Jack Miller semble désormais se rapprocher sérieusement du WorldSBK. Yamaha souhaiterait conserver l’Australien après son départ de Pramac MotoGP et l’installer sur la R1 officielle en 2027. Mais Andrea Locatelli vient de rappeler une réalité beaucoup moins séduisante : dans son état actuel, la Superbike d’Iwata est très loin de jouer devant.
Pour Jack Miller, le passage du MotoGP au Superbike pourrait bientôt devenir une nécessité davantage qu’un choix. À 31 ans, l’Australien ne semble plus disposer d’une véritable option pour rester sur la grille MotoGP en 2027. Yamaha souhaite néanmoins conserver un pilote dont elle apprécie l’expérience et pourrait lui proposer une reconversion dans son équipe officielle WorldSBK.
Une décision serait attendue en septembre selon le journaliste Manuel Pecino. Miller prépare d’ailleurs déjà le terrain. Il aurait pris contact avec Michelin, qui remplacera Pirelli comme fournisseur du WorldSBK en 2027, afin d’obtenir des informations sur les futurs pneumatiques. Une initiative logique : après des années passées avec Michelin en MotoGP, Miller pourrait disposer d’un avantage d’adaptation sur les habitués du Superbike. Mais encore faudrait-il que sa future Yamaha lui permette d’en profiter…
Andrea Locatelli : « Il est clair que la R1 est en difficulté »
Andrea Locatelli ne cherche pas à masquer les problèmes. Interrogé par Motosprint sur la valeur d’un top 5 avec la Yamaha actuelle, l’Italien a répondu en replaçant les performances de la R1 dans leur contexte.
« Une victoire ? Non. Un podium, oui – peut-être une deuxième place. En fait, une troisième place serait comparable à une première. » La déclaration est significative. Après une première partie de saison 2026 difficile, la cinquième place obtenue par Locatelli à Phillip Island demeure le meilleur résultat de Yamaha.
Et l’Italien insiste surtout sur l’importance prise par la moto dans la hiérarchie actuelle. « Que faisait Iker Lecuona chez Honda ? Aujourd’hui, il gagne sur une Ducati. Et Xavi Vierge ? Force est de constater qu’aujourd’hui, le package technique compte énormément en compétition. »
Son diagnostic sur sa propre machine est alors particulièrement clair : « Il est évident que la R1 est en difficulté. » Locatelli a pourtant décidé de rester fidèle à Yamaha, considérant que le constructeur lui offre également des perspectives professionnelles dépassant les seuls résultats immédiats.
« En restant ici, j’ai accepté la situation et ce qu’elle offre. Chez Yamaha, je mange et je vais aux toilettes – c’est juste pour montrer que cela fait partie de mon quotidien. J’adore ce que je fais et j’essaie toujours de rester positif. À quoi bon pleurer ? À rien. »

Jack Miller connaît déjà la R1… et sa première impression était étonnante
Le problème est d’autant plus intéressant que Jack Miller a déjà découvert la Yamaha R1. Lors de sa participation aux 8 Heures de Suzuka en juillet, l’Australien a pu prendre la mesure de la Superbike japonaise.
Sa comparaison avait surpris : Miller avait rapproché les sensations offertes par la R1 de celles d’une Moto3. Ce commentaire ne signifiait pas nécessairement que la moto était mauvaise. Il illustrait surtout l’immense différence avec les prototypes MotoGP auxquels Miller est habitué en matière de puissance, d’accélération et de comportement.
Passer d’une MotoGP à une Superbike demandera donc une véritable réadaptation. Et Miller risque de retrouver chez Yamaha une situation qu’il connaît déjà parfaitement.
De la Yamaha MotoGP en crise à la Yamaha Superbike en difficulté ?
Jack Miller dispute actuellement une saison compliquée avec Pramac alors que le projet Yamaha MotoGP traverse une profonde reconstruction. En rejoignant le WorldSBK, il pourrait découvrir une R1 confrontée elle aussi à un important déficit de compétitivité.
Son expérience Michelin pourrait certes devenir précieuse en 2027. Le changement de manufacturier constitue une inconnue suffisamment importante pour éventuellement redistribuer certaines cartes. Miller connaîtra les méthodes et certaines caractéristiques générales de Michelin, même si les pneus développés pour le WorldSBK seront nécessairement spécifiques aux Superbikes.
Mais Locatelli rappelle une évidence : un avantage pneumatique individuel ne compensera pas nécessairement les faiblesses d’un package technique.
Le transfert n’est cependant pas encore acquis. Yamaha doit également décider du sort de Xavi Vierge, actuellement engagé avec la marque et dont les performances constituent un argument pour poursuivre l’aventure.
Miller apporterait cependant un profil très différent : une immense expérience du MotoGP, une connaissance récente de Yamaha et surtout une expertise Michelin potentiellement très utile au moment où le WorldSBK changera de fournisseur. C’est probablement ce qui rend sa candidature particulièrement attractive.
Mais si Yamaha choisit finalement Jack Miller, l’Australien ne débarquera manifestement pas dans une équipe disposant d’une machine prête à jouer immédiatement le titre. Après avoir tenté de contribuer au redressement de Yamaha en MotoGP, Miller pourrait donc recevoir exactement la même mission en WorldSBK : aider Iwata à reconstruire un projet qui, selon son propre pilote Andrea Locatelli, est aujourd’hui clairement « en difficulté ».










