Moto GP WSBK
Publié le 17 septembre 2026 • 16:00 par Paddock GP

Superbike Interview, Christian Gonschor (BMW 2/2) : « Michelin apporte un défi passionnant »

Christian Gonschor, directeur technique de BMW Motorrad Motorsport, évoque pour PaddockGP les défis actuel de son équipe en Superbike mondial.

Superbike
© BMW

En 2026, BMW fait face à de nouveaux défis en championnat du monde de Superbike (WorldSBK). Le départ de Toprak Razgatlioglu vers le MotoGP après deux titres de champion du monde, et les nouvelles règles du championnat, ouvrent un nouveau chapitre pour la marque munichoise. L’enjeu est de démontrer que la M 1000 RR dispose d’une base suffisamment solide pour rester compétitive, quel que soit le pilote à son guidon, et de redéfinir ses repères tout en poursuivant le développement de sa machine.

Du 4 au 6 septembre dernier, sur le circuit de Magny-Cours, Paddock GP a vécu le rendez-vous français du Championnat du monde Superbike en immersion au sein du garage BMW Motorrad. L’occasion de vous proposer une série d’entretiens avec Christian Gonschor, directeur technique de BMW Motorrad Motorsport et Sven Blusch, patron de BMW Motorrad Motorsport, au sujet de la reconstruction de l’équipe après les années de succès vécues avec Toprak Razgatlioglu.

Si vous l’avez manqué, retrouvez la première partie de notre entretien avec Christian Gonschor via ce lien.

Christian Gonschor, parlons désormais des changements de cette saison en Superbike. La réduction du débit de carburant a-t-elle davantage pénalisé BMW que les concessions n’ont aidé ses rivaux ?

Le débit de carburant est un outil d’équilibrage des performances, mais il ne nous facilite pas les choses. Il faut remettre les choses en perspective : nous sortions d’une saison victorieuse, donc nous avons reçu une pénalité. En entamant une nouvelle saison avec de nouveaux pilotes, parfois sur des circuits qu’ils ne connaissaient pas, conserver cette pénalité n’a évidemment pas facilité notre capacité à être immédiatement au même niveau que l’année dernière. Oui, le débit de carburant a été un grand défi pour nous, particulièrement en début de saison, et il nous a causé quelques problèmes. Mais, au final, cela fait partie de la structure de ce championnat et c’est une bonne chose : il existe un outil d’équilibrage des performances.

Vous profiterez des bénéfices de cette règlementation l’an prochain…

Malheureusement oui, en raison des résultats décevants de cette année. La saison prochaine, nous repartirons donc dans une situation plus équilibrée par rapport à nos concurrents. Ceux qui n’avaient pas cette pénalité à conserver, ont naturellement pu progresser immédiatement. Nous avons fait un pas en arrière, les autres ont fait un pas en avant, et une nouvelle moto est aussi arrivée dans le paddock. Cela fait partie du jeu. Et nous continuons à nous battre.

L’arrivée de Michelin en Superbike

Comment abordez-vous l’arrivée prochaine de Michelin dans le championnat de Superbike ?

Des essais, des essais et encore des essais. Je pense que Dorna (Désormais MotoGP SEG) et Michelin ont bien organisé les choses, en donnant à tous les constructeurs la possibilité d’essayer les mêmes pneus, le même jour et avec les mêmes spécifications. Nous avons déjà eu quelques journées d’essais cette saison. Une autre est prévue à Crémone, puis il y aura évidemment le premier gros rendez-vous après la finale de la saison à Jerez. L’approche face à de nouveaux pneus est simple : tester, comprendre et ajuster légèrement la moto aux besoins de ces nouveaux pneus.

Vous préférez un pneu très performant, capable de permettre de bons chronos, ou un pneu très fiable et un produit polyvalent ?

C’est une décision commerciale qui appartient au manufacturier. Au final, les constructeurs engagés dans le championnat n’ont pas la liberté de choisir la direction à prendre. En tant que technicien, bien sûr, vous préférez disposer d’un pneu fiable. Vous pouvez alors travailler de manière constante et progresser. Un chrono parfait paraît séduisant, mais si tout le monde utilise le même matériel, peu importe que l’on roule en 1’35 ou en 1’40 à Magny-Cours : si c’est ainsi, c’est ainsi pour tous. Pour le manufacturier, l’objectif peut évidemment être d’être le plus rapide possible par rapport aux autres fabricants. Mais, pour nous, tant que le pneu est le même pour tous, je préfère avoir des pneus fiables. Cela ne rend pas forcément la vie plus facile, mais cela la rend plus claire.

Qu’attendez-vous de cette transition pour BMW en Superbike ?

C’est aussi un défi passionnant pour nous. Nous l’apprécions, car nous avons maintenant l’opportunité d’essayer deux pneus, Michelin et Pirelli, et d’apprendre. Avec chaque nouvelle information, vous apprenez quelque chose. Et, en tant qu’ingénieur, c’est tout simplement incroyable. Nous attendons avec impatience la saison 2027.

À suivre…

Interview réalisée par Luca Bartolomeo.

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