Moto GP
Publié le 6 octobre 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP – Gigi Dall’Igna touche les 100 victoires chez Ducati à Motegi : « C’est un âge d’or… mais ça veut aussi dire que je vieillis »

Ducati atteint 100 victoires sous Gigi Dall'Igna. Pourtant, sa Desmosedici préférée reste la GP15, une moto qui n'a remporté aucun Grand Prix.

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Cent victoires en Grand Prix depuis son arrivée chez Ducati, et Gigi Dall’Igna aurait l’embarras du choix pour désigner la Desmosedici qui symbolise le mieux son œuvre. Pourtant, il ne choisit ni une moto championne du monde ni celle de la domination de Borgo Panigale. Sa préférée reste la GP15 de 2015. Une machine qui n’a remporté aucun Grand Prix, mais qui représente à ses yeux le moment où Ducati a véritablement changé de dimension.

Cent victoires… et un petit rappel du temps qui passe … Lorsque Dall’Igna prend les commandes du projet MotoGP Ducati à la fin de 2013, la marque traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire moderne. La victoire est alors devenue un souvenir. Plus d’une décennie plus tard, le compteur vient d’atteindre 100 succès en Grand Prix sous sa direction.

« Je suis heureux et fier. Cent est un grand nombre, mais cela signifie aussi que je vieillis. C’est le revers de la médaille », plaisante l’Italien. Pourtant, lorsqu’il doit sélectionner le moment le plus important de cette série, il remonte immédiatement à son commencement. L’Autriche 2016 et Andrea Iannone. « Cette première victoire en Autriche était la plus importante et reste mon meilleur souvenir. » Elle mettait fin à près de six années sans victoire pour Ducati en MotoGP.

Mais sa Ducati préférée n’a jamais gagné

Plus surprenant encore : la moto que Dall’Igna conserve « la plus proche de son cœur » n’est pas celle de ce premier succès. C’est la Desmosedici GP15. « Cette moto a représenté une véritable avancée, et ce n’était pas facile. Il y avait beaucoup de pression à l’époque. »

La GP15 n’a pourtant jamais gagné. Elle a obtenu des podiums et des poles, mais Ducati dut attendre la saison suivante pour retrouver la plus haute marche. C’est justement ce qui rend le choix révélateur. Dall’Igna ne désigne pas le résultat de sa reconstruction. Il choisit la moto qui lui a prouvé que sa reconstruction fonctionnait.

Ducati n’a pas seulement construit une moto rapide

La décennie suivante a profondément modifié le MotoGP. Ducati a joué un rôle majeur dans l’explosion de l’aérodynamique, dans les dispositifs permettant de modifier l’assiette des motos et plus généralement dans une approche extrêmement agressive de l’innovation.

Certaines de ces solutions ont été copiées. D’autres ont fini par être encadrées ou interdites. Dall’Igna ne cache pas sa satisfaction d’avoir contribué à provoquer cette transformation. « C’est notre travail, et je pense que nous l’avons fait de la meilleure manière possible. »

Mais il considère surtout que Ducati possède désormais quelque chose de plus précieux que chacune de ces inventions : le savoir accumulé pour les concevoir.

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Voilà pourquoi les 850 ne semblent pas l’effrayer

Cette remarque prend une importance particulière à l’approche de 2027. La cylindrée tombera à 850 cc, l’aérodynamique sera réduite, les dispositifs de correction d’assiette disparaîtront et Pirelli remplacera Michelin.

Autrement dit, une partie des armes avec lesquelles Ducati a construit sa supériorité actuelle va disparaître. Dall’Igna reste pourtant serein. « Même si les règlements changent à l’avenir, je crois que les connaissances que nous avons acquises nous permettent de regarder l’avenir positivement. »

La première phase de développement de la Ducati 850 est d’ailleurs presque terminée. Un nouvel essai important reste programmé avant que le travail se poursuive, notamment avec Michele Pirro et Nicolò Bulega.

Le véritable héritage des 100 victoires

Dall’Igna parle aujourd’hui d’un « âge d’or » et reconnaît qu’il devient difficile d’imaginer faire beaucoup mieux. Mais son choix de la GP15 permet justement de comprendre pourquoi Ducati ne considère probablement pas 2027 comme un retour à zéro.

Les règlements peuvent supprimer des dispositifs. La cylindrée peut changer. Les pneus aussi. Ce que le règlement ne peut pas effacer, c’est la méthode qui a permis de passer d’une Ducati incapable de gagner à une marque ayant accumulé 100 victoires sous la même direction technique.

Et Dall’Igna vient involontairement d’en donner le symbole parfait. Sa Ducati la plus importante n’est pas celle qui a gagné le plus. C’est celle avec laquelle il a compris que les autres finiraient par gagner.