George Russell connaît désormais l’un des plaisirs les plus raffinés de la Formule 1 : voir son jeune équipier transformer chaque week-end en contrôle continu. Et, visiblement, Kimi Antonelli distribue rarement les bonnes notes.

Rosberg voit le doute gagner Russell.
Nico Rosberg estime que la réussite du prodige italien commence à sérieusement grignoter la confiance du Britannique. Une situation que le champion du monde 2016 connaît bien : chez Mercedes, la comparaison avec le pilote installé dans le garage voisin peut rapidement devenir une torture mentale.
« Il a toujours été rapide. Il a toujours été, au minimum, au même niveau que ses coéquipiers. Et soudain, tout a disparu. C’est vraiment difficile à vivre », analyse Rosberg.
Russell ne serait donc plus seulement occupé à trouver quelques dixièmes dans les réglages de sa monoplace. Il chercherait aussi à comprendre où est passé le pilote capable de tenir tête à presque tout le monde.
« Vous commencez à douter de vous-même : “Est-ce que je ne suis pas assez bon ?” Peu importe la confiance que vous avez, le doute s’installe », poursuit l’ancien pilote Mercedes.
Le problème possède un prénom, un nom et une fâcheuse tendance à gagner : Kimi Antonelli. L’Italien a encore creusé l’écart au championnat après sa victoire à Madrid, tandis que Russell devait se contenter de la cinquième place. Il compte désormais 81 points d’avance sur son équipier et s’affirme comme le grand patron de la saison.
Le contraste est d’autant plus brutal que Russell avait parfaitement lancé son année en remportant le Grand Prix d’Australie devant Antonelli, offrant alors un doublé à Mercedes. Il a également rappelé sa vitesse en dominant le sprint de Zandvoort depuis la pole. Mais quelques éclairs ne suffisent plus lorsque le voisin éclaire toute la saison.
« Le doute s’installe : “Est-ce que je ne suis tout simplement pas assez bon, ou étais-je meilleur auparavant ? Est-ce que je fais quelque chose de mal maintenant ?” C’est vraiment dur », insiste Rosberg.
Russell n’est donc pas devenu lent du jour au lendemain. Il subit simplement la loi la plus brutale du paddock : en Formule 1, votre véritable valeur ne se mesure pas toujours au chronomètre, mais à celui du pilote qui possède exactement la même voiture.
Et lorsque ce pilote est un phénomène de 20 ans lancé vers le titre, le miroir Mercedes ne renvoie plus une image. Il rend directement le verdict.









