Chez Ferrari, les mauvaises surprises ont décidément le sens du spectacle. Après les stratégies discutables, les occasions envolées et les abandons douloureux, voici maintenant la pédale de frein qui décide de prendre ses vacances en plein Grand Prix. À Madrid, Lewis Hamilton s’est retrouvé face à une situation autrement plus préoccupante qu’un mauvais réglage : sa Ferrari freinait normalement, puis presque plus, avant de retrouver temporairement ses moyens. Trois jours après son abandon, la Scuderia cherche toujours à comprendre précisément ce qui s’est produit. Les premières pistes orientent désormais les investigations vers un élément auxiliaire du système de freinage arrière, plutôt que vers les mécanismes principaux. Bizarre ? Assurément. Inquiétant ? La question mérite d’être posée lorsque le défaut concerne précisément ce qui permet d’arrêter une Formule 1.

Ferrari ou le mystère de la pédale folle
Une pédale qui joue à cache-cache avec Hamilton
Le Britannique avait pourtant toutes les raisons de croire à un dimanche intéressant. Quatrième sur la grille, il réalise un excellent départ et se retrouve rapidement dans la bataille avec Max Verstappen. Mais au premier tour, à l’approche du virage 5, le scénario bascule brutalement. Hamilton appuie sur la pédale. La voiture commence à ralentir, puis la réponse du système change soudainement. Le freinage devient insuffisant. La Ferrari élargit sa trajectoire et effleure le mur. Quelques virages plus loin, tout semble rentrer dans l’ordre. Avant que le problème ne revienne. Hamilton décrit alors une pédale qui s’enfonce complètement et reconnaît avoir eu de la chance de pouvoir rejoindre son garage. Ferrari tente des corrections depuis le muret des stands, sans résultat durable. Au septième tour, l’abandon est prononcé.
Une Ferrari qui manque de vitesse, passe encore. Une Ferrari qui ne sait plus quand elle va ralentir, c’est une autre histoire.
Le système principal innocenté ? Pas si vite !
Les premiers éléments rapportés le 16 septembre par Thomas Maher, journaliste de PlanetF1, apportent un éclairage nouveau. L’enquête se concentrerait sur des composants auxiliaires du dispositif de freinage, distincts des mécanismes principaux. Le problème serait lié au freinage arrière de la SF-26. Autre précision importante : aucune relation ne semble actuellement établie avec l’accident subi par Hamilton lors des derniers essais libres, ni avec les réparations réalisées à la hâte le samedi. Mais attention à ne pas transformer une piste technique en verdict définitif.
Ferrari n’a pas encore identifié publiquement la pièce responsable. Il est donc prématuré de déclarer le système principal totalement hors de cause ou d’affirmer qu’un composant électronique, hydraulique ou mécanique particulier a cédé. L’enquête doit encore déterminer l’origine exacte de la défaillance et expliquer son caractère intermittent. Et c’est précisément ce dernier point qui rend l’affaire aussi intéressante que préoccupante.
Quand le frein revient… avant de repartir
Un système définitivement hors service présente au moins un symptôme évident. À Madrid, le défaut a joué un scénario beaucoup plus déroutant : perte d’efficacité, retour apparent à la normale, puis nouvelle défaillance. Pour Hamilton, impossible de savoir avec certitude si la prochaine pression sur la pédale produirait le ralentissement attendu. Fred Vasseur a confirmé que Ferrari avait tenté d’intervenir à distance avant de constater le retour du problème :
« La pédale était longue. Nous avons essayé de corriger cela depuis le muret, puis c’est revenu quelques virages plus tard. »
La décision d’abandonner est alors devenue incontournable. Sur un circuit urbain comme le Madring, bordé de murs, continuer à plus de 300 km/h avec un freinage imprévisible n’aurait eu aucun sens.Vasseur a d’ailleurs reconnu qu’il n’était pas question de prendre un risque inconsidéré. Ferrari a préféré perdre des points plutôt que de jouer à la roulette russe avec une pédale. Et sur ce point, difficile de lui reprocher sa prudence.
La sécurité des pilotes : le véritable sujet
La F1 possède pourtant des exigences techniques précises concernant le freinage. Le règlement de la FIA prévoit notamment deux circuits hydrauliques distincts, destinés respectivement aux roues avant et arrière. Cette architecture doit permettre de conserver une capacité d’arrêt lorsqu’un circuit connaît une défaillance. Le règlement impose également des exigences de performance et de fonctionnement dégradé du système. Mais l’existence de dispositifs de sécurité ne signifie pas qu’une panne ne puisse jamais provoquer une situation dangereuse.
L’incident soulève donc plusieurs interrogations techniques : Quel composant a provoqué l’allongement soudain de la pédale ? Pourquoi le freinage a-t-il semblé retrouver son efficacité avant de se dégrader à nouveau ? Les dispositifs de secours ont-ils fonctionné conformément aux exigences prévues ? Ferrari pourra-t-elle démontrer que le défaut ne risque pas de se reproduire ?
À ce stade, rien ne permet d’affirmer que la SF-26 ne respectait pas la réglementation ou que ses protections ont échoué. En revanche, l’incident constitue un signal suffisamment sérieux pour justifier une analyse approfondie avant le prochain Grand Prix.
Bakou approche : Ferrari n’a pas droit au bricolage
Le calendrier n’offre pas à Maranello un luxe considérable. Le Grand Prix d’Azerbaïdjan approche, avec son tracé urbain, ses longues lignes droites et ses zones de freinage exigeantes. Ferrari doit donc identifier le défaut, vérifier les composants concernés et s’assurer que le problème ne peut pas affecter de nouveau Hamilton. Le septuple champion du monde avait jusque-là terminé les treize premières courses de la saison dans les points. Madrid a mis brutalement fin à cette série. Mais au-delà des points perdus et d’un éventuel podium envolé, l’urgence est ailleurs. Un abandon pour manque de performance, c’est du sport. Un abandon parce que le pilote ne peut plus faire confiance à ses freins, c’est une question de sécurité.
Ferrari a pris la bonne décision en immobilisant la voiture. Reste maintenant à produire les bonnes réponses. Car si la Scuderia peut encore chercher quelques dixièmes sur sa SF-26, il existe une pièce sur laquelle aucune approximation n’est permise. À Bakou, Hamilton peut accepter de freiner plus tard que ses adversaires. Encore faut-il que sa Ferrari accepte de freiner tout court.
🚨 Ferrari descubre una pista inesperada tras el abandono de Hamilton en España: los frenos principales NO habrían fallado.
El abandono de Lewis Hamilton en Madrid fue más extraño de lo que parecía: las primeras señales apuntan a que el problema NO estuvo en el sistema principal… pic.twitter.com/8uk5miJri3
— Gamal Liranzo Tavarez 🇩🇴 (@GamalLiranzo) September 16, 2026
























