On voit rarement dans une course de 24 heures la moto des leaders disparaitre en tête et que personne ne la revoit plus jusqu’à l’arrivée, tant son rythme est rapide et constant. C’est ce genre d’exploit impressionnant auquel est parvenue l’équipe F.C.C. TSR Honda France avec sa CBR1000RR-R équipée en Bridgestone au Mans, avec Josh Hook, Freddy Foray et Mike di Meglio.

L’équipe s’est rapidement retrouvée dans le quatuor de tête, à la lutte avec le BMW Motorrad World Endurance Team, le Suzuki Endurance Racing Team, et le team Webike SRC Kawasaki France Trickstar.

Mike, à l’issue de la huitième heure, toi et ton équipe possédiez trois tours d’avance sur la Kawasaki et la Suzuki. Comment avez-vous réussi à creuser aussi vite un si grand écart ?

« Quand je suis parti dans mon premier relais, je me sentais bien. J’avais réussi à finir ce premier roulage avec sept secondes d’avance sur le YART. Mes coéquipiers m’ont ensuite relayé. Karel Hanika est tombé peu après, et quand j’ai pris mon relais suivant il s’est mis à pleuvoir. »

« Dans ce relais, j’ai réussi à rouler beaucoup plus vite que les autres pilotes et je l’ai terminé avec deux tours d’avance sur le deuxième. De là, après on a réussi à creuser un peu d’écart et j’ai essayé de le maintenir sur le deuxième. En fait dès qu’il y a eu les conditions de pluie, on a réussi à creuser un bon écart. »

Vous remontiez au classement du Championnat du Monde grâce aux points alloués aux 5 premiers sur la grille de départ et aux dix premiers au classement après 8 heures de course. Pourquoi la nouvelle CBR1000RR-R et les pneus Bridgestone étaient-ils le meilleur choix ?

« La moto était nouvelle. On l’avait essayée en mars, alors qu’elle en était à 40% de son développement chez TSR. Elle était déjà très rapide. En raison du Covid-19, l’équipe a dû beaucoup travailler au Japon. »

« Donc ils sont arrivés avec la moto prête, et dès le début il a fallu rester concentrés et faire des kilomètres avec, parce qu’on avait besoin de savoir si la fiabilité était là. Ça a bien fonctionné. »

« Bridgestone, d’année en année, a bien progressé au niveau des pneumatiques dont désormais la mise en régime est très bonne. »

« Tout progresse petit à petit. Concernant la moto, on ne s’attendait pas à ce que ça se passe aussi bien. On pensait qu’on risquait d’avoir un peu de galère, mais le team a vraiment bien travaillé. Ils ont pris chaque détail en compte afin que la moto soit la plus performante possible. »

La pluie a-t-elle été un avantage pour Josh Hook, Freddy Foray et toi ?

« Un avantage ? En fait je pense que les Bridgestone étaient vraiment très bons sous la pluie. Normalement, on sait qu’on arrive à rouler en 1’48-1.49 sous la pluie. Là quand j’ai vu qu’il y avait beaucoup de chutes, on a assuré en 1.52-1.53 pour vraiment éviter de tomber. »

« Malgré ces chronos-là, on arrivait à rouler 2 ou 3 secondes plus vite que tout le monde. »

Il est rarissime de retrouver sur un podium trois constructeurs et trois manufacturiers de pneumatiques différents comme ce fut le cas au Mans. Est-ce positif pour l’endurance ?

« Bien sûr ! Bien sûr que c’est positif, parce que déjà on n’est pas obligés d’être en mono marque. Cela permet donc d’avoir de la bagarre au niveau des manufacturiers de pneus. C’est le cas aussi des constructeurs, donc c’est super d’avoir un championnat comme-çà ! »

« Je pense qu’on a réussi à creuser l’écart, mais on a vu qu’au championnat tout le monde était serré. Je pense que si le YART n’avait pas chuté, on aurait pu se bagarrer jusqu’à la fin, parce qu’on avait à peu près le même rythme. »

« Chez Kawasaki, c’était leur première course avec les Michelin, et c’est vraiment bien d’avoir déjà réussi ce qu’ils sont parvenus à faire. Comme ça, ils ont pris de l’expérience. La Suzuki a un nouveau package pilotes, donc il faut que tout le monde s’y mette et se connaisse. »

Comment vois-tu la suite du Championnat avec la dernière course à Estoril ?

« Très bien. Je ne sais pas encore sur quelle moto on va courir. Si on va continuer avec un moteur d’origine, ou si le team va faire des préparations pour que la moto soit plus performante sur une course plus courte. »

« On va continuer à travailler, et à apprendre le feeling avec cette nouvelle moto. Nous sommes trois pilotes, mais on ne fait pas d’énormes réglages. Il faut continuer à approfondir tout ça et connaître ce dont la moto a besoin. »

Vous avez une séance de test d’ici à Estoril ?

« Non. En fait, on est arrivés au Mans sans avoir fait d’essais. Et là, entre les deux, je pars la semaine prochaine à Misano pour la MotoE, donc ce n’est pas possible de faire des essais. »

Justement, rendez-vous dans une dizaine de jours à Misano pour la MotoE. Te fais-tu plus plaisir en endurance ou en électrique ?

« C’est deux choses différentes. L’endurance, c’est beaucoup de partage avec des coéquipiers. L’électrique c’est une coupe, on a tous la même moto, donc ça reste une course individuelle. »

« Mais une coupe est quelque chose de complémentaire qui apporte à l’un ou à l’autre. Je me fais plaisir sur les deux. C’est toujours bien d’avoir un championnat “sprint” à côté. »

L’interview des vainqueurs après la course, par Bruno Vandestick :

Le résumé filmé des 24 Heures :

Photos © FCC TSR Honda France pour l‘endurance, EG 0,0 Marc VDS pour la MotoE



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