Jorge Martin était arrivé à Misano avec 19 points d’avance sur Marc Marquez. Il en repart à égalité avec lui. Vainqueur du Sprint puis du Grand Prix de Saint-Marin, le pilote Ducati prend pour la première fois cette saison la tête du championnat grâce au nombre de victoires. Marco Bezzecchi, tombé dimanche, recule désormais à 33 longueurs. En deux jours, la physionomie du championnat a changé.
Il fallait un week-end presque parfait à Marc Marquez pour renverser la situation. Il l’a obtenu. Douze points samedi. Vingt-cinq dimanche. 37 points sur 37 possibles à Misano. Jorge Martin en avait 19 d’avance avant le Grand Prix de Saint-Marin. Il n’en possède plus aucun.
274-274 : Marc Marquez prend la tête aux victoires
Les deux hommes comptent désormais 274 points. Mais le nouveau leader s’appelle Marc Marquez. La différence se fait au nombre de victoires en Grand Prix : cinq pour le pilote Ducati contre une pour Martin.
Martin a longtemps construit son championnat sur sa remarquable régularité, en limitant les mauvais résultats et en accumulant presque systématiquement de gros points. Marquez a davantage laissé échapper d’occasions.
Mais lorsqu’il possède les cartes nécessaires, il frappe beaucoup plus fort. Ses quatre doublés Sprint-Grand Prix constituent désormais une arme considérable. Martin avait limité les dégâts samedi, pas dimanche. Samedi encore, le pilote Aprilia avait fait exactement ce qu’exigeait sa position.
Troisième du Sprint derrière Marquez et Bezzecchi, il avait accepté de céder quelques points plutôt que de compromettre son week-end. Dimanche devait permettre de poursuivre cette stratégie. Mais la course a tourné autrement.
La chute de Bezzecchi a éliminé l’une des menaces, mais Martin n’a terminé que cinquième tandis que Marquez remportait le Grand Prix devant Alex Marquez et Pedro Acosta. Le leader du championnat a donc vu son avance disparaître.
Et le dépassement d’Alex Marquez sur Martin prend rétrospectivement une importance considérable : dans un championnat désormais à égalité parfaite, chaque position abandonnée commence à peser lourd.

Bezzecchi paie très cher sa chute à Misano
Le troisième homme de la bataille connaît l’opération inverse. Poleman, détenteur du nouveau record de Misano et deuxième du Sprint, Marco Bezzecchi semblait posséder la vitesse nécessaire pour repartir d’Italie encore plus proche des deux Espagnols.
Sa chute dimanche change tout. Il quitte Misano avec 33 points de retard sur les deux leaders. Ce n’est évidemment pas rédhibitoire, mais la différence est brutale : samedi soir, trois hommes pouvaient encore envisager de sortir de Misano quasiment roue contre roue au championnat. Dimanche soir, Marc et Martin se retrouvent seuls à égalité devant.
Bagnaia sort même du top 8
Plus loin, le classement raconte d’autres basculements. Pedro Acosta profite de son podium pour dépasser Ai Ogura, toujours absent sur blessure. Alex Marquez progresse également grâce à sa deuxième place. Et Francesco Bagnaia continue de reculer.
Après son catastrophique week-end de Misano, l’ancien champion glisse au neuvième rang du classement, derrière Alex Marquez. C’est peut-être le symbole le plus saisissant de la situation actuelle de Ducati : la même journée voit Marc Marquez prendre la tête du championnat tandis que Pecco poursuit sa chute dans la hiérarchie.
Chez les constructeurs, en revanche, Ducati profite pleinement du résultat et passe devant Aprilia, avec seulement deux points séparant désormais les deux marques.
Le championnat recommence à zéro à Misano
C’est finalement la conséquence majeure de Misano. Il reste encore une longue fin de saison, mais les 19 points de sécurité dont disposait Martin ont disparu. Marc Marquez n’a pas simplement gagné deux courses en Italie. Il a utilisé un seul week-end pour effacer intégralement le retard accumulé depuis le début du championnat. À 274-274, Martin conserve toutes ses chances, Bezzecchi reste à portée et rien n’est joué. Mais psychologiquement, le rapport de force en MotoGP vient de changer : celui qui poursuivait est désormais celui que les autres doivent rattraper.

























