En 2027, le MotoGP ne changera pas seulement de cylindrée, de pneus et de règlement technique. Son modèle de diffusion va lui aussi être profondément reconstruit. MotoGP Group a choisi Accenture pour développer une nouvelle plateforme de streaming réunissant MotoGP, Moto2, Moto3 et WorldSBK dans une même architecture numérique. Avec davantage de caméras, de données en direct, de personnalisation et d’intelligence artificielle, le projet dépasse largement une simple évolution du VideoPass.
La révolution MotoGP 2027 aura aussi lieu sur les écrans. MotoGP Group a officiellement annoncé un partenariat avec Accenture pour développer sa prochaine génération de plateforme OTT, avec un lancement prévu en 2027.
La nouveauté majeure ne tient pas seulement à la technologie employée. Pour la première fois, MotoGP, Moto2, Moto3 et WorldSBK doivent être réunis au sein d’une même infrastructure numérique, tout en conservant des expériences adaptées aux différents championnats.
MotoGP 2027 : le spectateur pourra choisir davantage ce qu’il regarde
L’objectif annoncé est de proposer une expérience beaucoup plus personnalisable que celle offerte actuellement. Le spectateur devrait notamment pouvoir sélectionner différentes caméras et composer davantage sa propre réalisation.
Les données en direct seront également intégrées plus profondément à la vidéo afin d’enrichir la compréhension de la course. La plateforme doit par ailleurs proposer une personnalisation accrue selon les régions et les utilisateurs.
Accenture développera cette infrastructure avec plusieurs partenaires technologiques, parmi lesquels AWS.
Mais l’intelligence artificielle occupera également une place importante dans le dispositif, aussi bien dans l’exploitation éditoriale que dans les opérations et les possibilités commerciales offertes par la plateforme.
Bien davantage qu’un nouveau VideoPass
Présenter cette évolution comme une simple modernisation du VideoPass serait cependant réducteur. En réunissant ses différents championnats dans une même architecture, MotoGP Group construit surtout un écosystème numérique beaucoup plus cohérent.
MotoGP et WorldSBK possèdent aujourd’hui des publics qui se recoupent sans être totalement identiques. Les réunir technologiquement permet potentiellement de mieux faire circuler les spectateurs entre les deux univers.
Un amateur de MotoGP pourra être davantage exposé au WorldSBK et inversement. Mais l’intérêt est aussi stratégique. Une plateforme commune permet de consolider la connaissance des audiences, les comportements des abonnés et les données générées par leur consommation.
Autant d’informations particulièrement précieuses pour développer de nouvelles offres, fidéliser les utilisateurs et améliorer la monétisation des droits numériques.

Une transformation aussi commerciale que technologique
C’est probablement là que se trouve la dimension la plus importante du projet. La diffusion directe au consommateur permet au détenteur des droits de ne plus seulement connaître combien de personnes regardent une course.
Il peut progressivement comprendre ce qu’elles regardent, pendant combien de temps, quelles caméras elles utilisent, quels championnats elles suivent ou quels contenus elles privilégient.
L’intelligence artificielle doit permettre d’exploiter davantage cette masse d’informations, mais également d’automatiser ou d’améliorer certaines fonctions éditoriales et opérationnelles.
Derrière l’expérience proposée au fan se dessine donc aussi un outil commercial beaucoup plus puissant.
En 2027, tout le MotoGP change en même temps
Le calendrier de lancement n’a rien d’anodin. 2027 correspond déjà à l’une des plus importantes ruptures techniques de l’histoire récente du MotoGP. Les prototypes passeront de 1000 à 850 cc, l’aérodynamique sera davantage encadrée et Pirelli remplacera Michelin comme fournisseur pneumatique.
À cette révolution sportive s’ajoutent désormais une réorganisation du paddock et une refonte de l’environnement numérique.
Le contraste est même intéressant : alors que MotoGP, Moto2 et Moto3 seront physiquement davantage séparés sur certains circuits à partir de 2027, ils seront simultanément rapprochés sur les écrans au sein d’une architecture commune qui accueillera également le WorldSBK.
Ce n’est donc plus seulement la moto de 2027 que MotoGP Group prépare. C’est le produit dans son ensemble. La manière de courir va changer, mais également celle de regarder, de consommer et probablement d’acheter le MotoGP. La révolution des 850 cc sera visible sur la piste ; celle de la plateforme numérique pourrait être au moins aussi importante pour son modèle économique.

























