui n’a absolument rien à voir.

Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de cette question ô combien importante, même s’il ne s’agit pas d’action en piste. Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Cette photo a été prise… au Portugal ! Pourtant, on peut en douter. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport