La rumeur avait pris de la vitesse ; Martin Brundle a tenté de lui remettre les freins. En marge du Grand Prix de Bahreïn disputé à Sepang, le commentateur britannique a révélé avoir appelé directement Christian Horner pour lui demander ce qu’il pensait vraiment d’un possible poste chez Ferrari. La réponse de l’ancien patron de Red Bull ? Il aurait simplement été « poli et respectueux » envers la Scuderia lors d’une interview. De quoi calmer le paddock ? Pas tout à fait.

Brundle a appelé Horner : Ferrari, elle, maintient son soutien à Vasseur.
À l’origine de l’agitation, une déclaration de Horner au Times. Il y présentait Ferrari comme son « rêve » et comme la seule équipe qu’il pourrait rejoindre sans obtenir de participation au capital. Une formule flatteuse, mais suffisamment ouverte pour alimenter les spéculations sur l’avenir de Fred Vasseur. Horner cherche à revenir en Formule 1 après son départ de Red Bull ; Ferrari traverse une période sportive moins convaincante qu’espéré. Le rapprochement s’est presque écrit tout seul
Brundle affirme avoir voulu entendre la version de Horner directement. Selon lui, l’ancien dirigeant de Red Bull lui a expliqué que ses compliments sur Ferrari avaient été interprétés bien au-delà de son intention. Le commentateur ne présente toutefois pas cette conversation comme la preuve que Horner exclut le poste. Elle remet surtout en perspective une phrase devenue, en quelques jours, un scénario de remplacement. Entre intérêt pour Ferrari et candidature formelle, il reste un sacré virage.
Cette nuance compte. Horner n’a pas annoncé qu’il rejoignait Ferrari, et Brundle n’a pas révélé l’existence d’une négociation. Il rapporte plutôt une explication personnelle : Horner estime que ses propos ont pris une ampleur qu’il n’avait pas anticipée. La rumeur, elle, s’était nourrie du contexte. L’ancien patron cherche à retrouver un rôle en F1, le nom de Ferrari fait rêver, et Vasseur est régulièrement interrogé sur son avenir. Trois éléments réunis, et le paddock a déjà son feuilleton.
Brundle a aussi rappelé que diriger Ferrari représente à la fois l’un des meilleurs et des pires postes de la F1, tant la pression y est forte. Il a évoqué la dynamique potentiellement explosive d’une association entre Horner et Lewis Hamilton, après leur rivalité de 2021. À Maranello, le prestige du poste ne garantit ni une transition paisible ni une adhésion immédiate de toute l’équipe. L’idée est séduisante sur le papier ; dans la réalité, elle aurait beaucoup de personnalités et d’histoires à faire cohabiter.
Son argument est limpide : changer les dirigeants en permanence ne construit pas une équipe solide. « Il n’y a aucun intérêt à changer sans cesse les personnes clés », a-t-il résumé, avant d’appeler Ferrari à rester calme et à se soutenir. Une remarque qui vise autant la direction que le bruit médiatique. Car à force de discuter du prochain patron, on finit par parler moins du travail à faire sur la piste. Ferrari a besoin de progrès techniques ; elle n’a pas besoin que chaque week-end se transforme en audition pour le poste de team principal
La Scuderia a d’ailleurs déjà pris position. Elle a réaffirmé sa « pleine confiance » en Vasseur, et Charles Leclerc comme Hamilton ont publiquement soutenu le Français. Leclerc a souligné la valeur de son directeur pour l’équipe ; Hamilton lui a attribué une part du retour de Ferrari à la deuxième place du championnat des constructeurs. Le message est clair : la direction actuelle ne se comporte pas comme si le fauteuil était vacant.
Cela ne signifie pas que tout va bien. Ferrari reste confrontée à des difficultés de performance. Hamilton a pointé un déficit de puissance en ligne droite, tandis que Leclerc a insisté sur la nécessité de progresser également en châssis et en aérodynamique. Vasseur, de son côté, a appelé à l’unité et averti que désigner un responsable individuel serait une « énorme erreur ». Le soutien affiché au patron et les difficultés de la monoplace peuvent coexister : l’un n’efface pas l’autre.
La pression reste donc réelle. Ferrari est deuxième au classement des constructeurs, mais les pilotes réclament des améliorations sur plusieurs fronts. Hamilton a notamment évoqué le manque de vitesse en ligne droite ; Leclerc a rappelé que le châssis et l’aérodynamique doivent aussi progresser. Dans ce contexte, les spéculations autour de Horner occupent l’espace, alors que l’équipe doit surtout réduire son retard sur ses rivales. Brundle demande du calme ; Ferrari, elle, doit apporter des réponses sur la piste.
Le coup de téléphone de Brundle ne signe donc pas la fin de l’histoire. Il rappelle plutôt comment une déclaration de courtoisie peut devenir une piste de mercato lorsqu’un poste est sous surveillance et qu’un ancien patron cherche à revenir. Horner a peut-être simplement salué Ferrari ; la Scuderia a, elle, confirmé son choix de conserver Vasseur. Entre les deux, le paddock continue de faire ses additions — parfois avec un résultat qui dépasse largement les chiffres de départ.
Reste une question : Ferrari pourra-t-elle faire taire durablement les spéculations en affichant son soutien à Vasseur, ou faudra-t-il d’abord que les résultats parlent plus fort que les rumeurs ?
📰: Martin Brundle called Christian Horner directly to kill Ferrari-job speculation sparked by his "sleeping giant" comments: "it was sort of two plus two equals seven and a half." Horner reportedly isn't chasing anything "until the right opportunity comes up," while Vasseur… pic.twitter.com/IkNTulHayy
— F1 Naija (@f1_naija) October 2, 2026








