En ce vendredi 18 juin 2021, Johann Zarco a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit du Sachsenring, au terme de la première journée du Grand Prix d’Allemagne.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français, toujours leader du championnat.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Johann Zarco sans la moindre mise en forme, même si la première partie (vouvoiement) est traduite de l’anglais.


 

Votre coéquipier a déclaré qu’il aurait une Ducati GP22 l’an prochain chez Pramac Racing. Avez-vous des précisions ou êtes-vous inquiet à ce sujet ?

Johann Zarco : « Ce n’est clairement pas le sujet de cette réunion maintenant, mais je ne suis pas inquiet. Pour le moment, je joue le championnat et je fais du bon travail avec Ducati, donc je pense que je n’ai aucune inquiétude pour être avec Pramac l’année prochaine. Je serais peut-être un peu plus inquiet plus tard, mais je suis dans la meilleure position pour jouer. Il n’y a pas d’inquiétude. »

C’était votre première fois avec la Ducati au Sachsenring et nous avons vu que la plupart des Ducati peinaient dans les secteurs trois et quatre. Pourquoi ?

« C’est difficile à dire. J’essaye d’apprendre beaucoup de choses sur cette piste. Même si je suis heureux de retrouver ce tracé particulier, je vois que mon style naturel ne s’accorde pas partout. J’ai vraiment besoin de prendre les choses calmement et de trouver des solutions, à la fois me concernant et concernant la moto, pour faire un pas en avant et garder le sourire sur la moto.
Mais pense que les secteurs 2 et 3 sont les secteurs où l’on passe beaucoup de temps sur l’angle maximal, avec beaucoup de glissement. Ce glissement n’aide pas à avoir des performances très élevées. C’est donc peut-être une raison, mais je suis certain qu’on peut trouver des solutions. C’est pourquoi avec l’expérience, on peut rester calme, et laisser l’équipe bien jouer avec les réglages. Puis, dès qu’on aura trouvé les bonnes choses, je pense pouvoir prendre du plaisir et être rapide. Parfois, il n’y a que trois dixièmes au tour à trouver : ça n’est pas beaucoup mais on ne peut pas le faire entièrement vous-même.
Je suis content de mon dernier run avec le pneu neuf pour pouvoir progresser et avoir de meilleures sensations sur la moto, et ça m’a aidé à fournir de bons commentaires. Cet après-midi, je n’ai pas fait de très longs runs car on aura le temps de faire ça demain et je voulais tester des choses pour changer le feeling et être en mesure de faire une performance sur cette moto. Le meilleur exemple est Marc Márquez ce weekend : on s’attendait à ce qu’il soit fort, et il l’est, mais il est vraiment le spécialiste du Sachsenring. Je dirais qu’avec l’expérience je comprends de mieux en mieux pourquoi il est si fort, et je dois donc travailler sur moi-même pour trouver ces solutions.
C’est un beau challenge et j’aime ça car je peux travailler de cette façon avec l’équipe puisqu’ils travaillent bien. J’ai pleinement confiance dans ce qu’ils font sur la moto. C’est toujours du bon travail, même si ce serait mieux encore si je pouvais mener la séance, mais on est au plus haut niveau, et c’est pourquoi nous devons peiner un peu. Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment confiance dans le fait qu’on pourra trouver de bonnes choses. »

Comment se comporte la Ducati quand il faut garder la trajectoire dans cette suite de virages à gauche, mais aussi quand il faut changer de direction ?

« Ici, sur ce circuit, le changement de direction n’est pas un problème car il n’y en a pas beaucoup. Si la moto à certaines difficultés à changer de direction et que cela vous fatigue, c’est au Mugello. Ici, je ne pense pas que cela soit un problème. Concernant les très longs virages à gauche, vous devez y avoir une grande confiance et tout ressentir sur la moto pour être capable de contrôler et essayer des choses. Vous n’avez qu’une seule trajectoire, mais simplement avec cette trajectoire vous pouvez essayer beaucoup de choses sur votre style, que ce soit en entrée de virage ou en sortie. Parfois, il y a de bonnes choses, et parfois non, et peut-être que les autres sont un peu plus réguliers dans ce domaine. »

C’est la huitième course du championnat : Pensez-vous que vous êtes le pilote le plus complet de Ducati ? Peut-être pas toujours le plus rapide mais le plus complet au long du championnat ?

« C’est trop tôt pour le dire. Grâce aux performances de Jack et de Pecco, nous sommes tous très proches les uns des autres. Non, je ne peux pas dire que je suis le plus complet. J’essaie simplement de faire au mieux à chaque fois, et ce n’est pas toujours facile, mais non, il est trop tôt pour analyser ça comme ça. »

Certaines Ducati ont rencontré des problèmes avec leurs appendices aérodynamiques qui frottaient par terre. Était-ce votre cas ?

« Non, je n’ai pas eu ce problème. Nous étions inquiets de rencontrer ce problème à Barcelone, avec les très gros vibreurs intérieurs, mais ils les ont changés donc on a eu de la chance à Barcelone. Ici, je n’ai eu aucun problème. »

Le fait de rester incliné à gauche aussi longtemps n’a-t-il pas tendance à tétaniser un peu ta jambe gauche ?

« C’est là où, si ça devient fatiguant, il faut vraiment trouver des solutions sur la moto, parce que aller contre la fatigue, à un moment, c’est rentrer dans trop de compensation. Je pense que c’est l’erreur que je faisais beaucoup les années précédentes, et c’est là où je garde un peu plus d’air et la tête froide. Je le sens : Dès que ça se passe, on joue sur la moto. Oui, il y a un effort mais on est prêt à le tenir. Il faut que ce soit un effort constant mais pas un effort de compensation. Là, moi ça va. J’ai déjà eu la fatigue de la jambe, mais c’est quand je n’arrivais pas diriger la moto. Dès que je dirige mieux la moto, mes jambes ne se fatiguent plus. »

Est-ce que le premier bilan de cette demi-saison est davantage que tu joues le titre, plutôt que le fait que tu n’as pas encore inscrit de victoire en MotoGP ?

« Complètement ! De toute façon, faire trop de résumés alors que l’on n’a même pas encore atteint la mi-saison, je trouve que c’est gâcher le présent. Le présent, actuellement, c’est faire le max pour continuer de prendre des points sur Fabio et jouer mon titre mondial. Je suis mieux placé que ce que j’annonçais en début d’année, et c’est tout bénef ! Je profite donc de ça, mais si je commence à penser trop, c’est foutu. »

On dit que ce circuit n’est pas fait pour les Ducati. Penses-tu quand même pouvoir gagner ?

« À mon avis, j’en étais plus proche au niveau performance à Barcelone. Là, c’est quand même circuit très délicat et il y a beaucoup de monde dans le paquet de 10. A conditions constantes, ce sera donc difficile. Mais si il commence vraiment à y avoir des conditions délicates au niveau météo, ça peut vraiment être une opportunité à prendre. »

Quel est ton objectif du weekend ?

« Donner le meilleur, c’est exactement ça. Quand je donne le meilleur et que tout matche, si ça peut donner un podium je suis le plus heureux, mais comme les podiums se sont enchaînés, même si on ne va pas dire qu’on s’y habitue, il ne faut pas s’alarmer si j’en rate un : Il faut continuer à être intelligent tout au long de l’année. Donc ça commence par donner le max, et ensuite c’est en course où on analyse quelle place on peut faire… »

 

Classement de la FP2 du Grand Prix d’Allemagne MotoGP au Sachsenring :

Crédit classement : MotoGP.com



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