Les comptes de Red Bull Racing ont leur propre sens du spectacle. En 2025, l’écurie a porté son chiffre d’affaires à 379,583 millions de livres sterling, contre 314,409 millions un an plus tôt. Son bénéfice brut a bondi de 23,676 à 104,205 millions. Une hausse spectaculaire au terme d’une saison agitée, marquée par le départ de Christian Horner et la perte du titre constructeurs.

Red Bull Racing : le départ de Horner a coûté cher
Une année agitée, des revenus en hausse
Mais une autre ligne attire l’œil. Les documents déposés au registre britannique font état d’une indemnité de cessation de fonctions de 100,482 millions de livres, répartie entre Red Bull Racing et Red Bull Technology. RacingNews365 identifie le dirigeant concerné comme Horner, renvoyé en juillet 2025. Red Bull signe donc une année financière solide ; son divorce avec son patron historique, lui, n’a rien eu d’une séparation à petit prix.
Le chiffre d’affaires accélère
La progression du chiffre d’affaires atteint environ 20,7 %. Elle rassemble les revenus d’une écurie : les dotations liées aux résultats, les recettes commerciales et les partenariats. Le rapport financier de l’exercice précédent mettait déjà l’accent sur « de forts revenus issus des prix et du sponsoring ». Les succès en piste nourrissent donc les comptes, mais les partenaires et les contrats à long terme contribuent aussi à faire tourner la machine.
En 2025, Max Verstappen a terminé deuxième du championnat pilotes et Red Bull troisième chez les constructeurs. La performance restait réelle, même si l’équipe n’a pas conservé sa couronne. C’est dans ce contexte que le bénéfice brut a été multiplié par plus de quatre. Il représente le chiffre d’affaires après déduction des coûts directement liés à l’activité, pas la somme finalement conservée par l’entreprise.
Après les autres dépenses et les intérêts, Red Bull Racing affiche un bénéfice avant impôt de 11,075 millions de livres, contre 2,895 millions en 2024. Une fois l’impôt payé, le bénéfice net atteint 9,384 millions, soit 7,703 millions de mieux que l’exercice précédent. Voilà la mesure la plus utile pour comprendre ce que l’écurie a réellement gardé : le chiffre est positif, mais bien plus modeste que le bénéfice brut mis en avant
Une indemnité répartie entre deux sociétés
Les 100,482 millions concernent deux sociétés du groupe, et non le seul compte de Red Bull Racing. Les documents comptables distinguent 33,494 millions de livres d’indemnité de départ pour Red Bull Racing et 66,988 millions pour Red Bull Technology. À ces sommes s’ajoutent les rémunérations ordinaires du dirigeant le mieux payé : 4,441 millions dans la première société et 9,029 millions dans la seconde.
Les comptes ne donnent pas son nom dans cette rubrique. RacingNews365 l’identifie comme Horner, qui dirigeait l’équipe avant son éviction. La précision compte : les 100,482 millions ne sont pas présentés comme une simple prime versée par l’écurie. Les comptes parlent de « compensation for loss of office », autrement dit d’une indemnité liée à la cessation de fonctions, enregistrée dans les documents de deux entreprises du groupe.
Horner a été démis de ses fonctions de directeur général et de directeur d’équipe le 9 juillet 2025, après vingt ans à la tête de Red Bull Racing. Il a ensuite quitté ses fonctions dans les sociétés du groupe en août. Laurent Mekies, jusque-là patron de Racing Bulls, a pris la relève à Milton Keynes. Le changement intervenait alors que l’équipe traversait une période sportive et managériale tendue
Des comptes solides, une saison de transition
La progression financière ne signifie pas que tout allait parfaitement dans le garage. Elle cohabite avec une réorganisation de la direction et une indemnité exceptionnelle de grande ampleur. Il faut aussi éviter de comparer directement les 100 millions liés au départ et les 9,384 millions de bénéfice net : l’indemnité est répartie entre deux sociétés, tandis que ce bénéfice concerne Red Bull Racing seule. Les périmètres comptables ne sont pas les mêmes.
La hausse du chiffre d’affaires montre néanmoins la force commerciale du projet Red Bull. L’écurie reste capable d’attirer des partenaires et de générer des revenus importants, même lorsque sa domination sportive recule. Mais la saison 2025 rappelle aussi que la valeur d’une équipe ne se résume pas à ses trophées : l’image de marque, la visibilité mondiale et les contrats pèsent dans les comptes. Dans son rapport précédent, Red Bull présentait déjà les partenariats solides et les victoires comme des indicateurs clés de sa stratégie.
Red Bull publie ainsi le portrait d’une entreprise qui gagne de l’argent au milieu des secousses. La hausse du chiffre d’affaires et du bénéfice brut confirme sa puissance ; le bénéfice net, bien plus modeste, en donne une lecture plus précise. Quant au départ de Horner, les indemnités comptabilisées dans les deux sociétés du groupe donnent une mesure saisissante du coût de la rupture. Après vingt ans de règne, le patron est parti ; les comptes en gardent une trace très concrète.
Red Bull Racing’s 2025 financial figures:
• Turnover: £379.583m GBP— up from £314.409m GBP in 2024
• Gross profit: £104.205m GBP — up from £23.676m GBP[https://t.co/kzsi1THsmo] pic.twitter.com/qR5o29KKyV
— RBR Hub (@RBRHub) October 7, 2026








