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Bezzecchi

La course sprint d’Assen a révélé une animosité croissante entre Marco Bezzecchi et Jorge Martin. Michael Laverty, consultant, a analysé le geste du leader du championnat. « Bezzecchi a effectué un virage serré, délibéré, pour montrer à Martin les limites. » Sylvain Guintoli, d’accord. « Il y a une certaine tension qui s’est accumulée. » La guerre des coéquipiers, déclarée.

Bezzecchi et Martin ne se font plus de cadeaux. Massimo Rivola a répété la même idée. « Je préfère deux pur-sang à deux ânes. » Le patron d’Aprilia Racing savait parfaitement ce qu’il construisait. Aujourd’hui, le Sprint d’Assen montre que cette philosophie commence à produire son revers.

Car Marco Bezzecchi et Jorge Martin ne sont plus seulement deux coéquipiers. Ils sont désormais deux candidats au titre. Et cela change tout. À première vue, il ne s’agissait que d’un dépassement musclé. Au septième tour du Sprint, Bezzecchi plonge à l’intérieur de Jorge Martin au virage 10 et l’emmène jusqu’au vibreur extérieur. Rien d’irrégulier. Mais rien d’innocent non plus.

Pour Michael Laverty, consultant de TNT Sports, le message était parfaitement assumé. « Bezzecchi a volontairement fermé la porte jusqu’au vibreur pour montrer à Martin où s’arrêtait la piste. » Autrement dit : je suis chez moi, à toi de t’adapter.

Laverty estime surtout que cette manœuvre traduit une évolution plus profonde. « Une certaine tension s’est accumulée entre eux ces dernières semaines. »

Sylvain Guintoli : « Bezzecchi savait exactement ce qu’il faisait. Martin n’avait qu’une seule option : monter sur le vibreur »

Sylvain Guintoli partage exactement la même lecture. Selon lui, Bezzecchi savait parfaitement où se trouvait Martin. « Il savait exactement ce qu’il faisait. Martin n’avait qu’une seule option : monter sur le vibreur. » Ce n’est plus simplement une bataille de trajectoires. C’est une bataille de territoire.

Cette situation ne doit pourtant surprendre personne. Massimo Rivola n’a jamais voulu bâtir une équipe autour d’un leader incontestable. Au contraire. Il a toujours expliqué qu’une grande équipe devait accepter de gérer plusieurs pilotes capables de gagner.

Il savait donc qu’un jour ou l’autre, cette rivalité finirait par apparaître. Nous y sommes. Le contexte renforce encore cette tension. Après deux Grands Prix compliqués pour Aprilia — l’accrochage provoqué par Martin en Hongrie puis la disqualification de Bezzecchi à Brno — Ducati est revenue dans la course au championnat. Le moindre point compte désormais. Dans ces conditions, personne n’a envie de céder un centimètre. Pas même à son coéquipier.

Aprilia possède aujourd’hui probablement la meilleure moto de la grille sur plusieurs circuits. Ses quatre machines monopolisent régulièrement les avant-postes. Mais cette réussite crée un nouveau défi. Jusqu’ici, l’ennemi était Ducati. À présent, le premier adversaire de Marco Bezzecchi s’appelle parfois Jorge Martin. Et inversement.

C’est précisément ce qui distingue une équipe capable de gagner des courses d’une équipe capable de gérer un championnat. Chez Aprilia, la vitesse est désormais là. Reste à savoir si la cohabitation résistera lorsque les points commenceront à peser encore plus lourd que les ego.

 

 

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