Du haut de ses dix-sept saisons complètes en Grands Prix, Tom Lüthi est un des pilotes les plus expérimentés du paddock. Champion du Monde 125 cm3 en 2005, il s’est ensuite classé deuxième en 2016 et 2017 en Moto2, avant une saison en MotoGP où il ne réussit à marquer aucun point. Il s’est relancé l’année dernière en Moto2, terminant troisième du Championnat, et il occupe actuellement la dixième place après l’unique Grand Prix disputé au Qatar.

Avec 287 GP à son actif, à 33 ans Lüthi devance Simone Corsi qui a participé à 274 courses et son coéquipier chez Liqui Moly Intact GP Marcel Schrötter qui en totalise 175 à 27 ans.

En tant que travailleur indépendant, Tom Lüthi est actuellement confronté à d’énormes pertes de revenus. « Oui, bien sûr, aucune entreprise ou athlète ne s’attendait à une pandémie. Personne n’avait prévu cela dans ses plans. »

« Nous devons maintenant continuer à attendre et voir comment la situation évoluera au cours des prochaines semaines et au-delà » a déclaré le Suisse à Günther Wiesinger de Speedweek.com.

« J’ai toujours l’espoir que cela recommence cette année et que nous soyons capables de faire un Championnat du Monde cette saison. Je pourrai alors justifier mes dépenses auprès de mes sponsors, parce qu’ils auront alors leur présence dans les médias. »

« Mais jusqu’à présent, je ne sais pas dans quelle mesure je peux remplir mes contrats. Pour l’instant, nous n’avons pas d’autre choix que d’attendre et de voir comment et quand les choses vont continuer. Je suis indépendant en Suisse avec une entreprise individuelle. »

Tom Lüthi, comme d’autres athlètes, ainsi que des petites et moyennes entreprises, pourrait donc s’adresser au gouvernement fédéral et demander des subventions. « Oui, je pense que je pourrais. Mais je ne peux pas quantifier les dégâts jusqu’à présent. En outre, le gouvernement fédéral ne peut pas injecter de l’argent dans l’économie suisse sans limites. J’en suis conscient aussi. J’espère que le chômage en Suisse n’augmentera pas trop fortement. Il serait très, très important que l’économie se remette rapidement sur les rails. »

Il y a trois semaines, Tom Lüthi espérait encore une relance en juin, juillet ou août. Ce calendrier ne semble plus réaliste aujourd’hui, car les Italiens, les Espagnols et les Français sont soumis à de sévères interdictions de voyager et près de la moitié des équipes seraient alors hors service.

« J’essaie de rester en forme. Je me tiens au courant et je vois ce qui se passe, comment, où et quand. Je découvre quelles courses sont encore reportées. Et j’essaie de bien me préparer à un éventuel redémarrage. »

« Mais jusqu’à présent, personne ne peut estimer quand nous pourrons revenir sur la piste. Je ne sais pas. La situation est incertaine. Peut-être que le retour se fera plus vite que prévu. Et dans ce cas, je dois être prêt. »

« Je continue donc à me former à un haut niveau. Après la musculation, je me remets à faire des phases de récupération. Les hauts et les bas sont importants. Je ne m’entraînerai pas à plein régime pendant des mois. Sinon, je serai fatigué quand ça commencera enfin. »

Combien de courses sont absolument nécessaires pour pouvoir choisir un digne Champion du Monde en 2020 ? Selon Lüthi, « ce sera décidé par Dorna, pas par nous, les pilotes… Je ne sais pas quel scénario nous trouverons lors du redémarrage. Nous aurons peut-être deux courses par semaine. »

« Bien sûr, je préférerais que nous puissions disputer la saison avec toutes les courses que nous avions prévues. Mais il est clair que cela ne sera plus possible. Vous pouvez trouver un digne champion en dix Grand Prix. »

La finale du Championnat du Monde est prévue pour le 29 novembre à Valence. On peut s’y attendre à des températures très fraîches. « En 2019, Valence était déjà froid et rude à la mi-novembre. Mais vous pouvez toujours avoir de la chance à Valence à la fin novembre et passer un bon week-end. Mais vous pouvez aussi avoir de la malchance et presque de la neige. Ce risque est certainement présent à la fin du mois de novembre. Mais cela est décidé par Dorna. Et quoi qu’elle décide, nous ferons avec. »

 

 

Photos © Équipe Intact GP



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