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Si Ducati, Yamaha, Honda, Suzuki et MV Agusta composent en grande majorité l’histoire de notre sport, beaucoup de petits constructeurs ont aussi essayé de conquérir la catégorie reine. Parmi eux : Cagiva.

Après les échecs répétés liés au développement de la moto et aux pilotes, la situation ne semble pas s’arranger. La moto est désormais dangereuse, en plus de ne pas être très rapide. Cagiva se bat avec des privés alors que l’usine pousse depuis une dizaine d’années.

Les frères Castiglioni financent un nouveau cadre, cette fois en fibre de carbone. Mais rien n’y fait. La direction annonce que la situation reste stagnante, Cagiva devra se retirer incessamment sous peu. Ainsi, ils décident d’abattre leur dernière carte. Eddie Lawson veut changer d’air, et le quadruple champion du monde décide d’accepter un défi que des dizaines de pilotes n’ont pas relevé. Il est introduit en grande pompe, et représente le dernier recours. Si il n’y arrive pas, au revoir les Grands Prix.

Quand ce dernier arrive dans les quartiers généraux de l’usine, il constate le moral à zéro des troupes. Mais heureusement, « Steady Eddie » n’est pas un pilote comme les autres. Ce dernier, en quelques tours parvient à apporter des précisions importantes et fait tout de suite fonctionner la belle rouge. Il réalise une exceptionnelle année 1991, cumulant les top 5 et monte même à deux reprises sur le podium. Giacomo Agostini en personne vient aussi aider à partir de cette époque, apportant une expertise non négligeable.

Une rare photo de Claudio Castiglioni recevant Eddie Lawson dans les locaux de Cagiva, en vue de leur collaboration. Si Kocinski réalisera des exploits, c’est bien grâce aux améliorations du quadruple champion du monde. Photo : sconosciuto

La victoire était à portée de main. En 1992, c’est la bonne. Après 12 ans de galères, de licenciements, de promesses non tenues : Eddie Lawson remporte le Grand Prix de Hongrie après avoir fait le bon choix de pneus. Une victoire éclatante bien méritée pour une équipe de passionnés. Cette même année, il termina même 6e du championnat. Lawson a donc remporté au moins une course sur trois marques différentes, un exploit en soi.

Le génie parti en retraite laissa place au trio Mladin/Chandler/Kocinski en 1993. Si Doug Chandler réalise des performances honorables dans les pas de Lawson, la moto semble dessinée pour Kocinski. L’atypique Américain découvrit la C593 tard dans la saison, mais remporte le Grand Prix des États-Unis à Laguna Seca quasi immédiatement. Une performance impressionnante, qui sera suivi d’une folle année.

Tout le monde savait qu’avoir Kocinski sous ses ordres était compliqué, mais celui-ci semblait se marier à merveille avec l’Italienne. En 1994, il remporte la manche d’ouverture du calendrier et score même six autres podiums pour terminer troisième du championnat, à deux points seulement de Cadalora, deuxième. Un exploit.

Mais toutes les belles histoires ont une fin. Fin 1994, Castiglioni déclare l’arrêt du programme, 14 ans après son lancement. On reverra une Cagiva privée aux mains de Pierfrancesco Chili en Italie en 1995, puis plus rien. Certes, la gestion de l’équipe au fil des années peut faire sourire, mais il faut saluer la passion des italiens qui n’ont pas hésité à mettre des moyens conséquents pour, au final, des résultats mitigés.

On ne pourra jamais oublier les magnifiques décorations rouges pétant qui égayèrent les grilles au début des années 1990. Tant de souvenirs, tant d’images liées à cette marque aujourd’hui tombée dans l’oubli. L’éléphant se relèvera peut être un jour, qui sait.

 

Photo de couverture : Klaus Nahr