Moto GP
Publié le 2 septembre 2026 • 19:00 par André Lecondé

MotoGP, Yamaha V4 : Jack Miller révèle le mal qui résiste encore, « j’avais les mains liées dans le dos »

Miller, qui quitte le MotoGP en fin de saison, continue de se battre avec les moyens du bord. Mais en ligne droite, les mains restent liées.

Jack Miller

Jack Miller a livré à Aragon une photographie particulièrement claire de la situation actuelle de Yamaha. La nouvelle M1 V4 commence à donner satisfaction dans les virages, au point de permettre à l’Australien de rivaliser avec les meilleurs dans certains secteurs. Mais face aux KTM, un déficit pouvant atteindre 10 km/h en ligne droite a rendu toute défense impossible. Pour Miller, le problème est désormais parfaitement identifié : Yamaha possède une moto qui tourne, mais pas encore le moteur permettant d’exploiter cette qualité.

Jack Miller avait pourtant réussi une belle entame de Grand Prix. Parti 13e, le pilote Pramac s’est rapidement hissé jusqu’à la neuvième place après avoir déjà terminé dixième et meilleur représentant Yamaha lors du Sprint. Un nouveau top 10 semblait possible. Puis les KTM sont revenues.

Enea Bastianini l’a dépassé au 16e tour avant que Brad Binder ne fasse de même dans l’avant-dernier. Miller avait beau retarder ses freinages, la différence de vitesse en ligne droite était trop importante. « J’ai tout donné. Malheureusement, nous avons dû céder des places aux KTM à la fin. »

Jack Miller : « J’avais les mains liées dans le dos »

L’Australien évoque un déficit pouvant atteindre 10 km/h face aux KTM. « J’ai essayé de leur mener la vie dure autant que possible, mais j’avais en quelque sorte les mains liées dans le dos. »

La manière dont Bastianini l’a dépassé résume parfaitement le problème. « J’ai essayé de rendre la tâche aussi difficile que possible à Enea en freinant tard, mais finalement il m’a dépassé à mi-ligne droite… et Brad a fait de même. »

Impossible, dans ces conditions, d’utiliser le freinage pour défendre sa position puisque l’adversaire arrive devant avant même la zone où Miller peut riposter. Et pourtant, l’Australien ne condamne absolument pas le comportement général de la nouvelle Yamaha.

Bien au contraire. « La moto fonctionne plutôt bien, honnêtement. Je n’ai rien à lui reprocher dans les virages. On perd juste trop de vitesse en ligne droite. »

 

Jack Miller, MotoGP d'Aragon 2026.Une Yamaha presque aussi rapide que Marquez… dans un secteur

Le Sprint avait même révélé le potentiel de la M1 dans les portions où la vitesse de passage en courbe prend davantage d’importance. Miller affirme sur crash.net avoir figuré autour de la quatrième place dans le dernier secteur parmi les pilotes utilisant le pneu arrière medium.

« J’étais rapide comme Marc, et je peux vous assurer que ça ne vient pas de la ligne droite ! » Une remarque amusante, mais techniquement révélatrice. La Yamaha est capable de récupérer dans les virages une partie de ce qu’elle abandonne avec son moteur.

Le problème est que cette stratégie devient beaucoup plus difficile sur la distance complète d’un Grand Prix. Après avoir constaté du grainage pendant le Sprint, Miller savait qu’il devait davantage préserver son pneu avant dimanche.

« J’ai mieux géré l’avant, mais ce faisant, on perd en vitesse de passage. » Il ne pouvait donc plus solliciter la M1 avec la même agressivité. « Tu sous-vires trop à l’avant et tu perds le contrôle. »

Le pneu avant a finalement tenu jusqu’à l’arrivée et l’arrière ne s’est véritablement dégradé qu’en fin de course. Mais en protégeant ses gommes, Miller perdait précisément l’une des seules armes lui permettant de compenser le manque de puissance.

Miller : « Ajoutez 20 chevaux… »

Miller ne considère pourtant pas le projet V4 comme un échec. La moto est entièrement nouvelle et Yamaha semble avoir rapidement progressé sur son comportement. Reste maintenant le chantier moteur.

« Si vous ajoutez 20 chevaux, cela va changer son caractère. Mais nous avons réussi à redresser la situation assez rapidement, je crois. C’est une moto neuve, alors on fait ce qu’on peut. »

Alex Rins, 13e et deuxième Yamaha à l’arrivée, n’a pas davantage réussi à intégrer le top 10. Le diagnostic de Miller est donc finalement plus encourageant qu’il n’y paraît. La Yamaha V4 commence à tourner correctement. Son châssis permet même à Miller de se montrer très rapide dans certaines portions. Mais lorsque Bastianini et Binder peuvent effacer son avantage simplement en ouvrant les gaz, tout ce travail devient presque invisible au classement.

À Aragon, Yamaha a ainsi reçu une bonne et une mauvaise nouvelle. La M1 V4 possède désormais des qualités. Il lui manque encore les chevaux permettant de les transformer en résultats.

Jack Miller, MotoGP d'Aragon 2026.