F1
Publié le 17 septembre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 2027 : 24 Grands Prix, 10 Sprints… le calendrier a pris un abonnement premium

La F1 dévoile son calendrier 2027 : 24 Grands Prix, dix Sprints, les retours du Portugal et de la Turquie et un format toujours plus chargé.

La saison de F1 2027 débutera le 14 mars à Bahreïn, après quatre journées d’essais hivernaux organisées sur le même circuit du 24 au 27 février, et s’achèvera seulement le 12 décembre à Abu Dhabi. Neuf mois de compétition, trois enchaînements de trois courses et suffisamment de kilomètres parcourus pour que les membres du paddock puissent réclamer des points de fidélité à vie. La FIA présente pourtant cette organisation comme un calendrier au « flux géographique plus efficace ». Une formule élégante qui résiste assez mal à la présence de trois triple headers : Australie-Japon-Chine en avril, Azerbaïdjan-Turquie-Singapour à l’automne, puis Austin-Mexico-São Paulo. Le développement durable avance, mais visiblement avec plusieurs avions-cargos.

F1 2027 : dix sprints et deux retours très attendus

Portimão et Istanbul reviennent, Zandvoort et Barcelone disparaissent, tandis que Monaco hérite d’un Sprint aussi spectaculaire sur le papier qu’improbable en piste.

La Formule 1 a dévoilé son calendrier 2027. Sans surprise, personne n’a trouvé le bouton « réduire la cadence ». La prochaine saison conservera donc 24 Grands Prix, répartis dans 22 pays et sur cinq continents, mais passera de six à dix week-ends Sprint. Quitte à essorer les pilotes, les mécaniciens et les téléspectateurs, autant le faire avec méthode.

Monaco au Sprint : doubler l’action sans garantir un dépassement

La véritable curiosité concerne Monaco. Pour la première fois, les rues de Monte-Carlo accueilleront une course Sprint. La F1 a donc choisi l’un des circuits où doubler relève déjà de l’enquête criminelle pour y ajouter une épreuve supplémentaire.

L’argument officiel repose surtout sur la présence de deux séances qualificatives, généralement bien plus passionnantes que la course dominicale en Principauté. Mais avec une seule séance d’essais libres avant les premières qualifications, les pilotes disposeront de beaucoup moins de temps pour apprivoiser un tracé qui pardonne à peu près autant qu’un mur en béton.

Selon les données communiquées par la F1, les week-ends Sprint attireraient une audience globale 12 % supérieure à celle des formats traditionnels, tandis que les qualifications seraient trois fois plus suivies que les essais libres. Le calcul commercial est donc limpide : moins d’essais, davantage d’enjeu et surtout beaucoup plus de contenu à vendre

Bahreïn, l’Australie, le Japon, Monaco et Abu Dhabi découvriront ce format. Montréal, Silverstone, Monza, São Paulo et Lusail conserveront ou retrouveront leur Sprint. Trois des quatre premières manches et trois des quatre dernières seront ainsi disputées sous ce régime accéléré.

« Nous sommes ravis d’étendre les courses Sprint à dix événements, offrant à nos fans encore plus d’intensité, de spectacle et de batailles en piste », affirme Stefano Domenicali.

Un pilote pourra désormais inscrire jusqu’à 33 points lors d’un même week-end Sprint, contre 25 lors d’un Grand Prix classique. Le championnat gagnera peut-être en rebondissements. Les garages, eux, gagneront surtout quelques nuits blanches.

Portimão et Istanbul reviennent, Zandvoort et Barcelone sortent

Le calendrier apporte tout de même deux excellentes nouvelles sportives. Le Portugal retrouvera la F1 le 20 juin à Portimão, sur un tracé vallonné de 4,6 kilomètres absent depuis 2021. Le circuit de l’Algarve, souvent comparé à des montagnes russes, avait notamment accueilli la 92e victoire de Lewis Hamilton, celle qui lui avait permis de dépasser le record de Michael Schumacher. Son accord porte sur les saisons 2027 et 2028

« Le circuit offre du spectacle du premier virage jusqu’au drapeau à damier », assure Stefano Domenicali à propos de Portimão.

La Turquie effectuera également son retour le 3 octobre. Istanbul Park, absent depuis 2021, a signé un contrat de cinq ans courant jusqu’en 2031. Son célèbre virage 8, long gauche à plusieurs cordes, devrait rappeler qu’un calendrier peut encore accueillir un circuit pour ses qualités sportives et pas uniquement pour la hauteur du chèque.

« Istanbul Park est l’un des circuits les plus passionnants et les plus exigeants de la Formule 1 », souligne Domenicali.

Ces deux retours se font au détriment de Zandvoort, dont l’édition 2026 était annoncée comme la dernière, et de Barcelone. Madrid demeure ainsi seul détenteur du Grand Prix d’Espagne en 2027, tandis que Spa-Francorchamps conserve sa place au programme.

Toujours plus, mais pas forcément toujours mieux

Mohammed Ben Sulayem voit dans ce programme « une forte illustration de l’attrait mondial et de la croissance continue » de la discipline. Sur le plan commercial, le raisonnement se tient. Sur le plan humain, le calendrier ressemble de plus en plus à une épreuve d’endurance dont les pilotes ne sont même pas les principaux concurrents.

Vingt-quatre Grands Prix, dix Sprints, trois séries de trois courses et une saison qui se termine à douze jours de Noël : la F1 promet davantage « d’intensité ». Le personnel des équipes aurait probablement choisi un autre mot.

La bonne nouvelle reste le retour de Portimão et d’Istanbul, deux circuits capables de produire naturellement du spectacle. La moins bonne, c’est qu’à Monaco, la Formule 1 tentera désormais de fabriquer ce spectacle en ajoutant une course là où dépasser demeure presque interdit par l’urbanisme.

En 2027, le calendrier ne sera donc pas plus long qu’en 2026. Il sera simplement beaucoup plus rempli. La nuance devrait ravir les services marketing — un peu moins ceux qui devront le parcourir.