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Cette année, les constructeurs ont décidé de se regrouper pour procéder à un test semi-privé de 2 jours avant le Grand Prix à Misano, mettant ainsi fin à nos quasi traditionnelles séances de paparazzi post-Grand Prix qui nous avaient permis, entre autre, d’entendre le moteur big-bang Honda en 2016 bien avant tout le monde

Bien évidemment, les teams n’ont pas procédé à ce test pré-Grand Prix pour nous empêcher d’espionner gentiment, mais parce que le revêtement du Misano World Circuit Marco Simoncelli a évolué depuis l’année dernière, sans que cela ait été reporté dans la presse.

Véritable patinoire sous la pluie (on se rappelle le record de 140 chutes en 2017), l’asphalte italien qui a connu deux réfections en 2006 et en 2015 par la société Pesaresi Giuseppe S.p.A, a en effet subi cette année un traitement visant à améliorer son adhérence sur le mouillé.

La piste a donc été sablée pour en augmenter sa rugosité, ce qui a permis d’atteindre l’objectif visé sur le mouillé… mais en a diminué son adhérence sur le sec !

Après les essais MotoGP qui viennent de s’y dérouler, les différents techniciens estiment la perte au chrono entre 1/2 seconde et une seconde par rapport à l’année dernière.

Pourtant, paradoxe apparent, Fabio Quartararo y a frôlé le record absolu de la piste lors du dernier jour d’essais grâce à un chrono de 1’31.639 à comparer avec le 1’31.629 établi par Jorge Lorenzo en 2018 au guidon de la Ducati.

Est-ce à dire que le pilote français disposait d’un atout caché dans sa manche ?

Oui, mais comme tous ses petits camarades !

Michelin, évidemment au courant des travaux effectués sur la piste italienne, avait apporté une arme secrète, en l’occurrence un pneu arrière extra soft expérimental doté de la gomme la plus tendre disponible au catalogue du manufacturier français, donc ne durant que quelques tours.

Certains ont assimilé cela a un pneu de qualification, et on peut les comprendre, mais Michelin a tenu à bien préciser les choses : aucun pneu de qualification n’est prévu pour les années à venir, et le propos de cette enveloppe était simplement de calibrer avec précision le nouveau niveau d’adhérence de la piste italienne.

Concrètement, cet extra-soft permettait néanmoins de gagner au moins 4 dixièmes de seconde au tour sur la Yamaha (et beaucoup plus sur certaines motos) et fut utilisé par la grande majorité des pilotes, Fabio Quartararo y compris lors de son tour le plus rapide.

Lors de la première journée, les températures pas très élevées se seraient bien prêtées à de bons chronos si la piste n’avait pas été lavée par la pluie de la veille et avait disposée de plus de gomme déposée : en clair, elle n’était pas adhérente. Le lendemain, les choses se sont logiquement peu à peu améliorées mais le revêtement, environ 10° plus chaud, a limité l’accroissement de performance.

Pourtant, grâce à l’arrière extra soft, Jack Miller, Francesco Bagnaia et Tito Rabat ont pu progresser dès le matin, avant que la plupart des 10 premiers au classement final fassent de même l’après-midi, à l’image de Danilo Petrucci, Franco Morbidelli, Valentino Rossi, Maverick Viñales, Takaaki Nakagami, etc.

Parmi les leaders, seuls Marc Márquez et probablement Andrea Dovizioso n’ont pas utilisé cet extra soft.

Cela diminue-t-il la qualité de la performance de Fabio Quartararo ? Absolument pas, puisque le pilote français, sans cet extra soft « magique », était quand même plus rapide que ses adversaires en extra soft !

De quoi rassurer les fans d’El Diablo qui a démontré durant ces deux jours être à la fois plus véloce que ses concurrents directs mais aussi que Marc Márquez et Andrea Dovizioso qui ont visiblement travaillé essentiellement pour la course et/ou 2020…

Vivement la semaine prochaine !

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