F1
Publié le 28 août 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Verstappen repart dernier… avec 100 karts devant lui : Red Bull lui invente le trafic ultime à Silverstone

Verstappen défiera 100 adversaires en karting à Silverstone. Un show Red Bull démesuré où le quadruple champion devra tous les dépasser.

Il fallait probablement être Red Bull pour regarder Max Verstappen et se demander : « Comment peut-on encore lui compliquer un départ ? » La réponse est arrivée. Le 16 septembre, le quadruple champion du monde laissera temporairement sa Formule 1 au garage pour participer à « Max vs 100 », un événement de karting complètement démesuré organisé à Silverstone.

 Max Verstappen retourne au karting, version XXL.

Le principe tient en une phrase : 101 karts sur la piste, Verstappentout au fond, cent adversaires devant lui et l’obligation de tous les dépasser avant la fin de l’épreuve. Parce qu’apparemment partir P20 était devenu beaucoup trop banal.

Red Bull présente l’événement comme l’une des plus grandes courses de karting jamais organisées. Le tracé a été spécialement conçu pour supporter cette marée humaine et la diffusion sera assurée en direct sur Disney+, avec également ESPN aux États-Unis. Du sport automobile pur ? Pas totalement. Du spectacle ? Absolument. Et pour une fois, personne ne cherche vraiment à s’en cacher.

Cent devant, Max derrière : le concept est délicieusement simple

Il n’y aura pas uniquement cent champions de karting prêts à enfermer Verstappen au premier virage. Et heureusement pour lui.

Le plateau mélangera athlètes Red Bull, célébrités, créateurs de contenu, personnalités et quelques amateurs sélectionnés à travers le monde. Parmi les premiers noms confirmés figurent notamment l’ultrarunner Arda Saatçi, le basketteur Chris Matthews, le freerider Matt Jones ainsi que plusieurs streamers, dont TheGrefg, Caedrel et TheDonato. Voilà qui relativise évidemment le concept de « Max contre 100 pilotes ».

Mettre Verstappen derrière 100 spécialistes internationaux du karting aurait probablement transformé le joli show télévisé en expérience beaucoup plus douloureuse.

Red Bull préfère donc le cocktail maison : un champion du monde ; quelques sportifs ; des influenceurs ; des fans ; cent karts ; et suffisamment de caméras pour ne surtout rien perdre du premier bouchon.

Mario Kart, mais avec un quadruple champion du monde et sans carapace bleue. Et ne vous y trompez pas : dépasser les 100 sera loin d’être une promenade. Car même avec des concurrents de niveaux très différents, le défi est beaucoup plus sérieux qu’il n’y paraît.

Le circuit a été conçu par David Terrien, ancien pilote français, spécialiste de la conception de pistes et ancien champion du monde junior de karting.

Son casse-tête n’était déjà pas banal : créer une configuration permettant à 101 machines de rouler simultanément, avec suffisamment de zones de dépassement pour rendre le défi possible sans transformer Silverstone en périphérique parisien un vendredi soir.  Et le premier test a donné une indication assez amusante. Terrien et Sebastian Job, double champion du monde iRacing et pilote Red Bull Sim Racing, ont essayé le concept avec seulement 50 karts.

Verdict de Job : « Même avec 50, c’était déjà un défi. » Doublez maintenant le trafic. Ajoutez Verstappen dernier. Et lancez le chronomètre. Finalement, le département marketing de Red Bull a peut-être accidentellement créé un vrai problème de pilote.

Le meilleur détail ? Max attend surtout « le chaos »

Évidemment, Verstappen semble ravi. Là où un autre pilote demanderait combien de kilomètres séparent le premier kart du 101e, le Néerlandais semble surtout attiré par la perspective de se retrouver au milieu d’un gigantesque embouteillage motorisé.

Interrogé sur ce qu’il attendait le plus, il a résumé le programme avec une formule très Verstappen :

« Voir le chaos se dérouler devant moi. » 

On reconnaît bien l’homme. Certains contemplent un peloton de cent véhicules et voient un problème de sécurité. Max y voit apparemment un buffet de dépassements.

Le retour aux sources est tout sauf artificiel

Derrière le grand numéro marketing, le choix du karting possède néanmoins une vraie cohérence. Verstappen a commencé à rouler en kart à quatre ans, avant d’entrer en compétition dès l’âge de sept ans. Il a ensuite dominé plusieurs catégories en Belgique, aux Pays-Bas puis au niveau international, avant une extraordinaire campagne 2013 qui a accéléré son passage vers la monoplace.

En 2014, il disputait sa première saison en automobile. En 2015, il devenait à seulement 17 ans le plus jeune pilote de l’histoire à prendre le départ d’un Grand Prix de Formule 1. La progression n’était pas exactement celle d’un garçon prenant son temps.

Pour Verstappen, le kart reste d’ailleurs l’école fondamentale du pilotage : départs, défense, trajectoires, lecture de l’adversaire, dépassements. Et sur ce point, l’événement du 16 septembre pourrait presque devenir un exercice grandeur nature. Avec cent cibles devant soi, difficile d’expliquer ensuite qu’on n’a pas trouvé l’occasion de dépasser.

Silverstone, terrain plutôt approprié pour Max

Le choix de Silverstone ajoute aussi une petite couche sympathique à l’histoire. Verstappen connaît légèrement les lieux. Le Néerlandais possède toujours le record officiel du tour en course du circuit de Grand Prix, établi en 1’27″097 en 2020. Silverstone rappelle également qu’il y a déjà remporté deux épreuves de Formule 1.

Attention toutefois : Max vs 100 ne se déroulera pas sur les 5,891 kilomètres du tracé F1 traditionnel. Une piste spécifique de karting sera aménagée pour l’occasion. Dommage. Voir 101 karts arriver à Copse ensemble aurait probablement permis de tester immédiatement les limites du service assurances de Red Bull.

Et le timing apporte une pointe d’ironie

Le parallèle avec la saison 2026 de Verstappen fait quelque peu sourire..

Après douze Grands Prix, le quadruple champion du monde occupe seulement la sixième place du championnat avec 112 points. Il n’a toujours remporté aucun Grand Prix cette année et compte déjà quatre abandons. Le dernier vient justement de Zandvoort, où sa course à domicile s’est terminée prématurément. Pendant plusieurs saisons, toute la F1 s’est demandé comment empêcher Verstappen de partir devant et de disparaître à l’horizon.

En 2026, Red Bull a donc trouvé une solution radicale :

le faire partir 101e. Au moins, là, personne ne pourra accuser l’organisation de lui avoir facilité le travail.

Red Bull transforme évidemment tout cela en énorme programme télé

Il aurait été extrêmement naïf d’imaginer 101 karts, Verstappen et Silverstone sans une production ressemblant à un jeu vidéo. La retransmission doit intégrer des prises de vue par drones, des données de course en direct et des graphismes inspirés du gaming, afin de suivre le nombre d’adversaires restant devant Verstappen.

Mieux encore : Max sera équipé d’un système lui permettant de communiquer directement avec certains de ses adversaires pendant la course. Cette idée mérite à elle seule la diffusion. Parce que mettre Verstappen au milieu de cent pilotes amateurs est une chose. Laisser son micro ouvert pendant qu’ils lui ferment la porte en est une autre. Le service juridique a probablement déjà réservé sa soirée.

Des fans pourront même gagner leur place sur la grille

Red Bull a également transformé l’accès au départ en compétition. Via son programme Best Seats in the House, cinq participants pourront décrocher leur place face à Verstappen grâce à un jeu de karting organisé sur la plateforme MyPaddock. Les sélectionnés bénéficieront d’une journée de préparation à Silverstone avec Arvid Lindblad, puis d’une visite de l’usine Red Bull avant d’intégrer le peloton du fameux défi. Pour une fois, gagner à un jeu vidéo peut donc aboutir à une situation très concrète : regarder dans son rétroviseur et découvrir Max Verstappen lancé à vos trousses.

À chacun sa récompense.

Le sport ? Oui. Le show ? Encore davantage

Personne ne doit évidemment confondre Max vs 100 avec une finale de championnat du monde de karting. La composition volontairement hétérogène du plateau est précisément ce qui fait fonctionner l’idée. Cent véritables spécialistes du karting auraient offert un défi sportivement beaucoup plus pur. Mais ils auraient aussi probablement transformé la mission de Verstappen en tâche quasi impossible.

Ici, Red Bull cherche autre chose :

mettre l’un des meilleurs pilotes de sa génération dans une situation volontairement absurde et regarder comment son talent peut résoudre le problème. Et finalement, ce n’est pas une mauvaise définition du divertissement automobile.

Une seule certitude : le premier virage devrait être remarquable

Le 16 septembre, ils seront donc 101. Cent devant. Un derrière. Et au fond du peloton, un pilote qui a remporté quatre championnats du monde, 71 Grands Prix de F1 et qui semble surtout ravi de découvrir à quoi ressemble un embouteillage lorsqu’on lui donne officiellement le droit de dépasser tout le monde.

Red Bull appelle cela « Max vs 100 ». Disney+ en fera un show mondial. David Terrien promet un défi inédit. Sebastian Job prévient que même 50 pilotes étaient déjà difficiles à avaler. Et Verstappen ? Lui attend le chaos. Pour une fois, on peut probablement lui faire confiance sur un point :

avec 101 karts au même endroit, le chaos devrait être parfaitement ponctuel.