Jack Miller devrait quitter le MotoGP à la fin de la saison et Suzi Perry le regrette déjà. Pas uniquement pour ses performances : la présentatrice de TNT Sports estime que l’Australien appartient à une espèce devenue rare dans un paddock où les jeunes pilotes maîtrisent de mieux en mieux leur communication. Avec Miller, Brad Binder, Franco Morbidelli, Alex Rins et probablement Maverick Viñales sur le départ, le MotoGP va considérablement rajeunir sa grille en 2027. Mais au moment où Pedro Acosta réclame justement davantage de rivalités, une question apparaît : le championnat ne risque-t-il pas de perdre une partie de ses personnages en renouvelant ses pilotes ?
Le MotoGP 2027 sera nouveau presque partout. Nouvelles motos de 850 cc, nouveaux pneus Pirelli, aérodynamique réduite et arrivée d’une génération de jeunes pilotes. Mais cette révolution aura aussi un autre effet : plusieurs visages familiers vont disparaître de la grille. Et pour Suzi Perry, celui de Jack Miller risque particulièrement de manquer.
La présentatrice de TNT Sports connaît le paddock MotoGP depuis suffisamment longtemps pour avoir assisté à plusieurs générations de pilotes. Et elle constate une évolution. Les jeunes sont extrêmement professionnels, préparés à répondre aux médias et parfaitement conscients des conséquences que peut avoir chacune de leurs déclarations.
Avec un inconvénient selon elle : la communication moderne produit parfois des pilotes dont les déclarations deviennent aussi parfaitement maîtrisées que prévisibles. Heureusement, Perry identifie quelques exceptions.
Jack Miller évidemment. Mais également Pedro Acosta. « Il lâche des bombes et il s’échauffe. » Et même Fabio Quartararo, qu’elle apprécie pour une raison similaire : il peut encore dire ce qu’il pense lorsque la situation l’agace.
Le MotoGP perd plusieurs fortes personnalités
C’est ce qui rend le marché 2027 intéressant au-delà des simples transferts. Miller devrait partir en WorldSBK, possiblement chez Yamaha. Brad Binder devrait également rejoindre le Superbike avec BMW. Franco Morbidelli est annoncé dans la même direction avec Ducati. Alex Rins négocie avec Go Eleven. Et Maverick Viñales se retrouve sans perspective évidente en MotoGP. Ce sont donc plusieurs pilotes expérimentés qui pourraient disparaître simultanément.
Ils seront remplacés par une génération particulièrement prometteuse avec notamment David Alonso, Dani Holgado, Izan Guevara et Senna Agius. Le niveau sportif ne devrait donc pas diminuer. La question concerne davantage les personnalités.

Pedro Acosta avait justement identifié le même problème
Les propos de Perry font écho de manière assez spectaculaire à ceux tenus récemment par Pedro Acosta. Le futur pilote Ducati expliquait ne pas chercher à devenir ami avec ses adversaires et regrettait que les grandes rivalités aient pratiquement disparu. Il citait Rossi-Biaggi, Criville-Doohan ou Rossi-Marquez.
Perry remonte exactement le même fil historique en évoquant Max Biaggi, Mick Doohan et Valentino Rossi. Deux générations différentes arrivent donc à une conclusion similaire : un championnat a besoin de pilotes qui ne s’apprécient pas nécessairement.
Pas de conflits artificiels. Encore moins d’hostilité organisée. Mais des caractères suffisamment affirmés pour que les désaccords existent réellement.
Liberty Media a un défi intéressant à relever en MotoGP
Le sujet devient encore plus important depuis l’arrivée de Liberty Media. Le propriétaire de la Formule 1 sait parfaitement combien les personnalités et les rivalités peuvent participer à la popularité d’un championnat. « Drive to Survive » l’a démontré avec la F1.
Mais une rivalité ne se décrète pas dans un scénario. Et il existe un paradoxe : plus les pilotes deviennent des athlètes professionnels entourés de communicants, de managers et de constructeurs soucieux de leur image, plus leurs déclarations peuvent devenir aseptisées.
C’est précisément pourquoi un Miller possède une valeur particulière. Il parle parfois trop. Il jure. Il s’agace. Il plaisante. Mais on sait généralement qu’il s’agit de Jack Miller qui parle et non d’un communiqué Yamaha, KTM ou Ducati récité par Jack Miller.
Heureusement, Pedro Acosta semble avoir compris le rôle
Le MotoGP ne perdra donc probablement pas toute sa personnalité avec le départ de ses vétérans. Acosta paraît même parfaitement disposé à reprendre le flambeau. Et son arrivée dans le box Ducati aux côtés de Marc Marquez offre un potentiel assez considérable.
Onze années les séparent. L’un appartient déjà à l’histoire du MotoGP. L’autre veut manifestement écrire la suivante. Deux personnalités fortes réunies dans le même garage avec la même ambition. Suzi Perry réclame des pilotes capables de « lâcher des bombes ».
Avec Marc Marquez et Pedro Acosta réunis chez Ducati en 2027, elle pourrait finalement ne pas avoir à attendre très longtemps.










